Regards

13è édition de Dialogue de Corps: Les réfugiés et déplacés ouvrent le bal

Le Bourgmestre reçoit une feuille route

La 13è édition du festival de danse Dialogue de corps a ouvert ses portes le 9 décembre 2020 au CDC la Termitière en présence du Maire de la ville de Ouagadougou Armand Pierre Béouindé. Une édition placée dans un contexte de crise sanitaire aigue et sécuritaire.

Salia Sanou (A droite) remettant le document au maire de la ville de Ouagadougou Armand BéouindéSalia Sanon (A droite) remettant le document au Maire de Ouagadougou Armand Béouinde

Initiée en 1997 par la Compagnie Salia  Ni Seydou, Dialogue de Cors est incontestablement le rendez-vous incontournable de la création chorégraphique en Afrique. Il s’agit surtout pour le public de découvrir la véritable actualité de la création chorégraphique et c’est également des moments d’échanges et de formation pour bons nombres de professionnels venus de divers horizons.

Pour cette 13è édition qui a ouvert ses rideaux le 9 décembre dernier, c’est une édition exceptionnelle selon les organisateurs, qui se déroulera du 10 au 13 décembre au CDC la Termitière, à l’Institut Français de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Pendant trois à quatre jours, les professionnels de cette filière se pencheront sur plusieurs activités : Des panels et réflexions sur les créations artistiques, les formations, les moments d’échanges et bien sûr les représentations artistiques.

Le collectif Hip Hop en Action

La journée d’ouverture au CDC la Termitière sentait une odeur de rentrée et de retrouvailles. Presque tous les professionnels du monde des arts vivants étaient présents. D’Irène Tassembedo (EDIT) à Amadou Kienou (Professeur en percussion) en passant par Ousmane Boundaoné (Ouaga Film Lab), Boniface Kagambega (ACMUR), Aristide Tarnagda (RECREATRALES), Martin Zongo (CITO), Serge Aimé Coulibaly (Faso Danse Théâtre) et bien d’autres. Ils n’ont pas voulu se faire compter l’évènement. L’ambiance était plus conviviale et tous avaient beaucoup visiblement à se dire. On se croyait à une rentrée scolaire.

le Théâtre Populaire a accueilli la cérémonie d’ouverture

Une cérémonie d’ouverture qui aura inoculé sa dose d’émotion au public, grâce à une prestation inerte et immobile d’une cinquantaine de chorégraphes pendant une trentaine de minute du côté de ce «triste» et mythique théâtre Populaire dépoussiéré pour la circonstance. Une heure plus tard, le public s’est déporté sur la scène du Côté Cour du CDC. En lieu et place de la poésie Danse de Bernadette Dao, c’est le célèbre professeur/Artiste/Chercheur Amadou Kienou qui a magistralement ouvert la soirée par une performance hallucinante de Djembé. Venu fraichement du Canada où il réside, L’un des héritiers  attitré de Baba Kienou, a été le premier à briser le silence voligeant qui commençait à envahir le cérémonial. Entre les discours des organisateurs et le speech du MC, les compagnies et formations de danse défilaient sur scène. Notamment, la formation de danse «Hors Limites» exécutée par 25 réfugiés et déplacés. Formés pendant plusieurs années par les membres de CDC la Termière, ils ont donné un spectacle remarquable sur le thème central «la paix».

 

Amadou Kienou dans ses oeuvres

Longtemps retardé pour attendre impatiemment le bourgmestre de la ville de Ouagadougou, ce dernier est finalement arrivé en pleine prestation. Armand Béouindé, puisqu’il s’agit de lui,  est revenu lors de son discours, sur l’aménagement, la viabilisation et l’accessibilité de ce site que OXYGENE MAG a toujours tant décrié : «La ville de Ouagadougou est résolument engagée aux côtés d’autres structures telles que les ministères de l’Economie et des Finances, de la Culture des Arts et du Tourisme, de l’Institut Français de Ouagadougou, pour l’essor de ce centre unique en son genre en Afrique Occidentale. L’implantation de ce centre dans le quartier de Samandin a apporté un souffle  nouveau dans la vie des riverains. Grâce aussi au CDC la Termitière, beaucoup de jeunes ont pu se reconstruire et se construire à travers la danse qui les a ouverts de bonnes opportunités…Au-delà de ses multiples retombées, nous devons soutenir davantage le CDC la Termitière et le festival Dialogue de Corps. L’un des problèmes majeurs du CDC, est sans contexte, l’enclavement du site, du fait de l’inaccessibilité des voies d’accès. En attendant, une grande réflexion, nous avons tenté de boucher quelques trous afin que l’accessibilité soit beaucoup plus confortable. Nous voulons faire de site-là, un pôle culturel de la ville de Ouagadougou. Non loin d’ici, vous allez voir poser la première pierre du siège du FESPACO»

“L’un des problèmes majeurs du CDC, est sans contexte, l’enclavement du site, du fait de l’inaccessibilité des voies d’accès.” affirme le maire

Pour faciliter et appuyer la mairie à en faire une priorité, le directeur artistique de CDC la Termitière Salia Sanou, est monté prononcer son discours et offrir par la même occasion,  un impressionnant document contenant l’étude que le CDC la Termitière a fait pour l’aménagement du site. «C’est pour vous faciliter sa mise en œuvre » affirme Salia Sanou au Maire.

Cette 13è édition est en train de battre son plein en ce moment du côté de CDC la Termitière avec ce jour 10 décembre avec une table ronde sur le thème : «Le sens de l’esthétique dans la création artistique en lien avec le public ». Dans la soirée, le CDC et l’Institut français de Ouagadougou recevront  sept spectacles dont un venu du Togo : «la quatrième» de Koffi Afiadegnigban. Un du Ghana «Gbei ?! » De Sena Atsugah et du Sénégal «Au-delà d’une apparence » de Roger Sarr. «Remenber Acte I » d’Olivier Gansaoré, «Et si… » de Ousseni Dabaré et «Effet miroir » d’Idrissa Kafando tous du Burkina Faso.

Hervé David HONLA   

 

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