Tapis Rouge

OUVERTURE REMA 6 : Après les éloges, place aux actions

La salle CANAL OLYMPIA YENNENGA OUAGA 2000 a été le théâtre ce matin, 19 octobre d’une cérémonie musicale o’combien solennelle. Les Rencontres Musicales Africaines (REMA) ouvraient les portes de sa 6è édition en présence du Patron de l’évènement, Rimtalba Jean-Emmanuel OUEDRAO, Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme.

 

Le rôle des artistes dans le processus de pacification d’une Nation résiliente comme le Burkina Faso est plus de mise dans le contexte actuel. En organisant les REMA à Ouagadougou du 19 au 21 octobre, le promoteur Alif Naaba et l’ensemble des professionnels africains et de la diaspora issus de la filière musique, voudrait surtout passer un message de « PAIX ». D’où ce projet « Nos voix pour la paix » porté par la COUR du NAABA qui a vu le jour le 10 octobre dernier, sous la houlette d’Alif Naaba grâce au Programme des Nations Unies (PNUD). En effet, plusieurs artistes burkinabè se sont alliés pour une croisade pour la paix.

Avalanche de discours

Il était donc naturel que les REMA acte 6 aborde en profondeur cette problématique sur la paix avec bien sûr en toile de fond le thème principal « Diversité artistique et découvrabilité au cœur de la création musicale ». Raison pour laquelle les REMA 6 selon son promoteur Alif Naaba « Cette diversité ne doit jamais laisser aucune musique sur bord de la route car les artistes vivent et collaborent grâce à cette diversité ».

A la suite bien sûr du mot de ce dernier, nombreux sont ces imminentes personnalités du monde diplomatique, culturel, industriel et politique qui ont défilé sur ce somptueux podium piloté par les deux MC les plus en verve du moment, Alpha Ouédraogo et la sublime polyglotte Eldaa Ragnimwendé Koama. S.E Mme Ellen Osthoff Ferreira De Barros, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Fédérale du Brésil auprès du Burkina Faso affirme être très heureuse d’y participer cette année et que le Brésil s’intéresserait beaucoup plus aux jeunes talents, d’où l’institutionnalisation du « PRIX DU BRESIL JEUNE TALENT DE LA MUSIQUE AFRICAINE ».

S.E Mme Sandra CLARK, Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique

 

L’Ambassade remettra 1000 dollars US au lauréat cette année. Quant à S.E Mme Sandra CLARK, Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, elle a parfaitement souligné et surtout corroboré le projet des REMA au rôle qu’a joué la musique dans son pays pour le retour et la consolidation de la paix. Son intervention dans un français limpide a séduit la présentatrice Eldaa qui par contre, francophile qu’elle est, officiait cette cérémonie en Anglais. Le Burkina étant un pays francophone, elle présente la cérémonie en anglais. Et les USA qui foncièrement sont anglophones, son Ambassadeur fait son discours en français. Une forme plus tangible de partage et de cohésion sociale, a-t-elle mentionné. Justin Rouamba PDG de SOBEG, parrain (au lieu de PARRIAN comme affiché dans la salle), a d’entrée de jeu, rendu un vibrant hommage aux FDS/VDP qui tombent tous les jours au combat pour rétablir cette paix que nous recherchons tous. Tout en saluant la tenue des REMA, il a affirmé n’avoir pas tergiversé quand le comité d’organisation lui avait proposé d’être parrain, d’autant plus que, selon lui, la paix doit être au centre de nos préoccupations et les artistes sont les véritables ambassadeurs de cet état d’esprit.

S.E Mme Ellen Osthoff Ferreira De Barros, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Fédérale du Brésil auprès du Burkina Faso

 

Le Directeur de l’Institut Français ovationné

Tout au long du discours de Pierre Muller, Directeur de l’Institut Français de Ouagadougou, le visage des artistes étaient nostalgique et mélancolique. Car leur principal partenaire est devenu distant bien que le Directeur ait rassuré les acteurs culturels que la France et l’Institut Français seront toujours à la disposition des artistes et contribueront toujours à soutenir la création artistique et musicale burkinabè. Il a succinctement énuméré ce que cette coopération apporte aux REMA et vice-versa et à l’ensemble des artistes. Selon lui, cette coopération a toujours été aux rendez-vous du donnant et du recevoir. Se sentant très orphelins après ce discours plus ou moins mélancolique, l’ensemble des artistes ont réagit par un tonnerre d’applaudissement.

Pierre Muller, Directeur de l’Institut Français de Ouagadougou

 

« Musique, pilier essentiel dans la mise en œuvre des politique culturelles » Dixit Rimatalba J.E OUEDRAOGO

Quoi de plus naturel que de choisir comme Patron de ces REMA, le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le très occupé du gouvernement, Rimtalba Jean-Emmanuel OUEDRAOGO. Malgré ses multiples portefeuilles, il a tenu à être présent himself dans la salle et à énoncer lui-même le discours d’ouverture. « Le gouvernement salue l’approche innovante des Rencontres Musicales Africaines. Cette démarche contribue à professionnaliser le secteur et à faire de la musique, un véritable levier de développement »

le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le très occupé du gouvernement, Rimtalba Jean-Emmanuel OUEDRAOGO

 

Tout porte donc à croire que les REMA vise l’amélioration des systèmes de gouvernance du secteur de la musique au Burkina Faso. Par conséquent, il faudrait renforcer les capacités humaines et institutionnelles, les infrastructures culturelles et les cadres réglementaire et politique. C’est ce quoi les partenaires, les institutions doivent s’y atteler. Les créateurs jouent amplement leur participation tant dans le contenu de leurs œuvres que dans le processus de pacification du territoire national.

Trèves donc de discours, la diversité artistique pourrait être également une plateforme de partage d’expériences entre créateurs, pour combler mutuellement les insuffisances des uns par rapport aux avantages des autres.

Blick BASSY a salué la résilience du peuple burkinabè

 

Standing ovation pour Blick BASSY

Les professionnels de la musique et partenaires de cette filière sont restés abasourdis et stupéfaits à la suite de la prestation de cet artiste camerounais invité des REMA. Les prestations de Blick BASSY ne se racontent pas, mais elles se vivent. Véritable perfectionniste, surfant dans une musique colorée impressionnante, l’auteur de « Madiba » son dernier album des cinq en lice, est apparu sur la scène avec trois micros à pieds, une tablette, une guitare et des pédales électroniques. La tablette contenait des partitions de musique et les harmonies. Muni de trois micros équidistants les uns des autres, le lauréat du grand Prix de la Sacem a étalé tout son talent en matière de timbre vocal. Avec des micros harmonisés, il se muait à la fois aussi bien en chœur, qu’en lead avec surtout des envolées orales hallucinants. Des basses chantantes aux profondes en passant par les barytons afin de privilégier les notes aigues. Chaque micro jouait un rôle bien précis. Tout en saluant l’initiative d’Alif Naba, à travers les REMA, Blick BASSY a estimé l’Etat burkinabè est un exemple de résilience en acceptant d’opter pour le « self gouvernment ». Ce qui lui a valu une ovation particulière.

Alif NAABA, Promoteur des REMA

 

Pour le plaisir de ceux qui connaissent son immense répertoire musical, le natif du Nyong et Kéllé au centre du Cameroun, leur a gratifié d’un tube de son album « 1958 » en hommage aux héros de l’indépendance camerounaise. En particulier Ruben Um Nyobè, surnommé « Mpodol » (qui veut dire en lague bassa, celui qui porte la parole des siens). C’est le premier dirigeant politique à avoir revendiqué l’indépendance de son pays, et qui a été malheureusement exécuté de façon ignoble par les militaires français le 13 Septembre 1958.

Les MC Eldaa Koama et…

 

…Alpha OUEDRAOGO ont brillamment assuré le cérémonial

 

Sa magnifique prestation lui a valu un standing ovation digne de rang et de son statut. C’est dans cette éphorie que Alpha OUEDRAOGO et Eldaa Koama ont salué cordialement le public qui avait fait massivement le déplacement en égrenant le programme des REMA.

 

Hervé David HONLA

 

 

 

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