Entretien avec

Année historique pour le BBDA et les journalistes

«Le montant que j’ai perçu était largement au-delà de mes attentes » Dixit Cyr Payim Ouédraogo

Le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA) est en train de procéder depuis le 31 août 2020 aux paiements des droits aux auteurs et éditeurs de presse écrite. La date du 31 août restera gravée dans les annales du droit d’auteur au Burkina Faso et de la presse nationale en général.

Premier du genre en Afrique ; les auteurs et éditeurs de presse écrite perçoivent des droits d’auteur au BBDA. Encadrée par la loi N°048/AN du 12 novembre 2019 portant protection de la propriété littéraire et artistique, cette noble initiative  n’est pas une décision fortuite qui émane uniquement de la structure. Bien au contraire, elle corrobore parfaitement aux règles professionnelles de la Fédération Internationale des Organismes gérant les droits de Reproduction par Reprographie (IFRRO).

Le journaliste devient donc auteur lorsqu’il crée une œuvre de l’esprit originale portant l’empreinte de la personnalité de l’auteur. Le droit d’auteur protège la forme et non l’idée seule. Raison pour laquelle, il était impératif que la presse écrite dans un premier temps, intègre les organismes gérant les droits, à l’image du BBDA au Burkina Faso.

D’autres parts ; le numérique est venue fragiliser l’ensemble des entreprises de presse. Le Bureau Burkinabè de Droit d’Auteur vient donc à point nommé pallier quelque peu ce holdup que fait le numérique aux organes de presse écrite. L’impact du numérique  concerne autant le contenu de la presse écrite que son usage par ses consommateurs. Aujourd’hui, Internet propose des offres à la fois nouvelles mais comparable avec de fonctionnalités innovantes et des services déjà proposés par ladite presse,  mais plus enrichis grâce à la technologie numérique.

Le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur arrive comme une bouée de sauvetage dans ce milieu de la presse écrite qui est la croisée des chemins.

L’irruption des technologies numériques a donc bouleversé non seulement l’économie des médias traditionnels, mais aussi leurs modes d’organisation, leurs structures et leurs contenus. La presse doit désormais disposer d’une capacité d’adaptation permanente, dans un environnement de concurrence qui se renouvelle sans cesse. Le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur arrive comme une bouée de sauvetage dans ce milieu de la presse écrite qui est la croisée des chemins.

L’un des premiers bénéficiaires des droits d’auteurs alloués à la presse écrite est le journal INFO SCIENCES CULTURE, dont son directeur de publication n’est autre que Cyr Payim Ouédraogo. Passé à la caisse du BBDA, il a qualifié cet acte d’hautement symbolique : «Je suis très heureux de faire partie de la première vague des médias et des journalistes à percevoir des droits au BBDA. En plus de cet acte hautement symbolique et historique, il fallait aussi soutenir ce projet novateur, rare initiative du genre sur le continent africain. Le Burkina Faso, à travers le Directeur général Wahabou Bara et sa dynamique équipe, vient de donner une fois de plus un bel exemple…Je félicite l’ensemble des acteurs qui ont œuvré à faire de ce projet une réalité car c’est depuis l’époque du DG Balamine Ouattara que nous avions posé la question des droits d’auteur lors de la visite du directeur général de la CISAC au Burkina Faso. Encore bravo au BBDA ainsi qu’au ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme»

Désormais ; comme les musiciens, les comédiens, les cinéastes, les peintres, les humoristes, les chorégraphes ou encore les auteurs et éditeurs de livres ; il faudrait compter aussi sur l’adhésion des auteurs et éditeurs de presse écrite. Ils bénéficient à part entière de droits d’auteur, au titre des droits de reproduction par reprographie. Ces droits sont perçus par le biais des appareils qui permettent de reproduire les œuvres sur supports graphiques et analogues.

“l’argent a permis de gérer non seulement les journalistes auteurs mais également les autres agents de notre organe de presse” Affirme Cyr Payim

Néanmoins, la collecte des œuvres au niveau de la presse écrite n’a pas été chose aisée, pour une première expérience. «La collecte des œuvres a été très fastidieuse. Cela a certainement réduit l’engouement des médias parce qu’il fallait remplir chaque article sur une fiche. C’est très lourd. Au sein de notre journal, on a dû mettre un comité en place pour remplir les fiches» renchérit le Directeur de publication d’INFO SCIENCES CULTURE.

Contre tout attente ; nombreux sont les responsables d’organes de presse qui lénifiaient ou minimisaient la cagnotte. Cyr Payim Ouédraogo affirme le contraire : «…Le montant perçu était largement au-delà de mes attentes. J’ai essayé de convaincre des confrères à adhérer parce que beaucoup me disaient qu’ils n’allaient pas se fatiguer pour des broutilles. Ces derniers ont eu vraiment tort car l’argent a permis de gérer non seulement les journalistes auteurs mais également les autres agents de notre organe de presse. C’est pour vous dire qu’il est temps que les autres médias et journalistes emboîtent nos pas»

Fort est de constater que l’honneur revient au Bureau Burkinabè de Droit d’auteur à travers son directeur général Wahabou Bara et à son premier responsable, le Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme Abdoul Karim SANGO qui a diligenté le paiement.

Hervé David HONLA

 

 

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