Le Coup d'OXYGENE

Radio Palabre à Koudougou : 25 ans au service du développement

Objectif majeur: Un émetteur de 100 watts

Initialement prévue se dérouler le 26 mars, mais la pandémie de la COVID-19 en a décidé autrement. C’est le 23 juillet 2020 que la radio palabre a célébré les 25 ans de son existence au sein du siège de l’Association Benemnooma, génitrice de ce média d’obédience communautaire sise à Koudougou. Personnalités coutumières, religieuses, politiques et culturelles ne se sont pas fait conter l’évènement. Elles étaient massivement représentées.

 

Radio associative à vocation communautaire, la Radio Palabre a vu le jour 26 mars 1994. Elle naîtra dans un contexte où le paysage médiatique n’était aussi développé, y compris  sur le plan juridique. Il n’y avait pas de textes fiables concernant le fonctionnement des radios privées et surtout communautaires. Cette radio à cette époque ; comblait déjà un vide laissé par la radio nationale à Koudougou. Au fil des années, elle est devenue finalement un important outil de développement dans la province du Boulkiemdé. Indexée aujourd’hui comme le média par excellence de la diffusion des informations de proximité à l’intention des habitants de la cité du Cavalier Rouge, la radio palabre s’exprime à la fois en langue française mais surtout en langue locale avec des formats mieux adaptés au contexte de la population.

“…Pouvoir se doter d’un émetteur puissant de 1000 Watts qui va nous permettre techniquement de couvrir l’ensemble de la région” dixit Koudbi KOALA

Tout est parti de l’Association Benemnooma, selon son fondateur, le célèbre Koudbi Koala : «Beaucoup pensent que l’Association Benemnooma, ce n’est que les NAK. Pourtant ; quand nous avons commencé, c’était surtout l’école et l’éducation en particulier. Des classes de la maternelle jusqu’en Terminal, nous l’avons ici sur le site de l’association. Nous avons plus de 600 élèves chaque année. L’objectif était d’attirer l’attention des populations afin que les gens sachent ce que nous faisons ici à Koudougou. Finalement, nous avons compris que c’est la radio qui pourrait être notre vecteur de communication. Il fallait donc que les gens écoutent la radio dans leur langue, afin de leur donner des informations en rapport avec leur environnement immédiat».

C’est de façon bénévole avec des technologies d’information approximatives  d’où un faible émetteur que le média a vu le jour. La radio Palabre a finalement atteint une vaste section de sa localité qu’elle dessert, du fait que les auditeurs/auditrices s’intéressent généralement aux questions locales. Elle est, par ricochet devenue un excellent moyen de communiquer avec les collectivités parlant une langue autre que le français. Cette radio est aussi et surtout une plateforme d’échange et de partage d’expériences d’où son slogan : «L’arbre à palabre à grande diffusion, votre radio de proximité»

“L’effectif c’est aussi d’accroître l’effectif…” propose le directeur de la radio Simon GANSAORE

En 25 ans, cette radio a contribué à redorer l’image radiophonique du Burkina Faso en général et du Boulkiemdé en particulier. En témoigne son Directeur Simon Gansaoré : «C’est devenu finalement un outil de développement. Nous sommes dans un environnement aujourd’hui, où il faut faire face à plusieurs phénomènes, notamment sur les questions d’extrémisme violent, le débat religieux etc. bref sur les questions sensibles, il faut être prudent. Le témoignage du Président du CSC en dit long: en 25 ans d’existence, il n’a pas connaissance d’un dossier concernant la radio. Nous avons glané des  distinctions çà et là et c’est un motif de satisfaction».

De gauche à droite; le Gouverneur de la région Irène Coulibaly, Koudbi Koala et le Razaang- Naaba Belemwende de Boudry

Il était donc indéniable que le Gouverneur de la Région du Centre-Ouest Irène Coulibaly, le Razaang- Naaba Belemwende de Boudry, Thomas Baguemzanré, le Président du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) Mathias Tankoano, le Président de l’Union Nationale des Radio Libre (UNALFA)  Charlemagne Abissi, ne soient pas à cette célébration surtout autour de la coupure du gâteau de la visite des locaux de ladite radio.

 

En 25 ans d’existence, la radio palabre a cravaché pieds et mains pour rester au firmament de l’information et de la communication. C’est aujourd’hui une dizaine d’employés à temps plein et de nombreux collaborateurs extérieurs.  Mais de grands défis restent toujours à relever et surtout l’acquisition d’un puissant émetteur. «Le défi c’est aussi de pouvoir accroître le personnel afin de se positionner à la même vitesse où vont les informations en ce moment. Nous sommes à six rédactions par jour, il va falloir mobiliser un personnel d’appoint. La formation également est un maillon important dans notre radio au regard de l’avancée de nouvelle technologie de l’information et de la  communication». Relate Simon Gansaoré.

La question de l’acquisition d’un émetteur est revenue de façon redondante, dans le discours du fondateur Koudbi Koala et tout au long de cette célébration. «…Pour le moment, nous couvrons partiellement la région. Comme ambition majeure ; c’est de pouvoir se doter d’un émetteur puissant de 1000 Watts qui va nous permettre techniquement de couvrir l’ensemble de la région».

Pour le moment, radio Palabre émet sur un rayon de 60 à 80 km à la ronde tous les jours de 5h30 à 23h, en français (27%), Mooré (42%), Nuni (3%), Lyélé (5%) et fufuldé (23%).

Hervé David HONLA

 

 

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