coup de gueule

Industrie musicale: Ces producteurs qui cloîtrent les artistes

Allons droit au but : Certains artistes (pas tous) passent des moments de calvaire dans leur maison de production.

La plupart de nos articles et postes sur les réseaux sociaux incrimine les artistes musiciens. Pourtant, bons nombres d’entre eux  sont victimes de lourdes mascarades et mesquineries. Quand ils claquent spectaculairement la porte à leur producteur, nous crions au scandale ! «Comment un artiste qui a la chance d’avoir un producteur, peut-il le manquer autant de respect ? »  C’est la question que l’on se pose régulièrement.

La réalité est souvent tout autre.

La posture du producteur peut être certes légitime d’autant plus qu’il investit de l’argent dans la carrière de l’artiste, pour lui permettre de composer sa musique, l’enregistrer dans de bonnes conditions, la promouvoir avec des clips vidéos par exemple etc. mais la liberté de créer, de s’épanouir, d’aller et venir, de prester doit être concédé à l’auteur.

Je suis navré de constater qu’il y a certains producteurs qui ont réduit leur artiste en un jouet ou une peluche de Maison. L’artiste passe des mois voire des années dans une Maison de production sans rentrer en studio. Pour ceux qui réussissent à finir en studio, ils sont privés de spectacles et de sorties sans l’aval du producteur. Les spectacles sont scrutés à la lettre. Bref ; l’artiste est dans un confinement dicté par le producteur qui impose sa méthode. Une méthode qui asphyxie l’auteur en manque  de scène et qui finit par se rebeller.

Certains producteurs vont même jusqu’à interdire leur artiste d’être en contact avec ses collègues. Pire même ; ils sont privés des spectacles que le producteur juge «sans objets». Résultat ; l’artiste devient casanier, il se transforme en vache à lait du producteur. Il se morfond à faire des travaux domestiques. Bref ; des tâches réductrices en passant son temps à regarder ses collègues sur les plateaux télés etc.

Un chanteur muselé

Un auteur/compositeur a besoin de liberté. Il est animé par le désir de se mesurer et surtout  de faire des rencontres. Le priver de ses vertus, peu importe les conditions onéreuses ou  bourgeoise dans laquelle il se trouve ;  l’artiste sera sclérosé mentalement et artistiquement. Certains producteurs vont jusqu’à imposer le genre et le style musical à «son» artiste privant ainsi l’auteur de sa liberté de création.

“De plus en plus d’artistes se produisent seuls, selon leur propre volonté et non par dépit” Hervé David HONLA dit LECHAT!

Le comportement dictatorial d’un producteur vis-à-vis de l’artiste engendre toujours des frustrations voire des conflits sans précédents. Ce n’est pas parce qu’on possède une main mise financière sur un artiste, qu’on  doit lui imposer une conduite. Au départ, ce dernier sera à votre merci par respect, mais plus tard, il retournera sa veste

Chaque maillon intervenant dans la carrière d’un artiste doit jouer strictement sa partition sans faire ombrage aux autres maillons.

N’oublions pas que ; ce que l’artiste recherche avant tout, c’est jouer et se faire connaître. L’argent vient toujours plus tard. Tant que le producteur privera à son artiste des scènes pour espérer gagner beaucoup d’argent plus tard, le climat sera délétère. Sachez trouver le juste équilibre.

Rapport de confiance

Ne soyons pas donc surpris de nos jours de voir des artistes fonder seul leur équipe managériale. Ils se produisent eux-mêmes et élaborent parfois eux-mêmes leur plan de carrière. Ce qui favorise ça de nos jours, c’est  l’émergence des nouvelles technologies. Il est de plus en plus simple pour un artiste d’être autonome sur les différentes étapes de sa carrière et d’avoir la main sur les différents métiers qui l’entoure. Compagnon de route traditionnel de l’artiste et parmi les plus proches de celui-ci, sont généralement ses acolytes.

Il faudrait que le métier de producteur,  lui aussi évolue pour s’ajuster à cette nouvelle autonomie des artistes. Car il doit désormais savoir gérer la quantité invraisemblable d’informations auxquelles est confronté son artiste. Le producteur agit donc en véritable partenaire, dans un rapport de confiance et pour apporter de la valeur ajoutée. Et non comme le grand argentier qui connaît tout et qui décide tout. Alors que le producteur est pour la plus part,  un illettré dans l’industrie musicale. De plus en plus d’artistes se produisent seuls par choix volontaire et non par dépit.

Avec donc l’émergence des réseaux sociaux, des vidéos YouTube et autres nouveaux médias, la question se pose également de savoir si les maisons de disques ont toujours un rôle de dénicheurs de talents qu’elles occupaient avant. Car aujourd’hui un artiste a déjà une communauté de plusieurs milliers de personnes avant que la maison de disque s’intéresse à lui. Ce qui était tout l’inverse autrefois.

Néanmoins, ce que nous devons tous retenir ; un artiste ne fait pas une carrière tout seul. Il a besoin d’être entouré de gens en qui il a confiance. Mais ce n’est pas parce que tu es son producteur, qu’il doit avoir confiance à toi.

Retenez bien cette dernière phrase !

LECHAT !

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