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Bilan des Journées de la Clairière : A peine deux éditions

 Facteur de résilience

La ville de Banfora, épicentre d’une culture renfermée sur elle-même, est en train de sortir de sa léthargie. La deuxième édition des «Journées de la Clairière» initiée par la structure GOUAFOPROD que dirige Alphonse Tiéla Karama, aura connu un franc succès en termes d’affluence, de plateau artistique et d’animations.

 

La ville de Banfora située dans le Sud-Ouest du Burkina Faso et fondée en 1903, est la capitale de la région des Cascades et de la province de la Comoé. Encore appelée la «Cité du Paysan noir», est l’une des communes les mieux arrosées du pays avec un cumul pluviométrique moyen annuel de 1021,8mm, réparti sur une moyenne de 70 jours de pluies. Située sur la route nationale 7 à 85 km de Bobo-Dioulasso et à environ 450 km de Ouagadougou. Elle est également située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ivoirienne. C’est une zone stratégique d’expansion et de promotion culturelle.

Hema/Soulama Clarisse, DCPM du Ministère des Infrastructures et Bienvenu Yacou Karama, Administrateur des Services Financiers/Direction Générale du Budget étaient les parrains du festival

Malheureusement, jusqu’en 2019, année de la première édition des JOURNEES DE LA CALIRIERE, il n’y avait aucun évènement culturel d’envergure national et international dans cette cité. C’est un fils de la région, comptable de profession en l’occurrence Alphonse Tièla Karama qui a pris son courage à deux mains et briser ce silence : «L’élément vital d’une société dynamique, c’est sa culture. Car j’ai toujours pensé que la valorisation de son patrimoine culturel passe par la manière de raconter son histoire, de fêter, de nous rappeler le passé, de nous divertir et d’imaginer l’avenir. Elle contribue également à unir les communautés et surtout à bâtir une cohésion sociale grâce au partage dans la différence»,  analyse le PDG de GOUAFOPROD.

Alphonse Tièla Karama, Promoteur des Journées de la Clairière

La naissance des Journées de la Clairière vient donc à point nommé, conjuguer l’ensemble des efforts de la région. Chaque année au mois d’avril, les fils et filles de la région se retrouvent du côté de la Maison des Jeunes et de la Culture, pendant quatre jours pour vibrer aux rythmes des traditions locales, nationales voire internationales. A cause de la maladie à Coronavirus, cette deuxième édition qui s’est déroulée du 29 octobre au 1er novembre 2020, a connu un décalage de date. Ce qui a été un sujet de réflexion pour le comité d’organisation, qui reste perplexe quant au choix des prochaines dates de l’édition.

plus de 4000 festivaliers par jour

Cette deuxième édition a été marquée par une pléthore d’artistes locaux d’obédience internationale. Plus d’une quinzaine d’artistes modernes en live et une trentaine en off (Playback) ont défilé sur cette haute scène. Un record pour un festival dirigé par un privé dans la région. L’épineux problème de l’absence de sponsor n’a pas assombri le punch du promoteur qui a décidé cette année, d’être subtile dans la communication en mettant plus en lumière ce festival à travers le témoignage des autorités de la région.

Sofiano a su bien jouer sa partition

Hema/Soulama Clarisse, DCPM du Ministère des Infrastructures, marraine de cette édition s’est longuement appesantie  sur la cohésion sociale et l’intérêt d’accompagner systématiquement les Journées de la Clairière. Elle s’est physiquement, financièrement et logistiquement investie au quotidien tout au long de l’évènement. Tout comme son confrère Bienvenu Yacou Karama, Administrateur des Services Financiers/Direction Générale du Budget, parrain desdites Journées. Une ouverture le 29 octobre qui a réuni une bonne brochette de personnalités politiques, culturelles, administratives, coutumières et religieuses. Ce qui a davantage donné du tonus à Alphonse de monter sur cette tribune pour passer son message de soutien à la culture du Sud-Ouest à travers l’accompagnement d’une telle initiative.

La troupe Manon a fait montre de tout son talent

A l’esplanade de la Maison des Jeunes et de la Culture de Banfora, une rue marchande jonchait le périmètre et une trentaine de stand gastronomique était tous les jours assiégés par les festivaliers. Environ 4000 festivaliers par jours ont pris part à cette édition. «Nous avons loué les stands à 50 000 F/CFA, mais j’avoue que nous avons fait un bénéfice substantiel de plus 200% » affirme une exposante qui a offert un bonus à toute l’équipe d’OXYGENE MAG à  la fin du festival.

Salimata Salsa Cissé, une éloquence lors de son animation qui a été saluée par le comité d’organisation

La commission technique et la direction artistique ont eu du pain sur la planche. Assurer l’ensemble du live à 18 artistes venus des quatre coins du Burkina Faso, pour une prestation de 25 à 30 mn chacun, ce n’était pas une partie de plaisir à Banfora surtout avec un matériel en deçà des exigences techniques. Une programmation qui a été bien respecté et a tenu toutes ses promesses. Au regard de la pléthore d’artistes, la balance commençait tous les jours dès 14h et s’achevait aux environs de 19h au moment où les festivaliers affluaient le site. A l’absence malheureusement de la régie lumière, c’est la structure N’KO Production qui cumulait deux activités à la fois : Les lampes disposées sur la scène servaient à la fois de régie lumière et d’éclairage pour les cadreurs d’images. Le fond de scène savamment bien monté donnait un éclat particulier au festival. Ce qui donnait du suspens dans les coulisses au moment de l’annonce des artistes ou des présentateurs. Parlant des maîtres de cérémonie (MC), ils étaient au nombre de sept qui se succédaient sur scène tous les soirs. Certains étaient chargés d’annoncer le côté off des Journées avec des passages d’une trentaine d’artistes en herbe évoluant en playback. D’autres faisaient des chassés croisés sur les scènes in. Néanmoins ; deux MC auront été étincelants tout le long du festival. Il s’agit de Salsa Salimata Cissé et Bada qui ont su tenir le public en haleine.

Malgré des soucis techniques, les pianistes ont gardé une bonne ambiance sur scène pendant la prestation de Mariame Rovane

De la première journée du 29 octobre où Imilo Lechanceux avait donné le top départ, jusqu’à l’apothéose de Smarty, le public est resté fidèle et obéissant. Les troupes traditionnelles ont grandement joué leur partition à l’image ; notamment, les troupes Kotta, Percussion Dia et Manon ont contribué à renforcer au sein des ressortissants de la région, ce patrimoine musical qui leur est cher. Au regard d’un petit sondage qui a été effectué au sein du site, à l’issue des Journées de la clairière ; il ressort que les artistes modernes tels que : Josias Bohena, Hamed Smani, Eva 1er, Rovane, Sofiano, Sirani Kouyaté, Oued Mack, Soumaila Kanouté, Awa Boussim et Smarty ont été chatoyants dans leur jeu et spectacle. Malgré les pépins redondants de la sonorisation, celle qui aura su tirer admirablement bien son épingle du jeu, c’est Awa Boussim. Celui qui aura su partagé son rendu au public à travers un spectacle éblouissant, c’est Smarty. Ces deux artistes ont contribué à rehausser l’image de ce festival en deux éditions seulement. Certes les exigences sur la qualité et du professionnalisme dans l’organisation sont récurrents, mais pour un festival qui n’est qu’à sa deuxième édition, l’on pourrait leur concéder le bénéfice de l’indulgence.

Awa Boussim meilleure prestation live…

…Smarty meilleur spectacle.

Néanmoins ; quelques points essentiels méritent d’être améliorés voire modifiés. Le site du festival peut d’ores et déjà changer de lieu pour un espace plus vaste. Les Journées de la Clairière ne doivent uniquement être un rassemblement d’artistes chanteurs/musiciens. C’est avant tout un foisonnement de disciplines et de filières. Par exemple, les conférences et causeries éducatives peuvent être initiées dans la journée avec des thèmes en langues bien précises. Le tourisme doit figurer en pole position dans les programmes et non le greffer en plein festival. L’humour ou encore, une parade d’Art à l’ouverture peuvent être développés. Faire instaurer des techniciens de son et lumière qualifiés avec un backline professionnel. Un directeur artistique du festival doit être désigné. La régie lumière du spectacle doit être distincte de celle des preneurs d’images. Une ouverture vers l’extérieur dans le choix d’artistes est capitale pour favoriser l’intégration et la collaboration des créateurs locaux.

Selon Alphonse Karama (A gauche), la troisième édition auront lieu soit en Avril ou en octobre 2021

Tout porte donc à croire que les JOURNEES de la CLAIRIERE sont de facto en train de devenir dans la cité du Paysan Noir, un facteur essentiel de résilience, de réconciliation et de cohésion sociale. Là  où les politiques seraient en train d’échouer, Alphonse Tièla Krama et son équipe, sont en phase de réussir.

Hervé David HONLA

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