Entretien avec

Lady SONIA : «Je ne suis pas Jésus, pour travailler gratuitement !»

Lady Sonia est une femme coach qui exerce dans le domaine du développement personnel.  Ayant pour passion d’aider à la transformation de son mode de vie, elle exerce son métier de coach sur tous les continents. Elle est la conceptrice de la matrice A.L.E.I. (Académie.Libre.Epanouie et Influente). Elle encadre des milliers femmes dans son Académie.

OXYGENE MAG est allé la rencontrer lors de son séjour à Ouagadougou dans le cadre d’une série d’activités humanitaires. Cette congolaise vivant en Suisse, est une véritable star en en Afrique. Sur les réseaux sociaux, elle se définit comme une ambassadrice de l’épanouissement personnel. Elle doit sa forte personnalité à ses expériences de vie marquée par la souffrance.

 

Le terme «développement personnel» est devenu redondant, qu’est-ce que vous entendez par développement personnel ?

Pour moi, développer c’est multiplier, grandir, ajouter. C’est sortir de sa zone de confort, de son carcan, de sa prison, de sa mentalité, des chemins tracés, pour oser aller découvrir et apprendre, grandir et murir. Et le terme ‘’personnel ’’, c’est de l’intérieur qu’il s’agit. Donc le ‘’développement personnel’’ c’est développer ce qu’on a à l’intérieur, le multiplier, le fructifier pour avoir un impact et avancer. Maintenant, si quelqu’un me demande quel est mon rôle dans le développement personnel ? Puisque c’est de l’intérieur ; moi j’accompagne une personne qui est bloquée. En Afrique on a cette manière de voir les choses, ‘’ah faut pas aller voir les psychologues, les psychiatres’’. Les gens préfèrent aller s’agglutiner dans les églises. Je suis femme de pasteur donc je sais de quoi je parle. On doit pouvoir se dire la vérité. Les gens ne soignent pas les émotions, les blessures émotionnelles. Or l’homme n’est pas que spirituel. A l’église, on nous parle du spirituel, à l’école, on nous parle de l’intellect. Mais qui nous parle des émotions ? On enseigne aux gens à aimer autrui, ‘’tu aimeras autrui comme toi-même’’. On n’enseigne pas à nous les femmes africaines à nous aimer nous-même, mais, à donner beaucoup d’amour à un homme. Ce n’est pas mauvais. Est-ce vous avez déjà entendu qu’on a dit à une femme que quand elle va aller au foyer, il faut que tu sois heureuse, et pour être heureuse voici la formule ? Non! Il faut qu’elles se développent, se découvrent elle-même, qu’elles connaissent son éducation, qu’elles connaissent ses goûts. Je rencontre des femmes, de grandes autorités, qui, quand elles vont au restaurant, elles sont incapables de choisir quelque chose pour elle-même. Quand je parle du développement personnel, je dis que c’est le coaching autrement. C’est vrai, au début j’ai appris au côté des américains qui m’ont formé, mais je ne fais pas du copié collé, je veux percer le problème. Je crois que c’est ce qui a plu à Jeune Afrique, qui m’a voté parmi les 100 personnalités africaines les plus influentes. Je regarde les cibles, l’Afrique que j’aime tant avec ses cultures, sa tradition. Il y a des carences dans mon continent. En tant que digne Africaine, qui ait souffert et qui ait réussi à m’en sortir au moins un peu, pourquoi ne pas adapter la formule qui a marché sur moi pour le montrer aux autres ?  J’ai trouvé le coaching pour leur dire que c’est possible d’être heureuse.

Est-ce que votre émancipation, si je peux le dire ainsi, n’est pas née d’une frustration de votre famille, votre foyer, parce qu’on sent en lisant votre parcours que vous avez été martyrisée ?

 Est-ce que ce développement personnel que vous magnifiez n’est pas né de cette frustration personnelle?

Absolument, je serai une grosse menteuse si je disais que non. Vous prenez mon coaching, vous le comparez aux autres, il est unique. C’est pour ça que j’ai autant de succès. Les gens savent que je suis vrai, parce que j’extériorise mes erreurs et je dis aux femmes, si vous faites ça, vous allez tomber dans l’adultère dans 5 voire 10 ans. C’est mon expérience. Je ne vais pas leur mentir et ça marche toujours. J’ai étudié le coaching, j’ai été certifiée. Donc quand je vous donne mon coaching, vous êtes obligé d’être impacté. Seul la vérité rend libre. C’est ce que la bible m’a appris.

“…Les gens savent que je suis vrai, parce que j’extériorise mes erreurs…”

Est-ce qu’il faut être chrétien pour appliquer vos enseignements, ou bien on peut être païens et décider de vous suivre ?

J’ai un million deux cents mille abonnés sur Facebook, deux cents milles sur YouTube et mes vidéos sont vues en millions de personnes. Vous pensez que c’est que des chrétiens ? Certes, ceux qui m’attaquent le plus, ce sont des chrétiens, mais ceux qui achètent le plus mes cours et qui participent plus à mes conférences ce sont des hommes, des musulmans, et des athées.

Alors que votre cible c’est surtout les femmes ?

Mais ce sont les hommes qui me soutiennent le plus et qui sont là, qui écoutent, échangent et témoignent. Ils sont frappés par la manière dont je parle de ma religion, qui est ouverte à tous. Elle ne parle pas de Dieu comme ça. Je casse la religion et je parle de la spiritualité. Quelle que soit ta religion, tu écoutes tu es touché. J’ai un institut digital A.L.E.I. (Académie Libre Epanouie et Influente) ou je forme des milliers de femmes. J’y ai établi un programme d’accompagnement sur 90 jours. Là-bas je suis coach, mais sur les réseaux sociaux je suis mentor. Le coaching ce n’est pas ce que vous voyez sur les réseaux sociaux, ce sont des conseils. Le coaching est plus profond et il y a l’action, l’opération, et la vision. Je suis la première dans l’espace francophone à avoir fait le coaching. Je n’ai pas copié chez les autres. Quand j’ai commencé il y a 5 ans, j’ai eu des menaces de mort, à moi et ma famille. Mais j’avais une vision.

Pourquoi vous préférez qu’on vous appelle mentor à la place de coach ?

Ça c’est juste mon égo, car quand j’ai commencé le coaching, j’étais un peu unique, mais du jour au lendemain, tout le monde s’est déclaré coach. Pas parce que je voulais me mettre au déçu. Le mentoring a toujours existé et c’est quelque chose qui inspire. Au fur et à mesure, les témoignages qui me revenaient, étaient plus des témoignages de mentoring. Les femmes sont plus inspirées par ma manière de m’habiller et d’être, même ma manière de parler. Donc être coach, je laisse ça aux autres. Je suis coach seulement pour celle qui me prenne coach à A.L.E.I. Mais, je suis mentor pour les millions d’abonnés, une inspiratrice, quelqu’un qui vient à chaque fois avec des citations des paroles boostantes. Je fais tout pour que ma vie serve d’exemple. C’est ça un mentor !

C’est vrai que vous coachez beaucoup de personnes à travers le monde, est ce que vous avez des exemples d’hommes ou de femmes qui reviennent épanouis grâce à vous, qui ont réussi grâce à vous ?

Si vous allez sur ma page Facebook, chaque semaine je publie trois témoignages. Je mets sur scène tout le monde, les femmes du monde qui témoignent en vidéo et il y a des témoignages incroyables. Il y a des malades qui sont revenus complètement transformés.

Est-ce des méthodes physiques ou thérapeutiques que vous dispensez?

Le premier mois ; c’est ce que j’appelle, la réconciliation spirituelle avec ton Dieu, peu importe la religion. Moi je pense qu’on ne descend pas du singe, mais, de Dieu. Chacun lui donne son nom. Ce n’est pas mon rôle de les juger. Si quelqu’un vient vers moi et dit qu’il croit Allah, je l’aide et je lui montre le chemin. Donc la première étape c’est le spirituel. J’ai travaillé pendant 20 ans dans les églises, je sais comment certaines choses se passent. J’ai une grâce, parce que quand je priais pour les femmes stériles, elles concevaient. C’est l’aspect spirituel, la liaison et le pardon à soi-même. Bref, le véritable pardon à son Dieu. Il y a des gens qui viennent et qui ont des problèmes avec Dieu ; je les amène à se reconnecter avec le Seigneur. Et après, le deuxième mois, on va à la découverte de soi-même. Donc il y a toute une stratégie pour qu’elles se connaissent. Je leur apprends à s’aimer. Après le deuxième mois où on guérit les traumatismes de viol, le troisième mois je les pousse à sortir un business. Elles ont un mois y compris celles qui travaillent dans un bureau. Je parle business, entrepreneuriat, de développement professionnel, je les coache, je leur montre la gestion financière, etc. Vous voyez ça ; ce sont des choses que je ne fais pas sur les réseaux sociaux. Je garde pour ceux qui viennent à A.E.I.L. Je leur change le mind-set, et c’est anonyme d’autant plus que le coaching n’est pas vraiment accepté en Afrique.

“J’ai travaillé pendant 20 ans dans les églises, je sais comment certaines choses se passent”

Il y a du business autour de ça, on se pose la question est ce que vous n’êtes  pas en train de faire du business derrière la souffrance des gens ?

Je vais vous demander, est ce que le médecin ne se fait pas de l’argent derrière la maladie des gens ? C’est mon boulot. Pourquoi quand on est en Afrique et qu’il s’agit de coaching, on parle de business. Vous savez le nombre de personnes que j’ai sauvé du suicide par le coaching ? Près de 800. On me payerait combien par vie sauvée ? Les gens vont regarder l’aspect financier, ça c’est tordu et méchant. La bible dit que l’ouvrier mérite son salaire. J’ai fait des études pour ça, j’ai investi dans des formations qui m’ont pris près de 32 millions. J’ai été élevé par des capitalistes, regardez la qualité de ce que je donne et pour ça je ne dois pas être payée, vous voulez que je travaille gratuitement ? Je ne suis pas Jésus. Ce n’est pas parce que c’est nouveau, que je ne dois pas être payée. Les professeurs à, l’école, ils enseignent le développement personnel, pourquoi eux sont payés et pas les coaches ?

On dit que c’est du social…

Quel social ?! Même le pasteur qui prêche, vous le payez non ? Mais quand il s’agit du coaching on dit allez écouter vos mamans. Ce que vous ne savez pas, les mamans sont cassées, brisées, c’est pour ça vous avez des jeunes filles brisées, qu’elles n’arrivent pas à encadrer. Les mamans payent maintenant par milliers les formations chez moi pour leurs  filles et elles même elles viennent. La dernière fois il y a une fille qui a dit à sa maman, «Tu as tellement été brisée par les hommes, tu es comme une loque ».  Sa mère a 72 ans et la petite à payer la formation à sa maman et en trois mois, elle a changé. Vous savez combien de temps il me faut pour apprendre la psychologie africaine ? C’est ça le problème en Afrique on ne va pas poussez ce genre de femme vers le haut, En effet, mon travail soigne les vies mais dérange les gens qui sont à l’aise dans leur zone de confort.

“j’ai investi dans des formations qui m’ont pris près de 32 millions”

Comment vous gérez votre emploi du temps ?

J’ai appris à gérer le time management. Mais je vais vous dire la vérité ; j’ai un joker, mon mari. Quand on a eu tous ces problèmes et que j’ai décidé de suivre ma vision, il a accepté. J’ai travaillé aux Nations Unies, pour le Département d’Etat américain. J’ai laissé tout ça, car je ne me retrouvais pas dans un bureau. J’aime le contact et me retrouver dans un bureau, c’était la dépression pour moi. Je me sentais bête dans un bureau, je vous dis franchement. Quand j’ai quitté et que je suis reparti à l’école, je n’avais aucune idée du coaching. Quand je me suis lancée sur les réseaux sociaux je ne savais pas que ça allait devenir. J’ai tâtonné et le Seigneur m’a conduit. Je possède toute une équipe maintenant.

Quel bilan faites-vous de votre passage au Burkina ?

J’ai fait trois ans au Burkina, et c’est là j’ai fait mon ingénierie,  master en communication des entreprises et ingénierie commerciale. Ce passage au Burkina a été bien sauf, qu’à cause du climat, je suis tombé sérieusement malade. On parlait d’opérer ma tête etc.  Donc j’ai fui et je suis reparti avec les enfants. Je ne travaillais plus et je ne me retrouvais plus dans mon foyer. J’étais sur le point de faire des catastrophes et j’ai dit clairement à mon mari, que si je reste là, je risque de lui faire du mal et aux enfants. Je n’étais plus normale et je voulais me retirer. Je ne voulais pas divorcer mais j’avais besoin de me retrouver avec moi-même. J’étais arrivée à un niveau où je détestais Dieu. Je me sentais vraiment mal. C’est là je me suis pointée sur les réseaux sociaux et j’écrivais mes petits postes et cela a généré beaucoup de réactions et de bon retour.

“C’est le Burkina qui m’a élevé. Ma mère est burkinabè.”

Vous êtes précisément venue au Burkina pour vos activités sociales ? Tout cela rime à quoi ? Surtout quand on voit la Mentor Lady Sonia revenir tendre la main aux personnes qui sont en situation extrêmement difficile. Est-ce que ça fait partie de vos activités?

Je le faisais mais en cachette, les gens étaient surpris de voir que l’année dernière, j’ai payé la scolarité de 50 burkinabè. J’ai donné des fonds de commerce à 50 femmes. Mais je n’en ai pas parlé. En fait, tout ça je le fais depuis. Je ne prêche pas l’exemple, je veux que les femmes qui me suivent, touchent le vrai coté de Sonia. Dieu m’a montré que dans la vie pour être béni, ce n’est pas en prenant. Je suis bénie parce que j’ai toujours fais mes dons dans l’ombre. Si je le fais sortir en public maintenant, c’est parce que je veux me réconcilier avec mon peuple. Je voulais faire quelque chose pour ce pays, peu importe ce qui s’est passé. C’est le Burkina qui m’a élevé. Ma mère est burkinabè. Pour moi ma base c’est ici. Donc je ne me voyais pas en Suisse alors que mon pays a besoin de moi. Il faut avoir souffert dans la vie pour comprendre ce que je vis.

“l’homme sera toujours le chef dans le foyer”

Vos positions parfois frustrent certaines minorités au Burkina. Pourquoi chaque fois notamment quand vous faites des interviews au Burkina, d’autres se sentent frustrés, à travers votre langage ? Est-ce que c’est du à la mauvaise interprétation ou compréhension de vos propos ? Vous assumez souvent vos propos et plus tard ils sont mal interprétés ?

Vous savez, on dit toujours qu’on est  responsable de ce qu’on dit mais on n’est pas responsable de ce que les gens pensent. L’amour couvre la multitude des erreurs et des fautes. Vous ne trouverez pas quelqu’un qui ne fait pas des erreurs. Quand on aime quelqu’un, on l’aime comme il est. Si vous m’aimez, vous devez connaitre ma manière de parler. Ceux-là qui ont un problème et qui sont frustrés, ce n’est pas par ma manière de parler, ils sont frustrés par leurs problèmes. Ils ont mal parce que je mets ma main là où ça fait mal. J’assume ce que je suis, ce que je dis. Si quelqu’un aime c’est bien, s’il n’aime pas je vais faire quoi ? Je ne veux pas faire les choses par rapport à ce qu’on me dit. Je fais des vidéos des gens se permettent de dire que je déteste les hommes. J’ai des frères, des fils, écoutez bien mon message. Je vais manquer du respect à un homme pourquoi ?  Je les respecte. J’enseigne la soumission, je ne parle pas d’émancipation, car c’est une abomination, l’homme sera toujours le chef dans le foyer.

Vous avez visité combien de pays ?

Environ 12 pays en 05 ans. J’ai fait Canada, le Togo, le Benin, le Burkina, le Congo Kinshasa…

Quel est la ville qui vous a le plus marqué dans vos tournées ?

C’est à Abidjan, l’accueil a été waouh. On a refusé du monde, c’était il y a deux ans. Et les images sont passées à Jeune Afrique, RFI et partout.

On a vu l’émotion avec la fondation Rama, avec les femmes, le suivi sera comment ? Vous allez poursuivre la collaboration avec la fondation ?

Je veux faire plus, je veux accompagner plusieurs filles et envoyer fréquemment des dons et des pagnes. J’ai déjà un rendez-vous avec les femmes en milieu carcérale, j’irai les voir.  Je ne veux pas faire comme tout le monde, orphelinat, maternel. Je veux aller où ça fait mal.

Vous avez fait un tour à Slamazone, j’ai vu un programme qu’est-ce que vous retenez de ce passage ?

Je suis tombé amoureuse d’une petite fille albinos. Ce matin j’étais à IAM et j’ai reconnue trois des jeunes albinos que j’ai rencontrés à Slamazone. J’étais tellement fière de les appeler devant tout le monde et tout le monde les enviait. Je suis sorti de là avec tellement de grandeur pour Malika et je ne compte pas la lâcher. J’ai mis la lumière là-bas pour que les gens leur viennent en aide. Moi à mon niveau je ne peux pas tout faire. Mon objectif n’est pas de me mettre en avant.

“…Quand je descends dans un pays, les gens se bousculent…”

Le coté marketing, on voit les influenceuses un peu partout, mais vous n’êtes pas, est ce que c’est votre volonté personnelle de ne pas vous attacher à de grosses firmes ?

Je fais ça lorsque je fais les conférences et j’ai vraiment de très bon sponsors et partenariats. Quand je descends dans un pays, les gens se bousculent, et je profite les remercier. Mais dans ma vie de tous les jours, comme je suis moi-même une marque, je fais attention. On me propose beaucoup d’argent, mais en général, je veux que mon message reste crédible. Je préfère perdre de l‘argent et gagner en crédibilité devant mes abonnés. Donc à moins que votre marque accompagne mon message et puisse aider les autres je refuse.

Vous venez au Burkina pour des dons ou pour coacher ?

Le Burkina a besoin de tout et moi c’est un tout que j’amène. J’amène d’abord l’aide. Tu ne peux pas parler de coaching dans l’oreille de quelqu’un qui a faim. Donc je le fais manger d’abord. Je donne du poisson avant d’apprendre à pécher.

HONLA Honla Hervé David

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