Interview

Jimmy KOY : « L’indépendance du cinéma Africain passe par l’intervention de nos politiques »

L’équipe de “OXYGÈNE MAG” a pu échanger avec un cinéaste ivoirien sur l’actorat mais aussi, sur le cinéma africain de façon générale. Dahigo Jean-Marc Kouabo alias Jimmy KOY a séjourné au Burkina Faso en Mars 2022 pour le tournage d’un film. A cette occasion, la star du 7è ivoirien s’est lâché au micro. Né à Katiola en 1978 dans le centre-nord de la Côte-d’Ivoire, Jimmy est originaire de Lakota, dans le centre-ouest du pays, il est l’aîné d’une fratrie de onze (11) enfants dont neuf (9) filles et deux (2) garçons.

Présentes-tu aux lecteurs et vos premières impressions ici au Burkina Faso

Jimmy KOY cinéaste, acteur comédien ivoirien. Mais le cinéma nous amène à dire qu’on n’a plus de nationalité on est juste acteur Africain. Et le Burkina c’est la fraternité, l’amitié, je me sens bien à mon aise.

Quelles sont les raisons de ton séjour au Burkina Faso ?

Je suis là dans le cadre de la réalisation d’un projet de film. Dans ce film, il est question d’un phénomène appelé ” Sugar daddy” qui relate un peu l’histoire de personnes âgées qui entretiennent des relations avec des jeunes filles pour des multiples raisons. Je suis content de la collaboration avec les acteurs burkinabè et même que le Burkina regorge beaucoup de talents surtout dans le domaine technique au point où, ils sont le plus souvent plébiscités. Pour ce dont je suis là, j’ai été invité par un jeune réalisateur burkinabè, du fait de mon profil pour jouer dans son film.

 

Quand est-il du film du film “CONFINÉ” qui a remporté un prix au festival Ecrans Noirs ?

Pour ce qui est de la petite histoire, j’ai été élu meilleur acteur masculin long-métrage dans le film “CONFINÉ” mais je n’ai pas pu rentrer en possession du prix du fait que je ne sois pas acteur camerounais. C’est vraiment malheureux qu’on ait subit ça, parce-que la nationalité n’était pas une condition. Je n’ai vraiment pas compris ce qui s’est passé. C’est triste mais ce qui est positif c’est que le monde a su que JIMMY est un acteur, un bon acteur et c’est déjà bon.

“Notre industrie du cinéma Africain a certes des difficultés, mais il y a aussi beaucoup d’espoir”

Comment vois-tu l’industrie cinématographique Africain ? Qu’est-ce qu’il faut pour qu’il soit de plus en plus indépendant ?

Notre industrie du cinéma Africain a certes des difficultés, mais il y a aussi beaucoup d’espoir. Bien vrai qu’on est dépendant de certains organismes internationaux qui nous dictent un certain nombre de choses du fait du soutien financier qu’ils apportent, mais de plus en plus on sent un affranchissement. Nous sommes en train de tendre vers un cinéma indépendant, dans la mesure où il y’a une liberté d’expression des producteurs et réalisateur qui n’acceptent plus qu’on leurs dictent quoi faire. C’est l’exemple du Burkina qui tient beaucoup à sa culture, au point où, il est difficile de dicter une ligne de conduite. Mais on est sûr que les années à venir, tout va changer il y’aura beaucoup plus d’indépendance d’où cet espoir pour l’industrie cinématographique Africain. L’indépendance du cinéma Africain passe aussi par l’intervention des politiques en ce sens où ils injectent de l’argent. C’est le cas du Sénégal où le président MACKY SALL a injecté des milliards dans le cinéma. Cette intervention passe aussi par l’adoption de lois en faveur des artistes et du cinéma. Il y’a aussi la création de plus de salle de ciné d’écoles de formations.

En compagnie avec le DP de OXYGENE MAG

Qu’en est-il de l’avènement de ces jeunes réalisateurs, producteur qui veulent tout faire sans formation ?

La qualité du cinéma africain passe forcément par la formation. Il est important pour les acteurs et les réalisateurs de se former pour un rendement de qualité. Il est important de savoir que tout le monde n’est pas cinéaste. Devenir cinéaste, nécessite beaucoup de qualités donc il est important de se former

Quels sont les projets de Jimmy KOY?

C’est d’abord la réalisation du film pour lequel suis là mais aussi nouer plus de relations pour les projets futurs qui sont d’ailleurs en attentes. On prie que tout se passe bien.

Renaud NAGALO (Stagiaire)

 

 

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