Edito

Cinéma africain : Pourquoi rester entre nous ?

Depuis que je viens chaque année ici à Cannes, je constate un phénomène entre nous africains, qui, à mon avis, ne nous arrange pas du tout.

Dans tous les différents sites du festival, les africains sont polarisés. Ils se sont faits identifier dans un seul secteur, le “pôle africain “. Quand je cherche un cinéaste ou un journaliste africain ici à Cannes, la sécurité où les hôtesses m’indiquent toujours ; soit le “Pavillon Afriques” ou un groupuscule de noirs qu’il aurait vu dans un pavillon au bord de la Croisette. “Allez voir devant là-bas. J’ai vu beaucoup d’africains ce matin qui se dirigeaient dans cette direction” me répond souvent un agent du festival.

Pourtant, les russes, les albanais, les japonais, les indiens, les américains et autres cinéastes du continent, ne se confinent pas de la sorte. On ne vient pas seulement à Cannes pour se parler entre nous ou pour discuter de nos problèmes. En Afrique et au FESPACO, on se voit tous les jours et à chaque édition. Pourquoi même ici en Europe, on devrait être regroupé comme des cas sociaux ? Déjà notre couleur de peau nous identifie facilement, pourquoi encore se recroqueviller dans notre coin ?

Allons à la rencontre des autres. Regardons surtout le cinéma des autres, pas uniquement ceux de l’Afrique. Participions dans les colloques et séminaires des autres, pas seulement là où on évoque l’Afrique. Allons dans des conférences de presse où il y a tous les journalistes qui parlent du cinéma du monde.

Parfois, je me retrouve surpris de me retrouver dans une salle bondée de monde pour une conférence de presse ou un film tout seul entouré des “blancs”. Ils sont parfois à la fois étonnés et heureux de me voir parmi eux.

J’ai écouté beaucoup de cinéastes professionnels africains ici qui me disent que le cinéma sur le continent est jusqu’à présent pris en tenaille entre plusieurs logiques : la dynamique industrielle du cinéma commercial, comme les Nollywood, les conditions drastiques de financement et celle dictée par des puissances extérieures occidentales.

Mais aujourd’hui, je pense que les Africains doivent non seulement se réapproprier leur narration, mais ils doivent les présenter aux autres. Déjà par leur faits et gestes en restant omniprésent dans des festivals européens pas regroupés par communauté. Il faut s’infiltrer dans la “masse” et non se distinguer dans un groupe.

C’est pour cela que j’ai beaucoup aimer le discours de cette charmante réalisatrice congolaise Claudia YOKA qui me disait ceci :

Je venais avec l’espoir de voir un film. Et le seul film pour lequel je reçois un billet, c’est un film africain. Comme si c’est pour nous expliquer que ; ce qui peut nous aller le mieux, c’est de rester entre nous. Moi je ne suis pas partisane de ce genre de chose

La REDACTION

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