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ALI ZARE (Agriculteur) : « L’Afrique ne devrait pas souffrir de famine »

Cet agriculteur professionnel fait partie des experts en matière culture bio en Allemagne. Burkinabè installé à Bielefeld depuis plus de 30 ans, il se réjouit à l’idée de savoir qu’il sera bientôt en conclave avec ses homologues burkinabè grâce à la première édition de OWL AFROFESTIVAL.

 

C’est un secret de polichinelle, la première édition de OWL AFROFESTIVAL se tiendra du 2 août au 3 septembre à Bielefeld sous le thème « Agriculture écologique et commerce équitable ». Une délégation d’une trentaine de professionnels burkinabè feront le déplacement dans le cadre des échanges et partages d’expériences.

Ali ZARE, originaire de l’arrondissement de l’Est dans la ville de Warégou entre Beguedo et Komtenga entend jouer sa partition dans cette rencontre panafricaine où l’agriculture Bio sera au centre des intérêts. L’agriculture bio pour lui veut dire d’emblée, aimer et protéger la nature et non la dégrader.

Il officie depuis 28 ans comme administrateur d’une ferme à Bielefeld en Allemagne qui a ouvert ses portes en 1989. Il dirige depuis 1995. A cette époque ; cinq personnes formaient le personnel de cette ferme, notamment, un ingénieur agricole, les quatre travailleurs sur une superficie de 10 hectares. Aujourd’hui la ferme s’étend sur plus 60 hectares.

Principalement axée sur la culture maraichère, ce vaste domaine privé produit entre autres ; le blé, la pomme de terre, les haricots rouges, les courgettes et toutes sortes de salades y compris la maraichère. Il y a selon lui une grande différence entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture Bio. « L’agriculture conventionnelle utilise les pesticides ou les insecticides pour arroser les champs contre les insectes, les maladies et autres. Pourtant, nous qui faisons de l’agriculture Bio, nous n’utilisons pas les pesticides, nous ne tuons pas arbres. Nous cultivons avec les mains ensuite avec le gaz quand les mauvaises herbes commencent à pousser. L’agriculture Bio certes, demande beaucoup de travail, mais elle est thérapeutique, hygiénique et saine. D’autant plus que la terre ici est très riche et fragile » affirme Ali Zaré.

L’agriculture biologique, de par ses pratiques culturales, permet de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique d’une part en limitant les rejets polluants et d’autre part en stockant davantage de CO2 dans le sol. C’est pour cette raison que la demande se fait de plus en plus grandissante. La ferme commercialise ses produits sur plusieurs formes. Certains font des commandes directement dans le champ et d’autres magasins bio en Europe préfèrent que se faire livrer. Pour davantage participer à la promotion de cette forme de production agricole, il participe régulièrement aux marchés régionaux.

Pour ceux qui tentent de lancer dans la production agricole Bio, certains évoquent la question du coût. Mais Ali rétorque ; « Tout est possible grâce à la volonté. Pour commencer dans l’agriculture bio, il ne sert à rien d’avoir des gros financements. On peut commencer avec un petit budget et aller progressivement ».

Très remontée contre le laxisme des pouvoirs publics dans certains pays africains, Ali estime que ces pays ne devraient pas plaindre d’insuffisance alimentaire. « L’Afrique regorge des potentialités énormes en matière de sols, de climat et de main d’œuvre sur le plan agricole. On peut produire 24 mois sans interruption contrairement ici en Europe, en hiver, on arrête tout. L’Afrique peut produire à tout moment. C’est dommage souvent que j’apprends qu’en Afrique, il y a des tomates qui manquent. Je trouve ça triste pourtant, la tomate a besoin du soleil. Ici en hiver il n’y a pas de tomates. L’Afrique possède tous les atouts et les cartes, mais nous ne sommes pas encore engagés. C’est dommage que la jeunesse aujourd’hui se désengage sur l’agriculture » Conclut-il.

Hervé David HONLA

 

 

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