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AFRO PFINGSTEN à Winterthur : Richard BONA flamboyant !

Le plus grand festival africain d’Europe a ouvert ses portes le 1er Juin 2022 à Winterthur après deux années d’interruption dues au COVID. Du 1er au 6 juin, la ville de Winterthur va vibrer aux rythmes de l’Afrique. Une édition qui s’annonce sur des chapeaux de roues avec une programmation apocalyptique. C’est le monumental Richard BONA qui a ouvert le bal.

 

Afro-Pfingsten Festival encore appelé Afro-Pentecôte Festival a pour seul objectif de familiariser la population Suisse en général et de Winterthur en particulier, aux mœurs et cultures africaines. C’est un véritable village africain qui est créé chaque année et ce, depuis 30 ans, dans cette ville touristique et culturelle Suisse. D’ailleurs certains chefs de canton n’hésitent pas à avouer que ; si Winterthur est connue dans le monde entier, c’est grâce à Afro-Pfingsten. Sans tergiverser, les autorités Suisses affirment que c’est le plus grand festival suisse à être centré sur l’Afrique. Son but est surtout de favoriser les échanges culturels entre la Suisse et le grand Continent. C’est la raison pour laquelle, à l’ouverture du festival, un talkshow ou une conférence publique est organisée au sein du festival. Cette année le thème gravitait autour de la « disjonction raciale et les difficultés d’intégration pour un africain en Suisse »

Pendant l’Afro-Pfingsten Festival, la ville de Winterthur se transforme en un lieu de rencontre interculturel. Depuis plus de 30 ans, la diversité culturelle des cultures afro à Winterthur est rendue visible. Cette diversité se manifeste par des parades, des spectacles de rue, des expositions d’arts, des dégustations de mets africains, des masters class et diverses performances artistiques.

Comme chaque année, un programme varié a été dressé à cette édition de renaissance. En plus des concerts principaux, les têtes d’affiches africains dans le monde sont invitées. Dans les années antérieures, Mory Kanté, Alpha Blondy, Manu Dibango, Youssou N’Dour…Cette année, la tête d’affiche et la plus attendue est Richard BONA !

Le programme musical est alléchant tous les jours sur les différents sites et salles de spectacle. De mercredi à samedi au Salzhaus ; Bazurto Allstars, Antoine B, Nkulee Dube (Fille de Luky Dube), Las Karamba, Sona Jobarteh, Valérie Ekoumé, La Nefera, Nongoma et surtout Richard Bona seront les hôtes de festival.

Au-delà de la foire et de la rue marchande, un véritable marché du disque, de la production et du spectacle est ouvert dans toute la ville du 2 au 4 juin. Les directeurs des festivals, de spectacles et tourneurs échangeront ensemble pour les passations de marchés et spectacles dans le continent africain, en Europe et en en Amérique.

 

 

Le marché en lui-même compte environ 300 stands cette année et il sera animé par des acteurs professionnels du marché, des ONG et des associations. Le Burkina Faso est largement représenté grâce à NAS MODE et son équipe dirigée par Safi Ouattara DIALLO. Du jeudi au samedi, des personnes de différentes cultures et régions du monde se retrouveront pour manger, boire et faire la fête ensemble. Déambuler à travers les nombreux stands colorés avec des objets artisanaux du monde entier et découvrir des perles rares est une expérience unique au Festival Afro-Pfingsten.

Nongoma est réputée pour son homogénéité artistique.

Après les cérémonies d’ouverture d’usage, deux artistes étaient particulièrement attendus. La Sud-africaine Nongoma née en Allemagne a ouvert le bal de la plus magnifique des manières. La fondatrice du groupe « Day By Day » véritable « bête de scène » a tenu en haleine les festivaliers dans un style afro-zulu-reggae-soul. Puis ensuite, elle s’est présentée aux côtés du groupe MBC dans une collaboration panafricaine. Nongoma est réputée pour son homogénéité artistique. C’est en 2015 aux côtés de sa Nandi qu’elle a commencé à crever l’audimat dans le groupe Kajama. Cette admirable artiste svelte a également collaboré des célébrités comme Thor Rixon, Johny Craddle ou encore Gaika. Réputée pour son timbre vocal langoureux et suave dénué de tout déchet, elle a cristallisé le public.

« …Quand j’ai consulté le programme de ma tournée, j’ai vue Singapour, New Deli, Copenhague, Edinbourg, Stockholm… et ensuite…Winterthur ? Je me suis interrogé sur le lieu de cette vielle. Je ne savais pas que c’est cette ville qui accueillait ce magnifique festival » s’est exprimé le meilleur instrumentiste du monde, Richard BONA 25 mn après avoir stupéfait le public dès son entrée sur scène.  Ce virtuose de la guitare basse est un véritable météore de la musique mondiale. Bona Pinder Yayumaytalolo alias Richard Bona aujourd’hui chanteur auteur-compositeur-interprète, était très attendu du public de Winterthur. Accompagné de quatre musiciens (Batteur, guitariste, trompettiste, Pianiste) plus lui-même bassiste, l’auteur de l’album mythique « The Ten Shades of Blues » a fait l’étalage de tout son talent.

Durant tout son spectacle, il est apparu décontracté et même jovial voire comique et sympathique sur scène. Parfaite osmose avec son public avec qui, il demandait parfois d’écouter attentivement sans bruit, le groove de certaines de ses chansons. Le bassiste laissait entrevoir son immense talent dans la maîtrise de sa guitare basse. Le grincement de sa guitare ponctuée par des glissando et autres breaks spectaculaires, faisaient frémir le public. Il a égrené une bonne partie de son immense répertoire en fonction des aspirations de son public.

Très averti généralement quand il s’agit des saveurs musicales de son public en fonction des festivals, Richard BONA a offert exactement à ce public de Winterthur, ce qu’il attendait. Ce qui est impressionnant, c’est l’immense respect qu’il accorde à ses musiciens. Il réserve à chacun, un spectacle digne de leur rang au grand plaisir du public. Deux italiens et deux français ; et le spectacle est phénoménal ! L’autre atout majeur chez ce camerounais d’origine, c’est la qualité impeccable de sa voix. « …je ne fais aucune différence avec sa voix en live quand j’écoute ses albums dans mon véhicule » s’exclame un spectateur suisse/allemand pendant sa prestation. En effet, Richard BONA possède une voix unique au monde voire impossible de falsifier ou d’emprunter. A la fois aigue mais surtout fine et stridente. Il a su emballer le public par ses envolées lyriques associées à cette orchestration mythologique.

Pour davantage exprimer le plaisir d’avoir joué à AFRO-PFINGSTEN FESTIVAL, après plus de deux heures de prestations phénoménales, celui qui aura fait ses études de musique en Allemagne et en France, malgré qu’il eût pris congé de son auditoire, est revenu entonner avec son pianiste, un tube d’anthologie en allemand au grand plaisir des fans qui ne voulaient plus libérer la salle.  Au sortir de son premier spectacle à Winterthur le public était comblé de joie. Surtout, pour certains d’avoir enfin vu Richard en chair et en os dans leur belle ville.

Le comité d’organisation, réputé pour être très crédible en matière de rendez-vous de spectacles de grande envergure, n’a lésiné sur les moyens techniques et organisationnels. Les ingénieurs de son et de lumières étaient au diapason avec l’artiste. Celui du son était installé sur le podium dans la pénombre avec tout son dispositif, tandis que celui de la lumière et autres sorties étaient en face.

Afro-Pentecôte festival doit son succès depuis 30 ans grâce à une équipe bénévole d’environ 300 âmes dirigée par Ursina Sprenger avec l’étroite assistance de la chargée de la communication et du partenariat, Angelina Schlegel. La commission logistique est assurée par le sud-africain/burkinabè et artiste musicien Kiempece Maphoso qui ne ménage aucun effort pour assurer la disponibilité des artistes de l’aéroport à l’hôtel en passant par les séances de workshop et leurs coulisses.

La deuxième journée du festival marquera l’ouverture officielle des stands, étals, et spectacles de rue avec bien sûr, en soirée les masters class et les spectacles.

Hervé David HONLA

 

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