Regards

Mousbil : Pourtant, c’est burkinabè!

Honneur aux “Femmes travailleuses”

Lorsqu’il n’est pas galvaudé à des fins rustiques, le folklore reste une propriété collective dynamique et surtout rythmique. Tout artiste musicien qui se lance dans une composition commence d’abord à chercher ses repères. Certains s’identifient soit à une idole peu importe son origine, d’autres vont chercher dans les tréfonds de leur tradition. C’est le cas de Mousbil Kalambanga.

 

Il serait incongru pour un acteur culturel friands de la musique burkinabè d’affirmer qu’il ne le connaît pas. Plus de 16 ans de carrière musicale et surtout aux côtés de l’illustre Zougnazagmda où il a appris à jouer à la calebasse, Mousbil s’affranchira dès qu’il sortira son premier album «Maanif zamana ». Dès sa première apparition sur la scène, il se démarqua par sa musique d’obédience moderne d’inspiration traditionnelle. C’est alors que naîtra une icône de la musique burkinabè ancrée dans le folklore moaga et bissa.

Partagé entre la culture bissa et moaga, le transfuge du «Yin taara liguidi » est une véritable célébrité dans les provinces et surtout en Côte d’Ivoire. Auteur de quatre albums avec des collaborations à succès comme des poids lourds tels que : Dez Altino (Touma), Floby (YItotofan) et Habibou Sawadogo (Sidguiyinga).

Ce qui rend généralement l’ensemble de son auditoire dans une ivresse délirante, c’est le spectacle des instruments locaux employé dans ses chansons : le kundé, la calebasse et le kiéma. C’est en écoutant sa dernière sortie «Femmes travailleuses», tube puisé de son prochain album «Zeimstaaba» que l’on savoure les délices de son immense folklore.

«Femmes travailleuses» est un hommage rendu aux mères et aux femmes, berceau de l’humanité, chanté dans une envolée lyrique aux rythmes sub-sahariens. La combinaison du warba, Djeka et du Chigba avec les complicités de la guitare basse (des glissandos inclus) et du Kundé, bouleversent les habitudes burkimbi. Cette mixture musicale s’étale de façon transversale dans cet album «Zeimstaaba » de 11 titres enregistré au studio de l’indénouable Kevinson Laly.

Dommage pour ces artistes dont le talent ne souffre d’aucune contestation ; mais, c’est à peine qu’on les écoute dans nos grandes métropoles au Burkina Faso. A l’heure où l’affirmation en soi et l’appartenance originelle gagnent du terrain sur la planète, il temps que le Burkina Faso manifeste ostensiblement son patrimoine musical.

Hervé David HONLA

 

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