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“La rémunération par copie privée n’est pas là pour pallier la piraterie”

Le centre culturel français de Ouagadougou a abrité dans la matinée du 15 octobre 2021, le premier panel des Rencontres Musicales Africaines (REMA). Il s’est agit de décortiquer et de partager l’expérience sur la copie privée entre David Tayorault de la Côte d’Ivoire, Didier Awadi du Sénégal et Dez Altino du Burkina Faso sous l’œil du directeur du BBDA burkinabè Samuel Garané.

UNE CONNAISSANCE PARTAGÉE DE LA COPIE PRIVEE. C’est autour de ce thème qu’a eu lieu les échanges. Les panélistes ont écouté avec beaucoup d’intérêt les débats modérés entres les conférenciers. La question de piraterie a également été soulevée. Elle nuit très considérablement aux artistes de tous les temps et de toutes les contrées Africaines. L’exemple du BBDA comme moteur de production de revenus pour les artistes et comment l’implémenter à travers les États de l’UEMOA, qui étaient bien représentés dans la salle, était aussi une problématique de la conférence.

C’est dans cette lancée que le public et d’éminents invités sont intervenus dans les échanges. Étaient présents les directeurs de Droit d’Auteur du Niger, du Mali, de la Côte d’Ivoire, des artistes malgaches, camerounais et des membres de la presse burkinabé et d’ailleurs.

Le Marshall Zongo a souligné que pour sa part, les CD sont des supports qui tendent à disparaître. La raison, le manque de volonté des acteurs culturels et même des artistes. Il a pris l’exemple de Yodé et Siro qui ont vendu l’année dernière plus de 600.000 CD sur leur album. D’autre part, Monsieur Tayorault et Awadi trouvent qu’il faut évoluer avec le temps. Le CD, aujourd’hui est dépassé et il est primordial de s’intéresser aux nouvelles stratégies de récupérations de revenus. Ils ont soulevé le faite que les chaines de télévisions et Canal+ utilisent les produits des artistes sans payer les droits et les telephonies mobiles à travers les fonds sonores des appels. Ainsi, il souhaiteraient que l’on puisse rémunérer les artistes sur cette base. Les Etats aussi doivent aux artistes à travers les usages des morceaux dans leurs différentes activités.

En somme, la dématérialisation de la musique ou la digitalisation de la musique a surprit tous les acteurs. Pourtant, elle est producteur de devises et de revenus colossaux, qui échappent au regard et au contrôle. « La copie privée n’est pas là pour pallier la piraterie, elle est un Droit et non une taxe d’impôt » affirme le directeur général adjoint du bureau des droits d’auteurs ivoirien. Selon lui, on doit accentuer le débat sur l’élaboration pratique de la copie privée, qui est un droit. Sur le plan idéologique, la sous région Ouest Africaine est suffisamment outilée, mais trop de discours tue le Droit lui-même. Les REMA sont un cadre d’échange et de discussion pour apprendre et élaborer des stratégies à proposer aux dirigeants pour une meilleur prise en charge des auteurs.

Hugues Fabrice (stagiaire)/ Yenntéma Priscille

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