Star Kids : Bilan de la saison 4
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Star Kids : Bilan de la saison 4

La finale de Star Kids a eu lieu le 29 décembre 2021. Après l’apothéose de cette 4ième édition, Oxygène Mag s’est entretenu avec la promotrice Jordana Brouta Froppa sous son association Ma’Nathan. Une association créée officiellement depuis le 14 avril 2019 sous le récépissé n°8013 par le Ministère d’État en Charge de l’administration territoriale du Burkina Faso et membre du SPONG (Secrétariat permanent des ONG). Elle est située dans le quartier Dassasgho de la ville de Ouagadougou.

Jordana BROUTA FOPPA fondatrice de l’association Ma’Nathan.

Présentez nous votre association Ma’Nathan

Ma’Nathan est une association culturelle et d’éducation non formelle. Education non formelle c’est-à-dire, l’ensemble des compétences qui sont utiles à la vie et des compétences qu’on n’enseigne pas forcement à l’école. Quelques modules de formations pour illustrer cela, on a le développement personnel, le changement de la mentalité, l’éducation financière, l’enseignement des arts, la musique, les spectacles vivants, plusieurs autres disciplines. L’objectif de l’association est de contribuer au renforcement des capacités des enfants et des jeunes, mais aussi contribuer fortement à leur épanouissement général.

Peut-on dire que la saison 4 est close ? Et quel bilan pouvez-vous faire ?

La saison 4 est, Dieu merci, terminée et le bilan est pour nous, je ne dirais pas positif, mais satisfaisant. Satisfaisant dans la mesure où on se dit, on peut toujours faire mieux, aller au-delà de ce qui a été fait. C’est d’ailleurs ce à quoi nous travaillons. Si on dit que c’est positif, ça veut dire qu’il y a une certaine satisfaction. Nous on va dire que c’est plutôt acceptable. Tout ce qui avait été prévu, c’est fait, même au-delà. Mais on peut encore faire plus.

Quelle est votre appréciation de cette promotion ?

Parlant de toute la formation en elle-même, commençant par les 20 candidats qui ont intégré l’académie cette année, c’était une promotion assez diversifiée. En effet, les candidats venaient de plusieurs régions, même des pays de la sous-région comme le Togo, le Benin et le Ghana. Ils n’étaient pas forcement des chanteurs, ni des enfants qui rêvent de devenir des chanteurs. Mais le fait qu’ils aient bénéficiés des différents modules de formation qu’offre l’association, on s’est retrouvé à la fin avec des candidats surprenants, très surprenant même. On a vu des candidats changer carrément, que ce soit au niveau comportemental, intellectuel, confiance en soi. D’ailleurs on a pu observer les 4 finalistes qui sont représentatifs de cette promotion. On a eu des profils différents et variés. Sarah Muriel par exemple, était une très grande timide, complexée, qui à la fin se libérait, avait plus confiance en elle, prenait plaisir à être elle-même et à faire ce qu’elle faisait. Luc qui est d’ailleurs le vainqueur, n’était pas assez calme, mais hyper actif. D’autres manquaient de confiance en eux, mais lui, il avait hyper confiance en lui. Avoir trop confiance c’est un problème, ne pas avoir assez confiance c’est un problème aussi. Donc pour lui, il a fallu faire le travail inverse, lui enseigner notamment l’humilité, la sagesse, l’écoute, parce que chaque enfant a son profil et on est là pour ça. Des profils tels que Sarah Mari, aussi très timide mais, très extraverti sur la scène grâce à la formation. Quant à Ornella, elle est très jeune avec 11 ans. Hyper active, très intelligente mais, il a fallu développer en elle un sens de l’écoute et de confiance en soi, car elle manquait de confiance en elle. On a d’ailleurs pu voir qu’à la final elle a n’a pas tenu face à la défaite. Le processus de formation se poursuit, surtout pour elle, car elle est très jeune et il lui faut un certain accompagnement, afin qu’elle puisse digérer sa défaite et comprendre que la défaite fait partie de la vie et que la vie continue malgré ça. On n’échoue pas, on apprend.

Les enfants ont-ils reçu leurs prix ou il y aura une cérémonie de remise ?

Il n’y aura pas de cérémonie officielle, car ce sont des enfants. Par le passée, on convoquait les parents et on donnait un chèque pour que cela serve exclusivement au bien être de l’enfant. Généralement, on convient avec les parents pour que ça soit dans le domaine scolaire. Parfois, les enfants ont des projets immédiats et on s’assure que les parents les réalisent. Désormais, étant donné qu’avec Coris Bank, on est en partenariat. Et j’insiste sur ce point, les enfants ont des comptes d’épargne complètement gratuits où, Coris Bank depose la somme de 25 000 FCFA pour chacun. C’est donc sur ces comptes que nous faisons le virement bancaire et les parents savent que c’est de l’argent exclusivement destiné à l’enfant. Les comptes existent depuis trois mois et les virements ont été faits.

Est-ce qu’on peut dire que Star Kids est une école pour ces enfants, car après chaque saison le suivi continue?

Star kids est une académie de formation artistique et d’éducation non formelle. Après chaque saison elle reste ouverte pour les candidats que ce soit pour le changement de mentalité, la formation artistique et culturelle. L’académie reste ouverte pour eux jusqu’à leur majorité.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face pendant l’organisation ?

Beaucoup de difficultés. Déjà la première et la plus grosse difficulté, c’est le contexte actuel, on va parler de celui sanitaire, la covid. On a également le volet qui est sérieux qu’on rencontre depuis le début, qui est le manque de compétences locales. On a beaucoup de compétences, quand je dis compétences je parle de personnes qualifiées, mais on ne retrouve pas les personnes qualifiées dans tous les domaines qu’on pourrait avoir besoin. Je spécifie, il y a des domaines où on a d’excellentes compétences, mais il y a des domaines où on manque de compétences. Un projet comme star kids est nouveau pour le paysage burkinabè, voire même africain. Ce qui fait que les gens ont tendance à faire venir des compétences d’ailleurs, alors qu’on travaille 100% localement. Donc il n’est pas évident pour nous de trouver tous les profils et toutes les compétences qu’il faut. On fait avec les moyens de bord. Aussi, on a le financement, qui reste un énorme problème parce que les gens ont eu l’habitude des évènements qui durés une journée, deux jours tout au plus une semaine. Pourtant avec Star Kids, on part sur 7 à 8 mois. Ce qui fait que c’est un programme novateur et demande plus de moyens. Pour un programme de qualité il faut aussi de gros moyens. On a des professeurs qualifiés, les enfants sont logés, nourris pendant trois mois.
Un projet comme celui-ci devrait normalement intéresser les annonceurs, les sponsors les mécènes. Ça intéresse, mais on en a toujours besoin. On remercie déjà tous les partenaires qui nous accompagnent, que sont le Ministère de la Communication, des Relations avec le Parlement, de la Culture des Arts et du Tourisme, l’Institut Français, Children Believe, International Youth Fellowship, Intuition, Orange Burkina, Coris Bank, Canal +, BF1,  Ne Fala Plus, IDEALE, APEX, COBIFA, LEO, Choco Amigo, Oxygène Mag.

Mais, il faudrait que les partenaires qui hésitent encore, puissent nous rejoindre. Plus on aura du financement mieux on pourra faire. Et ce qu’on propose pour 2022 pourra intéresser pas mal de partenaires.

Selon vous qu’est ce qui est le plus important pour les enfants ?

Pour les enfants, ce qui est important c’est de les enseigner des valeurs et à star kids à travers les formations, ils apprennent des valeurs qui vont leur permettre de devenir les leaders de demain. Que ce soit dans la musique, c’est eux qui seront la relève de la musique burkinabè. Excepté cela, ils pourront être des leaders dans n’importe quel domaine, parce qu’ils auront appris cela à l’académie Star Kids. L’innovation première, on ne forme pas que des chanteurs, on forme des enfants qui peuvent devenir ce qu’ils veulent et ils seront les meilleurs de leurs domaines.

Quelle est la suite pour Star Kids 2022 et quels sont vos vœux pour cette année ?

Nous sommes en pleine rédaction du plan d’action. Après cela, on organisera comme d’habitude une conférence de presse, probablement en mi-février, là on dévoilera tout ce qui est prévu pour 2022. Mais ça sera génial. Enfin je souhaite une heureuse année à tous les burkinabè et à tous les enfants surtout.

Star Kids est un projet citoyen, qui a pour cible les enfants de 6 à 17 ans du Burkina et de l’Afrique. Pendant chaque saison, la vingtaine de candidats retenus, prend part à deux mois de formation sur différents modules. Il faut ajouter à cela les activités touristiques et les passages sur la scène pour des prestations artistiques.

Yenntéma Priscille

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