Le Coup d'OXYGENE

La Culture, comme rempart contre le terrorisme 

Le vendredi 30 septembre 2022, Ouagadougou se réveillait sous des crépitements de balles, entraînant ainsi un arrêt de plusieurs activités culturelles en cours. 

 

Les REMA de Alif Naaba sont reportés à une date ultérieure

Un couvre-feu a été instauré et la destitution du gouvernement sont des éléments qui ne sont pas favorables à la tenue des activités culturelles. Dans cet esprit, malheureusement l’instabilité, du pays a fait que beaucoup de promoteurs culturels se sont donc sentis obligés d’annuler ou de reporter leurs événements.

Rappelons que le 24 janvier 2022, il y a eu un coup d’État et 08 mois après, le chef de cette junte a été lui-même destitué. Cette instabilité en un mot, discrédite le secteur culturel. Le concours Miss Petit Modèle (30 septembre) et le concert de Habibou Sawadogo (1er octobre), la compétition Dance Urbaine de Challenge Communication et bien d’autres en sont victimes.

Youssef OUEDRAOGO Commissaire Général des FAMA

Lorsqu’on parle de la Culture, cela rime avec stabilité, cohésion social et partages. Malheureusement, le Burkina traverse une instabilité et par conséquent, la Culture demeure un secteur qu’on relève au second plan. Beaucoup d’événements culturels avaient déjà été programmé pour se tenir dans le dernier trimestre de l’année (Octobre Novembre Décembre).

« Nous avons répertoriés plus d’une dizaine d’événements qui devrait se dérouler au mois d’octobre dont les plus importants étaient les 30 ans de la célébration de carrière d’Abibou Sawadogo, chansonnière traditionnelle très réputée dans le pays. Les premières étapes s’étant déroulées du côté de Kaya et Bobo-Dioulasso, la seconde et dernière étape était prévue pour le 1er octobre. Les REMA qui se tiennent chaque année à Ouagadougou ont été reportés, tout comme le Festival RENDEZ-VOUS CHEZ NOUS. » Dixit Youssef OUÉDRAOGO Homme de Culture promoteur des FAMA.

L’ambiance également n’est pas à la fête, la catastrophe de Gaskindé, Djibo, Tin’akoff qui aujourd’hui sont sous embargo des forces terroristes et qui ont du mal à être approvisionné. Il est parfois très difficile d’organiser la moindre activité théâtrale, musicale, cinématographique ou autre. Même si la Culture peut être considérée comme un antidote, dans un tel contexte, difficile de parler d’évènementiel.

Miss PETIT MODELE s’est finalement déroulé le 7 octobre

Les acteurs culturels l’avaient déjà compris depuis l’avènement du COVID 19 que la Culture peut faire preuve de résilience.

Aujourd’hui, malheureusement, les pertes financières sont énormes. Le secteur culturel est toujours menacé et en même temps, il faut que les mentalités changent pour qu’on comprenne que la Culture ne se limite pas dans sa dimension festive. La Culture est une courroie de transmission entre les peuples. Elle va au-delà du folklore et c’est la raison pour laquelle, au lieu de la reléguer au second plan devrait être utilisée comme une arme puissante pour la lutte contre le terrorisme. Le Ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme l’a bien compris à travers des conférences publiques sur l’apport de la culture dans la lutte contre l’insécurité dans notre pays.

 

L’insécurité ne permet pas un trafic fluide des professionnels de la Culture. Face donc à cette situation, l’État priorise la compassion et le recueillement. En rappel, après la COVID l’État avait offert une enveloppe de 1 milliard 250 millions de francs CFA pour supporter les acteurs culturels qui avaient traversé des épreuves difficiles liées à ses restrictions.

Il y a eu des mesures qui ont été prises même au niveau du BBDA (Bureau Burkinabè des Droits d’Auteur) non seulement pour accompagner les artistes dans leur création mais également supporter les préjudices qu’ils ont subi pendant donc le COVID 19.

« Le gouvernement de Lacina Zerbo sous la mandature du Président Roch Kaboré, avait donc interdit les Ministres de soutenir ou de parrainer les activités culturelles pour se concentrer sur les missions qui sont les leurs. Nous les avons fait savoir que la Culture ne pouvait pas fonctionner sans la dimension politique, sans la volonté politique, sans les mécènes et le sponsoring. Une telle mesure pouvait fragiliser le secteur culturel » renchérit Youssef Ouédraogo

En termes de plaidoirie la plupart des acteurs culturels proposent donc que les événements culturels qui étaient programmés pour se dérouler et qui ont été annulés soient purement et simplement dédommagés. Ou alors, que le Chef de l’Etat en exercice trouve une autre alternative pour aider ces acteurs à reprogrammer leurs activités.

L’engagement patriotique des artistes derrière les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour lutter efficacement contre le terrorisme, n’est plus à démontrer. C’est devenu un devoir pour tout un chacun. De nombreux festivals et spectacles sont dédiés aux PDI, aux FDS et aux Victimes du terrorisme.

N’DOUONMOU AÏDA 

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