Edito

ALAIN COURIOL (Réalisateur) : les péripéties de l’exil

Bien souvent, ce sont les causes mixtes qui poussent les personnes sur le chemin de l’exil : conflits, difficultés sociales et politiques, problèmes environnementaux, recherche d’une vie meilleure ou encore simple envie de changer de contrée. Mais, il est souvent bien difficile pour ceux qui y vont de savoir quelle a été la cause principale de la décision de départ. Toujours est-il que l’exil est un nouveau départ qui n’est généralement jamais une partie de plaisir ou encore moins du tourisme cinq Etoiles.

Surtout quand, un jeune décide de quitter à contre cœur sa famille biologique pour des raisons purement personnelles, dans le but de vivre indépendamment dans une autre localité. C’est le cas de cet ivoirien Alain Couriol, qui aujourd’hui, fait partie des cinq jeunes meilleurs réalisateurs télé du Burina Faso.

 

Voici son HISTOIRE !

 

Pourtant, que le chemin fut périlleux et risqué voire audacieux ! Né d’une famille de techniciens de cinéma et de l’audiovisuel très aguerris en Côte d’Ivoire et dans un environnement familial qui ne se reproche de rien tant sur le plan social qu’économique, Alain décide tout de même de tenter une aventure au Burkina Faso. Pays qu’il ne connaissait que nom.

Venu accompagner des amis proches au Faso, il décide de rester pour « tenter sa chance ». Après quelques jours de prise de contact et d’études du terrain, il constate immédiatement que l’aventure n’est pas du tout aisée. Le climat, la langue, l’approche, le comportement et surtout la crédibilité face aux personnes qui le découvrent, est assez suspicieuse. « Il laisse son beau pays pour venir chercher travail ici chez nous ? Est-ce qu’il n’est pas en cavale ? Peut-on lui faire confiance surtout avec son jeune âge ? A-t-il réellement les compétences pour ce métier, comme il prétend le dire ? ». Voilà autant de questions qui se murmuraient autour du « gamin » de l’époque. Rappelons qu’il est arrivé au Faso, il y a six ans.

Alain Couriol Iro’o OULA

Dans de pareille situation, quand on est en exil, il faut faire profil bas. Se faire petit, naïf et parfois ignorant. Refuser d’afficher d’entrée de jeu ses compétences, de peur de frustrer, soit des collègues ou des personnes avec qui tu espères bosser. La plupart des travaux ou piges qu’il réussissait à obtenir, il le faisait soit gracieusement où à moindre coût. Uniquement dans le but que l’on découvre son dynamisme. Une sorte d’opération de charme qui ne portait pas toujours ses fruits.

…Pendant 8h de temps, il se mit à prier…

Couriol a été comme tout aventurier obligé de vivre dans des conditions les plus exécrables, pour ne pas être une charge pour certains. Parfois, le découragement s’installait, les pleurs, les regrets, l’envie de rentrer pour après avoir les railleries des proches en Côte d’Ivoire en guise d’échec. Bref, le jeune technicien a frôlé le désespoir.  Aucune porte ne s’ouvrait sur son passage, jusqu’au jour où la direction de la télévision BF1 accepta de le prendre en stage.

Au centre névralgique de la Télévision BF1, avec son DG Issoufou SARE (A droite)

Saisissant cette aubaine au rebond comme un pivot au basket, il se renferma dans sa bicoque, puis, pendant 8h de temps, il se mit à prier. Car selon lui, c’était la seule et unique chance que Dieu lui présentait. Dans son « non lotis » de quinze mille (15 000 F CFA) /mois à Karpala où il dormait, il quittait de là, à pieds 7 jours/7 aller/retour, pour se rendre à la télévision BF1 pour son stage. Sous la pluie comme sous le soleil, l’enfant d’Abidjan résistait aux forces du mal. « Aucune facilité, pas de violence, pas de tricherie encore moins pas de filouterie. Je ferai exactement ce que mon Directeur Général Issoufou Saré et toute son équipe me diront » affirme Alain. Ainsi donc, il se mettra sous les ordres de tout le personnel y compris les agents et de liaison et les techniciennes de surface. En charge de la coréalisation, puis ensuite de la réalisation et même de la production de certaines émissions, Couriol a gravit tous les échelons jusqu’à conquérir le cœur de tout le personnel. Un contrat de travail en bonne et due forme lui a ensuite été proposé à la fin du stage. Bingo ! Alain Couriol Iro’o Oula de son vrai nom, venait de parapher son premier contrat de travail au Burkina Faso. « Peu importe le salaire, je fonce ! » dira-t-il.

En plein réalisation de l’émission du GRAND CAFE dansant de la Rumba congolaise

Toujours dans une ambiance bonne enfant, le diplômé de l’Institut Supérieur de Technologies en Côte d’Ivoire a réalisé et monté une centaine d’émissions en sein de cette prestigieuse télévision dont la plus célèbre de divertissement « La Télé S’amuz » (LTS). Doté d’un comportement sociable et altruiste, il est devenu l’adoucisseur du stress. Fervent amateur de la musique congolaise notamment la Rumba, le Directeur Général y compris les invités sur le plateau étaient souvent surpris de le voir entourer d’une pléthore de machines et écrans autour de lui en train de danser pendant qu’il assure, avec bravoure une émission en direct. Il a instauré un climat de jeunes travailleurs et consciencieux au sein de cette télévision. Jamais en bisbilles avec ses collègues encore moins avec ses supérieurs, le réalisateur de Global Communication, bien au contraire, est en bons termes avec l’ensemble de l’équipe. C’est également pour cette raison que l’emblématique Homme du showbiz et de la Communication, Producteur de la célèbre émission LE GRAND CAFE, en l’occurrence Ismaela Papus Zongo, le coptera pour la réalisation de son émission pendant deux saisons.

En compagnie du caïd du showbiz burkinabè et producteur du GRAND CAFE, Commandant Papus

Aujourd’hui, Alain Couriol est très épanoui, le Burkina Faso est devenu sa seconde patrie. Il fait la fierté de toute sa famille qui se réjouit qu’elle possède dorénavant une autre personne ressource en matière de cinéma et de l’audiovisuel du côté du Burkina Faso. Il vit aujourd’hui en toute aisance à Ouagadougou : villa, véhicules, emploi et…épouse. Oui ! Car en effet, l’ex réalisateur/monteur d’AFRICA HOME TV, vient de se marier à New-York aux USA. Bientôt, il la regagnera pour vivre paisiblement leur vie de couple comme toute bonne famille normale et honnête.

Il a instauré un climat de jeunes travailleurs et consciencieux au sein de cette télévision

Aujourd’hui, le jovial et élégant ivoirien se prépare à dire au revoir à la télévision BF1, mais aussi à tous ses profonds amis ici au Faso avec qui, il a tout partagé. Ses pleurs, ses joies et surtout les émotions les plus intimes. Animé par un inhérent sens de l’hospitalité et de l’honnêteté, il a tenu à rencontrer son premier responsable, le DG de BF1 Issoufou SARE, pour lui témoigner toute sa gratitude pour lui avoir fait confiance et surtout donné sa chance ici au Burkina.  Mais, le destin voudrait que le « prince charmant » rejoigne sa dulcinée. Mais, ce qui restera indissociable, c’est le partage d’expérience. Certainement, la séparation sera très douloureuse. Ainsi va la vie.

Quitter son pays natal sur une décision personnelle despotique, pour venir trimer dans un pays hostile aux paresseux et repartir combler et heureux ; il faut le vivre pour le comprendre.

Le regard nostalgique de OULA est tourné vers d’autres challenges

Se faire des amis et s’intégrer socialement est primordiale à une bonne santé mentale et même physique. Car oui, il y a bien un lien, que l’on veuille bien se l’avouer ou non, entre notre être intérieur et notre moi physique. La plupart des souffrances et dysfonctionnements physiques que nous ne faisons que constater à l’extérieur, vienne d’un profond dysfonctionnement à l’intérieur. Sachons résister aux épreuves difficiles et aux êtres malveillants. Ça nous grandira plus tard.

Hervé David HONLA

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