Edito

Doundosy s’interroge sur l’avenir des victimes collatérales de l’extrémisme violent

Alors que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) appuyées par les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) sont 24h/24 au front pour mettre hors d’état de nuire les ennemis de la République qui veulent instaurer une forme d’extrémisme violent, chaque maillon de la société essaye de jouer aussi sa partition pour le retour à la stabilité politique et économique du Burkina Faso.

 

L’un des maillons non négligeables qu’est la filière musique s’est engagé à sa manière à défendre la Patrie en portant leurs messages des studios vers la place publique. Certes, plus 60% du territoire national est envahie par les forces du mal, ce qui empêche les artistes toute obédience confondue d’exercer convenablement leur métier. Concerts, spectacles (Humour, théâtre, danse…), Cinémas, arts plastiques, festivals etc. ont circonscrit leur thématique sur la situation nationale. Le moindre évènement culturel repose désormais sur le retour à la paix au Burkina Faso.

L’artiste musicien Doundosy s’est plutôt appesanti sur un autre sujet certes anodin mais fondamentalement effarouchant. L’épineuse question de l’agriculture, l’élevage l’ensemencement, les récoltes, l’exode rurale des populations et la recrudescence de la charité dans les grandes métropoles que sont Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou.

Salif YODA, Doundosy est un fils de griot. Il a développé dans une version moderne et harmonieuse la musique DJECKA. Il fera son entrée dans la grande famille artistique en 2001 avec son album « Mélodie Djecka ». Un rythme issu du terroir Bissa jouer traditionnellement avec du tam-tam, Kundé et maracas (Sissaka). Le 1er septembre 2021, il sortira un single « Wobr » qui est une pure version de musique moderne d’inspiration traditionnelle. Au-delà de la musique, Doundosy est acteur très engagé sur les questions humanitaires et sanitaires. Son regard et son approche sociologique sur la situation de son pays se résument en une prise de conscience participative de tout un chacun. « La situation est si préoccupante à telle enseigne que, certains ne s’en rendent pas compte. Projetons-nous dans dix ans voire quinze ans plus tard. Que deviendra notre pays et surtout ces nombreux enfants orphelins ? » s’interroge-t-il.

La période de semence et de récolte dans nos contrées n’hésite plus à cause des populations qui fuient leur territoire de peur d’être prise pour des cobayes ou des « moutons de sacrifices » par les anarchistes. Nombreuses sont ces familles qui vivaient de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage. Leur matières premières et produits de première nécessité qu’ils entassaient dans leurs greniers, sustentaient nos grandes industries.

Dans les grandes métropoles, les conséquences de cette « violence atroce » des populations se font ressentir un peu partout dans chaque secteur. Vous l’avez-vous aussi ressenti : le prix de nos achats alimentaires ne cesse d’augmenter, sans parler de celui du pétrole, la communication, le transport etc.

Si nous subissons les effets du conflit, une autre tranche de la population encore plus fragilisée, fait face à des conséquences encore plus dramatiques. C’est le cas des enfants des femmes des déplacés internes. A 23h même au-delà, il est devenu plutôt naturel de voir des enfants de 3 à 4 ans postés devant un feu tricolore qui vous approche devant la vitre de votre véhicule, tout somnolant, fatigué, bâillant de sommeil pour vous demander une pièce de monnaie. Dans tous les grands carrefours à fort trafic le nombre de mendiant est passé de 5 à 45 avec environ 30 enfants âgés de moins de 10 ans. A l’issue de chaque cérémonie de mariage les jeudis et samedis, certaines familles acceptent empaqueter des kits récupérés au lunch, pour offrir à ses enfants postés au carrefour. Tous les soirs, ils font le tour de la ville sous la forme d’un cortège, quittant d’un quartier à un autre soit à la recherche de leur pitance quotidienne soit un abri pour passer la nuit.

Alors que le taux de pluviométrie diminuait déjà en permanence à travers certaines zones du pays, le conflit en est venu aggraver la situation. Des familles entières ont quitté leurs terres et abandonné l’agriculture.
Presque 8 millions de personnes sont en état d’insécurité alimentaire sévère.  Plus jamais, la population et en particulier les enfants y ont besoin de notre soutien.

 Les familles des déplacés sont en effet extrêmement inquiètes. Depuis plusieurs mois, certains aliments de première nécessité manquent. Malgré les efforts manifeste du gouvernement, la demande devient de plus en plus forte et disparate. Celles qui ont décidé de rester dans ces contrées à forts conflits risquent être coupées des grandes institutions. C’est d’ailleurs l’une des préoccupations majeures de ce régime qui bénéficie du soutien sans faille des populations.

Paradoxalement, certains trouvent du plaisir et des gains substantiels à ce que ce marasme sécuritaire ne finisse point. Car ils y trouvent du profit. L’artiste Doundosy lance un appel aux « bras valides » afin qu’ils soutiennent les personnes victimes de ses conflits en faisant des dons massifs et communautaires. En tant qu’artiste/créateur, il affirme pour conclure que : « Les populations civiles ne sont pas les seules à être menacées par les forces obscurantistes du mal. Les biens culturels également. Quoique protégé par une législation spécifique, le patrimoine peut même être intentionnellement pris pour cible ».

Hervé David HONLA

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