Humeurs

SOTIGUI AWARD 2020 : Emouvant !

Girley JAZAMA, SOTIGUI D’OR 2020

La 5è édition des SOTIGUI AWARD a connu son apothéose le 14 novembre 2020 du côté de la salle Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000. C’est l’héroïne namibienne Girley JAZAMA, toute en larmes , qui a reçu le précieux trophée tant convoité SOTIGUI D’OR 2020

 

«L’acteur mérite qu’on lui déroule le tapis rouge. Il mérite que les lumières et les caméras soient braqués sur lui. Parce qu’il est le message du film que nous vous présentons. C’est cela que Kevin Moné, Président des SOTIGUI AWARD a décidé de vous donner à travers cette cérémonie » Les propos tenus lors de la soirée par la très  charismatique réalisatrice burkinabè Apolline Traoré, résume tout le concept des SOTIGUI. Les acteurs et actrices africains sont des laissés pour compte.

Une salle archicomble

En organisant cette cérémonie d’honneur en leur nom, le Burkina Faso à travers les SOTIGUI se révèle une fois de plus, comme étant la capitale africaine du 7è Art. En tout cas, hier l’esplanade de la salle Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000 confirmait cette affirmation. Malgré la crise sanitaire mondiale liée au Covid-19, les professionnels du cinéma sont venus des quatre coins du monde. Du Sénégal au Cameroun en passant par le Nigéria, la Namibie, le Kenya, le Gabon, les USA, la France, la Martinique, l’Angleterre, le Congo, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Togo, Bénin, Ghana…Tous ont convergé vers Ouagadougou. D’aucuns n’hésitent pas à affirmer que depuis la Covid-19 survenue en mars 2020 en Afrique, un tel évènement culturel n’avait jamais rassemblé autant d’acteurs culturels. «…Vous êtes la preuve vivante que l’Afrique reste résiliente face à cette pandémie. Votre modèle devrait inspirer plus d’un » affirme le Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, présent dans la  salle durant toute la cérémonie qui a duré plus de quatre heure d’horloge.

Le ministre Sango (milieu) entouré de la lauréate Girley JAZAMA et le Président des SOTIGUI (à gauche) Kevin MONE

En dépit du démarrage tardif de la cérémonie dû à cette salle archicomble qui a refusé du monde, les SOTIGUI AWARD 2020 ont connu un triomphe sans précédent.  Le duo des présentateurs de la soirée dirigé par Stéphanie Zongo a respectueusement, sans affolement ni frayeur, gérer toute la cérémonie. Un tel évènement glamour ne peut pas se dérouler sans la présence des médias et surtout des photographes professionnels. Plus d’une vingtaine de médias en ligne étaient en direct. Deux chaines de télévision locale (BF1 et 3TV) retransmettaient également en direct l’évènement. Entre les remises de trophées et discours trois artistes musiciens et comédiens sont venus décompresser les nominés anxieux dans la salle. Fleur a ouvert le bal suivi de l’humoriste El Présidenté qui n’a pas hésité un seul instant à titiller de façon hilarante le Ministre Sango. Dès l’annonce majestueuse de l’artiste Tanya faite par Stéphanie, la salle et notamment les cinéastes étrangers, s’impatientaient de goûter sa prestation de Tanya. Vêtue toute de rose avec ses trois danseuses, l’auteure de «ma bague d’abord» a gazéifié l’auditoire grâce à sa prestation ordonnée.

TANYA a fait bonne impression

Tous les regards étaient rivés sur les acteurs de la célèbre série sénégalaise «Maitresse d’un homme marié » qui étaient loyalement et conséquemment présents dans la salle. La moindre annonce de leur nom engendrait des tonnerres d’applaudissement dans la salle.  Khalima Gadji (Marène Dial), Kader Gadji (Birame Diagne) ou encore Cheikh Babou Gaye (Cheick Diagne), leur moindre déplacement vers la scène était scruté par l’assistance. Cheick Babou Gaye et Kader Gadji ont même, à  la grande joie du public, concocté une petite mise en scène lors de la remise d’un trophée sur le podium.

Kader Gadji (Birame Diagne) ou e

Kader Gadji (Birame Diagne) et Cheikh Babou Gaye (Cheick Diagne),

La touche burkinabè a également été saluée de façon ostentatoire dans la salle. La célébrité hors norme du duo Souké et Sidiki s’est encore magnifiée dans la salle. Leurs collègues sénégalais, ivoiriens etc. n’ont cessé de clamer leur admiration pour ces derniers. «Ils nous ont beaucoup inspiré » affirme l’acteur congolais Olivier Kissita. Justin Ouindiga, Oyou ou encore Hippolyte Ouangrawa ont été acclamé et glorifié dans la salle.

Souké et Sidiki, honorés

Malheureusement, la cérémonie a souvent été entachée des moments de tristesse avec les hommages rendus aux acteurs disparus et leur famille. Certains sont décédés pendant qu’ils étaient en tournage, ce qui a parfois rempli la salle de consternations. De Simon Pierre Nikiema alias Briga à Chadwick Boseman alias T’Challa dans «The Black Panther » en passant par les techniciens et les membres de la famille de certains acteurs, la salle leur a rendu des hommages par des minutes de silence tout au long de la soirée.

Deux discours ont particulièrement captivé le public. Celui du Ministre Sango qui, visiblement a été surpris de la grandeur de cet évènement : «…Quand j’ai vu ce beau public et tous ses acteurs de cinéma, je me suis dit : o’ ministre que tu es, pourquoi tu n’as pas cru au projet de ces gens ? Mais ce n’est pas grave, c’est la cinquième édition, on va rattraper ça lors de la sixième édition… Je prends l’engagement ici, au nom du gouvernement, d’accompagner davantage les SOTIGUI. Même pour cette édition ; mon DAF n’est pas dans la salle, s’il n’y a pas de petites choses à faire encore. Parce que vous avez mouillé le maillot, bravo ! »

“Je prends l’engagement ici, au nom du gouvernement, d’accompagner davantage les SOTIGUI.” Dixit SANGO

Ensuite la distinguée et éloquente réalisatrice de «DESRANCES» Apolline TRAORE n’est pas passé par quatre chemins pour lancer son appel aux autorités et directeurs  généraux des institutions : «…Je m’adresse aussi aux directeurs généraux des institutions privées nationales et internationales, de soutenir cette initiative qui se bâts depuis cinq ans pour valoriser ceux et celles qui prêtent leur image au nom du cinéma africain. Ce soir les plus méritants recevront, des trophées et une reconnaissance. Mais j’espère que l’année prochaine, les lauréats recevront non seulement un trophée, mais une enveloppe conséquente pour leur mérite»

“…j’espère que l’année prochaine, les lauréats recevront non seulement un trophée, mais une enveloppe conséquente pour leur mérite» Apolline TRAORE

Une édition qui a été marquée par des sorties et déclarations émouvantes de tous les récipiendaires. 90% des lauréats qui montaient recevoir leur trophée sur scène, fondaient en larmes. Ils faisaient régulièrement recours à leur «maman» ou «papa». Et les témoignages qui allaient avec étaient encore plus bouleversants et sensibles. Du doyen Gustave Sorgo (Burkina) à la lauréate Girley JAZAMA (Namibie) en passant par Serge Abessolo (Gabon), Blanche Bana (Cameroun), Eléonore Kocty ou encore Khalima Gadji qui a déclaré en larmoyant : «…Je suis passé par plusieurs castings avant que quelqu’un ne puisse me donner ma chance. Parce qu’on me disait : «oui, tu es jolie, mais dans ce milieu, il faut communiquer. Avant j’avais une bègue aigue qui m’empêchait de m’exprimer, je l’ai combattu et aujourd’hui je suis devant vous. Je voudrais remercier la scénariste de la série «Maîtresse d’un homme marié» Kalista Sy, d’avoir cru en moi.», l’émotion avait atteint son paroxysme.

“«…Je suis passé par plusieurs castings avant que quelqu’un ne puisse me donner ma chance” Khalima Gadji

La SOTIGUI D’OR Girley JAZAMA n’a pas, caché un seul instant,  son émotion au moment de recevoir son trophée. Avouant sur le champ qu’elle ne comprenait pas pourquoi on avait appelé son nom, la namibienne a fondu en larmes tout au long de son speech. Ce qui n’a pas laissé indifférent, le Président des SOTIGUI Kevin Moné, lui-même, emporté par cette émotion dans les coulisses.

 

Pour bons nombres de professionnels de la Culture, le Burkina Faso et le gouvernement en particulier, gagnerait à protéger davantage cet évènement en l’inscrivant dans une ligne budgétaire appropriée pour permettre au monde du cinéma africain et surtout des acteurs, actrices africains et de sa diaspora d’avoir simplement : Un statut.

Hervé David HONLA

 

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