Edito

Salles de spectacle au Burkina: Tous concernés

Dans la quasi-totalité du pays, l’industrie cinématographique est en ébullition. Certes, capitale africaine du cinéma, le Burkina Faso fait figure de proue en matière de 7è Art n’en déplaisent certains. Techniciens, acteurs, réalisateurs sont sollicités dans de nombreux pays. Malgré que l’Etalon de Yennenga échappe le pays des Hommes intègres depuis vingt-quatre (24 ans), son industrie se réadapte aux nouvelles exigences du marché et des technologies. La question épineuse demeure les infrastructures et le financement.

 

En visitant les salles de cinéma le 22 septembre 2021, Madame la Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme Elise Foniyama Ilboudo/Thiombiano a certes pu s’imprégner des réalités techniques et infrastructurelles dont vivent les professionnels et les cinéphiles au quotidien. La question infrastructurelle peut et devrait se résoudre au-delà des couloirs du ministère. En fonction de leur taille et de leur vocation, les salles de spectacles en général et de cinéma en particulier peuvent représenter un coût d’investissement et d’exploitation substantiel. Si l’Etat assume une partie de cette charge à travers les subventions du Ministère de la Culture des Arts et du Tourisme, que le secteur privé intervienne également et qu’une part importante de ces coûts soit portée par les collectivités locales, cela permettrait une bonne gestion pérenne. Bref, une contribution et une participation collégiale voire communautaire mettrait chaque entité face à ses responsabilités. L’apanage

Lors de l’émission « 7 jours dans la savane » du 25 septembre 2021 sur la chaîne burkinabè SAVANE TV, le journaliste culturel Hervé David HONLA affirmait ceci : « Le financement du cinéma et la construction des salles de spectacles ne sont pas uniquement l’apanage de l’Etat. Les institutions bancaires, les entreprises de immobilières, BTP ou encore autres téléphonies mobiles doivent mettre la main à la patte »

Nous saluons déjà des particuliers à l’instar de Franck Alain Kaboré qui possède la plus ancienne salle cinématographique d’une capacité d’accueil de 1 070 places. Le Ciné Neerwaya puisqu’il s’agit d’elle, est âgée de 37 ans. « C’est une salle qui est en bon état, l’espace est aéré. Néanmoins il faut faire une réfection » avait déclaré la Ministre lors de sa dernière visite. Où est que Franck Alain Kaboré trouvera des ressources financières pour rénover sa salle aux normes conventionnelles ? En tout cas ; ce n’est pas au Ministère. Mais un mécanisme d’incitation peut être mise en place afin que les structures de financement privées puissent aider les tenanciers de nos salles. Ce n’est pas les recettes des entrées qui pourront remettre à jour le matériel ultra technique audiovisuel de nos salles de cinéma.

Dr Elise Foniyama Ilboudo/Thiombiano, Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme du Burkina Faso

Il est impératif que certains opérateurs économiques se lancent également dans ce projet ou « bisness » en construisant des salles de spectacles adaptables. Ils doivent alors s’interroger à la fois sur la vocation et le positionnement des lieux où ils souhaitent construire ou soutenir, et sur leurs modalités d’intervention pour permettre l’accès du public et des professionnels au spectacle vivant. D’autres parts, une mutualisation de compétences peuvent être une solution palliative. Ceci permettra de pérenniser la maintenance de nos salles en les confiants aux gestionnaires issus des collectivités sous la supervision générale de l’Etat. Par ailleurs un choix drastique et conventionnel des modes de réalisation et de construction de ces édifices doit être une exigence. Tout comme le choix des modes de gestion. Une politique tarifaire des prix dans les salles doit être régulée en fonction des disciplines et des filières, ceci pour mettre à toute la chaîne intervenante d’en bénéficier.

Dommage qu’au Burkina, le succès de l’industrie du cinéma gravite autour du financement. Avouons que l’attributaire final légitime qu’est l’Etat, se trouve trop souvent dépossédé des moyens financiers pourtant initialement mobilisés, mais insuffisants. Il est impératif de trouver des modèles et des pistes d’alimentation en soutiens financiers. C’est une alternative et voie de réussite de notre industrie du spectacle.

Salle Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000

En maintenant le déroulement du FESPACO au Burkina Faso comme Thomas Sankara, Sembene Ousmane ou encore Lionel Ngakane l’avaient toujours souhaité, c’est d’éviter que cet évènement ne connaisse des organisations fantaisistes voire budgétivores. Chaque pays ou chaque organisateur allait s’en servir pour se remplir les poches au détriment de la pérennisation de l’industrie cinématographique panafricain. Certains évènements culturels du contient avaient tenté cette expérience d’organisation tournante à l’instar des KORA AWARD. Aujourd’hui ils ont disparu.

Hervé David HONLA

 

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