Edito

Cannes 2023 : 6 films africains dans les sélections officielles

Le 76e Festival de Cannes se déroule dans de meilleures conditions avec la présence d’une pluie fine régulière les quatre derniers jours. Excepté ce jour 22 mai, le soleil a repris le dessus dans une croisette toujours bondée de monde. L’Afrique est bel et bien représentée par les films et rencontres malgré une affluence restreinte cette année.

 

L’on peut affirmer sans la moindre hésitation que la relève du cinéma africain est définitivement enclenchée à travers ce 76e Festival de CANNES. En prenant simplement, la gente féminine de l’industrie cinématographique africaine ; les réalisatrices sont en pole position dans la compétition officielle. Les années antérieures, elles ont souvent été absentes. Mais cette année, deux réalisatrices africaines sont présentes et de la plus belle des manières. Ces deux femmes feront leur apparition pour la première fois au Tapis de Rouge de CANNES. Il s’agit de la Tunisienne Kaouther Ben Hania avec son film « Les Filles d’OLFA ». Un film qui raconte les efforts d’une mère qui cherche à retrouver ses filles qui sont sous l’emprise du djihad en Syrie. Ensuite la brillante sénégalaise Rama-Toulaye SY présente son premier long métrage d’amour intitulé « Banel et Adama ». C’est d’ailleurs le seul premier film dans la liste des 21 films en compétition pour la Palme d’Or.

 

Quatre ans après la Palme d’Or remportée par la sénégalaise Mati Diop pour son premier long métrage « Atlantique », on peut dire que le cinéma africain à Cannes est certes présent, mais depuis 75 ans, il n’a que reçu deux Palmes d’Or. Celle de Mati Diop avec « Atlantique » en 2019 et de l’algérien Mohammed Lakhdar-Hamina avec « Chronique des années de braise » en 1975.

 

Dans la catégorie « Un certain Regard » (UCR) qui est une section dérivée de la Sélection officielle du Festival de Cannes, elle met surtout en perspective, un cinéma original et audacieux, en récompensant les cinéastes inconnus. Pour cette catégorie, quatre films sont retenus. Il s’agit de :

  •  LES MEUTES de Kamal LAZRAQ (Maroc)
  • LA MERE DE TOUS LES MENSONGES d’Asmae EL MOUDIR (Maroc)
  • AUGURE de Balodji TSHIANI (RDC)
  • GOODBYE JULIA de Mohamed KORDOFANI (Soudan).

N’oublions pas aussi que les films africains sont également présents dans les sélections parallèles, notamment « La Quinzaine des réalisateurs » qui est une catégorie créée par la Société des Réalisateurs français qui permet de découvrir les nouveaux talents des réalisateurs. Tout comme dans la « Semaine de la Critique » et « l’ACID » avec les films du Cameroun « Mambar Pierrette », de la Tunisie « Machtat », de la Guinée Bissau « Nome » et de l’Egypte avec « Paradis ».

 

Au niveau du traditionnel Pavillon Afrique, c’est la Guinéenne Aïssatou Diallo Sagna qui a été désigné Marraine cette année. C’est une actrice et aide-soignante vivant en France qui a obtenue en 2022, le César de la Meilleure dans un second rôle du film « La Fracture ».

Des projections spéciales et les conférences sont organisées chaque jour dans les différents pavillons installés tout au long de la Croisette. Notamment, le film « SIRA » Etalon d’argent au dernier FESPACO, de la réalisatrice burkinabè Apolline TRAORE, (Absente elle-même), est présenté au Marché du Film à Cannes. Des panels notamment celui sur « Les défis et opportunités liés à la formation cinématographique en Afrique » animés par Ousmane Boundaoné et Boukary Sawadogo (Burkina Faso), Aida Diop et Binetou Faye (Sénégal) sont organisés pour marquer la présence du cinéma africain mais aussi et surtout pour orienter les porteurs de projets, à trouver des opportunités.

Le Malin Souleymane CISSE, Carrosse d’Or 2023

 

Au-delà des rencontres et projections, le Festival de Cannes à travers son Directeur Général Thierry Frémaux et sa Présidente Iris Knobloch, rend hommage aux réalisateurs et cinéastes qui ont marqué l’histoire du cinéma. Les américains Michael Douglas et Harisson Ford ont reçu respectivement une Palmes D’Or d’Honneur et le réalisateur de légende malienne, Souleymane Cissé a été honoré à la « Quinzaine des réalisateurs » en recevant le Carrosse d’Or. Le prestigieux trophée d’honneur des réalisateurs qui ont marqué l’épopée du cinéma.

Ainsi se porte le cinéma africain à ce 76e Festival de Cannes.

 Hervé David HONLA

 

 

 

 

Quitter la version mobile