Edito

SOTIGUI AWARDS 2021 : Eviter le bourrage

La sixième édition des SOTIGUI AWARDS aura lieu du 11 au 13 novembre 2021 à Ouagadougou. Le comité d’organisation s’est expliqué ce matin sur le contenu de cette édition qui annonce encore d’autres innovations. Après cinq éditions on peut déjà épiloguer sur les orientations de ce prestigieux évènement qui rend hommage exclusivement aux acteurs/comédiens africains et de la diaspora.

Contribuer à la reconnaissance et à la valorisation du métier d’acteurs comédiens des cinémas d’Afrique et de la diaspora. A travers une cérémonie de récompense des meilleurs acteurs comédiens du cinéma africain et de la diasporaMais surtout les SOTIGUI AWARDS visent à combler en quelque sorte, la carence en visibilité du métier d’acteur dans le milieu du 7è Art. C’est donc en principe, un cadre permanent et solennel de reconnaissance et de célébration de l’acteur comédien du cinéma et de l’audio-visuel de l’Afrique et de sa diaspora.

Pour cette année, une pléthore d’activités aura lieu autour de cette édition qui aura lieu les 11, 12, 13 novembre 2021 à Ouagadougou sous le thème « Statut de l’artiste et rémunération équitable des acteurs-comédiens africains et de la diaspora »

Passé de la simple cérémonie de distinction qui se déroulait en une journée, les SOTIGUI AWARDS ont gagné en maturité, à telle enseigne qu’une seule journée ne suffirait plus. Projection de films, conférence débat, cérémonial, soirée after etc. sont désormais au programme.

 

Mais parallèlement, certains objectifs annoncés lors de la création de cet évènement tardent encore à se concrétiser. Notamment, le réseautage à travers cette plateforme de promotion et d’échanges entre les acteurs et les producteurs de la planète. Le rôle des membres de l’Académie n’est pas encore perceptible et tangible. Aucun véritable acte n’a encore été posé. La perspective de rendre l’évènement itinérant et surtout l’inclusion de l’industrie cinématographique africain est encore une expectative.

En se focalisant à juste titre sur la question de valorisation des acteurs africains et de sa diaspora, le comité d’organisation devrait davantage militer pour une véritable inclusion des acteurs. Certaines catégories comme « NIGERIA-GHANA » devraient être purement et simplement exclu. Prétendre que c’est parce que le « Nigéria produit plus de films et qu’il mérite d’avoir une catégorie distincte aux côtés du Ghana » est un raisonnement inapproprié. Surtout que ces pays sont encore nominés en plus dans d’autres catégories notamment dans la catégorie « Afrique de l’Ouest ».

 

Au regard de la pléthore des catégories, il serait préférable de les scinder par session. La sélection officielle, les Prix spéciaux ou encore ouvrir d’autres catégories indépendantes de la sélection officielle. Mais encombrer toutes les catégories dans une seule sélection prête à confusion. La sélection officielle doit être distincte des autres. Ce qui n’exclu pas de créer une sélection spéciale Burkina. Mais, dans ce cas, prévoir une autre équipe en termes de sélection et de jury de ces films. Idem pour les catégories en fonction des régions.

Les avantages de faire tourner les SOTIGUI AWARDS dans le monde sont multiples. Au regard du fait que le comité d’organisation estime que « c’est le pays d’origine (Le Burkina Faso) qui supportera toujours les charges » ; il serait souhaitable qu’à chaque déplacement, le pays hôte en commun accord avec le Burkina Faso, y compris les Membres de l’Académie des Sotigui issus de ce pays d’accueil, contribuent dans l’organisation de l’évènement. C’est-à-dire faire inclure les pouvoirs publics, les partenaires et les professionnels du cinéma de ces pays dans l’organisation.

Il est néanmoins très affligeant qu’au Burkina Faso, les principaux acteurs concernés du monde de l’audiovisuel et précisément du métier d’acteur et comédien jouent régulièrement les abonnés absents dans les débats qui les concerne. Que cela soit au FESPACO ou aux SOTIGUI AWARDS, les cinéastes ne participent jamais aux séances d’échanges et de débats. Pour cette 6è édition, le comité d’organisation doit plutôt cibler les écoles de cinéma, les jeunes et les acteurs et comédiens émergeants. Ils seront plus aptes à écouter les discours et assimiler les modules. Il est fort probable, que si le comité garde la même organisation en matière de débats ; les rencontres ne connaissent aucune affluence, même lors des projections.

Dix-huit (18) jours seulement seront écoulés après le FESPACO, le comté d’organisation des SOTIGUI AWARDS, devrait surfer sur ce calendrier pour collaborer avec les professionnels du cinéma et acteurs qui viendront des quatre coins du monde. Notamment, les retenir davantage à Ouagadougou pour leur évènement. La question de coût (transport, hébergement etc.) risque à tort ou à raison peser dans l’organisation des SOTIGUI AWARDS. Une planification judicieuse, perspicace et subtile doit être de mise.

Hervé David HONLA

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