Interview

Bibich Sérénité (Kundé 2019) : « Les gens aiment du prêt à porter »

Votre magazine est allé à la rencontre de Jean Baptiste Digbeu dit Bibich Sérénité, artiste musicien, faiseur de Zouglou, vivant au Burkina Faso depuis 2012 et d’origine ivoirienne. Il s’est prêté à nos questions le 26 juillet 2022 à Ouagadougou.

 

KUNDE 2019

Comment tu es venu au Burkina ?

Je suis arrivé en 2012, c’est le travail qui m’a amené au Burkina, avec le zouglou et le goût de l’aventure.

Pourquoi je choix du zouglou ?

Je suis né dans les années 80 -90 et à cette même période naissait le zouglou et c’est ce rythme qui a bercé notre enfance et on ne respirait que de ce style musical. Quand on a été piqué par le virus de la musique, j’ai choisi le Zouglou pour m’exprimer. C’est un genre musical qu’il fallait promouvoir parce que selon moi, c’est une musique stable


La communauté gourounsi vous a adopté ici au Burkina Faso, comment est née cette idylle ?
Merci pour cette question. C’est une histoire touchante, en 2016, je partais en voyage pour l’Indonésie, et dans l’avion, au retour, mon voisin qui était footballeur s’appelait Cyrille Bayala. Nous avons a fait connaissance et on est resté en contact. Quelques années plus tard, j’ai été invité à Réo pour une prestation. Lors de la prestation, j’ai été surpris de voir que le peuple gourounsi était touché. Ils ont acclamé, jusqu’à la fin de la prestation, et cela m’a profondément touché. Je devais retourner le même jour, mais je suis resté pour prester le lendemain, et c’est en ce moment que j’ai fait la connaissance d’un certain Émile Bationo. Il porte le même prénom que mon géniteur, donc je fais ses éloges pendant ma prestation. Plus tard, il m’a présenté à tout le monde comme étant son fils, et c’est là que tout a commencé. C’est en ce moment que j’ai été adopté par les gourounsis. Donc depuis cet instant j’ai toujours été invité au Festival Réo. Depuis lors, Cyrille Bayala et moi, sommes devenus très proches.

A ton actif, tu as combien de tubes et d’albums ?

J’ai trois tubes, et deux albums

“Le Kundé m’a permis de me faire connaître dans mon pays d’origine”

Que veut dire « Ouaga Zouglou » ?

C’est le son qui m’a révélé en featuring avec Imilo le Chanceux. J’étais dans un groupe avec mon binôme Zezeto que je salue au passage. On formait un groupe nommé les Sereins. Un jour, j’étais à la maison et j’ai reçu un appel de Imilo m’invitant au studio avec son arrangeur et on a enregistré la chanson. C’est ainsi que Ouaga Zouglou est né et cela m’a révélé au grand public. Je remercie Imilo.

Tu as été lauréat du Kundé. Qu’est-ce que ce trophée t’a apporté ?

Le Kundé m’a permis de me faire connaître dans mon pays d’origine. Quand je partais auparavant en Côte d’Ivoire pour la promotion de mes œuvres, on ne me recevait que dans les radios. Mais quand je suis arrivé avec mon trophée, on me contactait de partout. Et en Côte d’Ivoire, on attendait mon retour, le maire de ma commune de naissance (Dabou) a même organisé une fête à mon honneur. On m’a célébré de façon grandiose et cela fait partie de mes souvenirs les plus agréables.

J’ai aussi apporté au Kundé car beaucoup de Burkinabè en Côte d’Ivoire, ont aussi vu l’importance du trophée. Après donc Arafat, et Kérosène qui ont reçu également ce prix, j’ai été sollicité de partout.

Quels sont tes rapports avec les artistes Burkinabè qui font le style Zouglou ?

On a de très bons rapports, je m’entends avec tout le monde, en tout cas, je n’ai pas de soucis. Nous sommes solidaires, et nous constituons une famille.

“Je suis prêt pour aller chanter au CENASA, mais…”

Il se confirme de plus en plus que tu es en train d’organiser un concert au CENASA. Es-tu prêt ?

Si c’est pour aller chanter, je suis prêt. Je peux servir un spectacle mémorable à mes fans. Mais sur les autres plans, c’est très compliqué et c’est comme si ça se complique davantage.

Quel est l’événement qui t’a le plus marqué durant ta carrière ?

Le Kundé a vraiment marqué positivent ma carrière. Les choses ont changé, mon cachet a augmenté. Négativement, en l’espace de deux ans j’ai perdu mes deux géniteurs et ma grande sœur chez qui je vivais ici au Burkina. Cela m’a donné un coup.

“Je vois que la musique Burkinabè monte en puissance.”

Bibich Sereinité, possède-t-il un staff ?

De nos jours, les gens aiment du prêt à porter, quand tu n’es pas à un certain niveau, ils te fuient. J’ai une petite équipe, mon jeune et dynamique manager Amsa Tiendrebeogo que j’appelle affectueusement Maca Manandja, c’est avec lui que je travaille. Mais compte tenu de la situation, je ne le retiens pas à 100%.

Bibich est-il marié ? Des enfants ? Ou est-ce un cœur à prendre ?

Non pas encore marié. Mais j’ai pris une décision, comme le titre « Décision » de mon single qui m’a permis d’avoir le Kundé. Je vais avoir une épouse, car c’est en étant jeune que l’on se mari. D’ici peu ; les gens sauront ma position.

Quel regard portes-tu de la musique Burkinabè ?

Je vois que la musique Burkinabè monte en puissance. Et je dis que d’ici 5ans, elle va rivaliser avec les musiques du Nigéria, de la Côte d’Ivoire, et bien d’autres.

Que réserves-tu au public qui viendra au CENASA ?

Je leur réserve beaucoup de surprises. Qu’ils viennent, car il y aura beaucoup de surprises. On ne va pas dévoiler, mais il y’aura du spectacle et tous les genres musicaux seront représentés. Il y aura du reggae, du Warba, du Binon, de la musique du Sanguié en général. En exclusivité, c’est la province du Sanguié qui sera l’hôte de la soirée.

Pour finir je remercie OXYGENE MAG, vraiment ce que vous faite pour moi me va droit au cœur.

Micaëlle SAM

 

 

 

 

 

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