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Mao Zybamba : « Je peux être un pont pour nos artistes en Suède »

Une virtuose de la musique burkinabè vivant en Suède, Mohamed Ouédraogo plus connu sous le pseudonyme de Mao Zybamba, artiste, conteur, comédien et promoteur culturel, lutte pour la valorisation de la culture burkinabé hors de nos frontières. En ce début d’année, Mao souhaite la sécurité, la prospérité, l’harmonie entre les fils et filles du pays. Il est présentement en tournage d’un clip à Ouagadougou pour son morceau intitulé « Ma patrie ».

Mohamed Ouédraogo dit Mao Zybamba en plein tournage pour son clip

« Ma patrie » est une musique traditionnelle travaillée au Burkina par un arrangeur bien connu. C’est un morceau composé de textes patriotes en français et en mooré. Tout en incitant les burkinabè à se lever tous comme un seul homme pour protéger leur patrie, Mao a tenu à préciser que quand il parle d’ennemis, ce sont aussi bien les terroristes, les corrupus, les voleurs et les mauvais conseillers auprès des autorités.

L’artiste Mao Zybamba compositeur et instrumentiste réside en Suède depuis une décennie. Il évoque les opportunités culturelles que les compatriotes peuvent y avoir. « En Suède et plus précisément la Scandinavie, c’est une zone très riche en culture. Il y a des entrepreneurs culturels qui sont ouverts à toutes formes de collaborations, mais la langue constitue une barrière. Il faut que les entrepreneurs culturels burkinabè songent à monter des projets à l’endroit de ces pays. La musique et la culture sont transfrontalières et comme j’aime le dire, je peux être un pont car j’ai des contacts. J’ai joué dans des festivals et je suis connu là-bas. C’est une zone culturellement riche que les burkinabé doivent découvrir. » explique Mao Zybamba.

L’artiste Mao affirme être au pays pour des vacances et comme projet artistique, il profite contribuer à l’action nationale contre l’insécurité, le terrorisme, la corruption…, d’où ce clip qui est réalisé en ce moment par Ives Edgard. « Dès que je suis arrivé, j’ai contacté une maison d’édition pour discuter sur une œuvre que je suis entrain d’écrire pour une éventuelle édition. Si tout va bien, la dédicace se fera bientôt » renchérit-il.

Néanmoins Zybamba lance un coup de gueule sur le positionnement de la musique burkinabè à l’international. « Avec cette manière de voir les artistes de la diaspora et les internationaux qui viennent ici, c’est difficile de se frayer un chemin. Quand je regarde des stars comme Floby qui n’arrivent pas à décoller sur le plan international, c’est désolant. Il faudra que nos artistes quittent l’entreprenariat culturel. L’artiste ne peut pas être créateur d’œuvres et en même temps commerçants de ces œuvres ». Ajoute Zybamba . Il soutient qu’il doit avoir une bonne collaboration entre les artistes qui créent et ceux qui sont formés pour vendre des œuvres culturelles pour se faire de l’argent. « Quand tu vois par exemple des artistes propriétaires de maquis et autres… lui qui devrait lutter contre l’alcool et le tabac…c’est lamentable. Ils doivent quitter dans ça ! » martèle-t-il.

Toujours dans le tournage du clip de l’artiste

Selon lui , il faut que les artistes pensent uniquement, Art et Création en faisant confiance aux entrepreneurs bien outillés. En prenant son exemple, il affirme que plusieurs personnes et structures le soutiennent dans ses activités, et il en est reconnaissant.

Également en résidence de création en Suède, avec la maison de production Mixmusik. Il révèle qu’il existe une petite communauté burkinabè dans la Scandinavie, une centaine environ. C’est le goût de l’aventure qui l’a conduit en Suède.

Micaëlle SAM (stagiaire)

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