coup de gueule

Les Travailleurs nuit: Une notice au Gouvernement

 Le collectif rencontre les membres du gouvernement ce lundi

Dans une discothèque bondée de monde aux normes de sécurité sanitaire, DJ, Artistes musiciens, managers, serveuses, cinéastes, danseurs, humoristes, gérants etc. se sont retrouvés devant les hommes et femmes de médias pour exposer le marasme économique qui gangrène leur secteur depuis bientôt quatre mois, suite à la suspension du Gouvernement de leurs activités pour des raisons de COVID-19.

 

Les échanges ont beaucoup gravité autour du «couvre-feu» qui est toujours maintenu par les autorités. Ce qui a asphyxié complètement le secteur. «Nous demandons purement et simplement au Gouvernement de nous laisser travailler…nous ne sommes pas des proxénètes, nous vivons décemment de notre métier comme les fonctionnaires et autres. C’est grâce à ce travail que nous nourrissons nos familles et créons d’autres d’emplois. Malheureusement ce couvre-feu plombe complètement nos activités» s’est longuement exprimé DJ Jeff Le Massa, l’un des organisateurs de ce point de presse.

Depuis le 21 mars, tous acteurs culturels dont 95% de leurs activités se déroulent dans la nuit après 21h, sont aux arrêts. Wakita, Ziza, Maeva, Mister Melo…les artistes musiciens présents à la rencontre, est pour la plupart privés de spectacles. Les discothèques ont toujours été leur scène de promotion et de diffusion. Les managers d’artistes massivement représentés dans la salle avec à leur tête le trio K.I ZERBO (Kenzo Cash Ligdi, Issouf Balima et Ibrahim Zerbo) ont, à maintes reprises initié des activités spectaculaires sur les réseaux sociaux, mais le couvre-feu limite leurs zones de compétences. Les promoteurs d’évènement à l’instar de Yaybi Nong Zama ou Nanan Momo Attry ont mis la clé sous le paillasson pour manque d’activités. Les heures du couvre-feu sont un frein considérable dans la santé de leur industrie musicale. Al Fouss Faso s’est offusqué contre le fait que :  «Toutes les décisions qui sont prises depuis l’avènement de cette pandémie chez nous, vont à l’encontre des acteurs culturels». Pour le DJ/Manager de discothèque Marex Zender: «Nous en avons assez de nous entraider! On s’appelle régulièrement pour se donner de l’argent pour tenir le coup, mais ça ne vas plus! Laissez-nous travailler»

On dénombre plus de 1000 discothèques à Ouagadougou qui emploient au minimum 40 salariés directs. 90% des artistes chanteurs collaborent directement avec ces discothèques. Le secteur du cinéma n’est pas en reste. Pire même; la capitale africaine du cinéma a fermé l’ensemble de ses salles depuis trois mois. Idem pour les centres culturels, représentations de théâtre. Les artistes comédiens ont même voulu organiser un spectacle virtuel au CENASA, mais dès 20h, le public a progressivement quitté les lieux, pour des raisons de couvre-feu.

DJ Jeff Le Massa et Aziz Tiemtore (micro) initiateurs de la conférence de presse

Présents dans la salle munie de leur cache nez, les travailleurs de nuit se sont mués en journalistes pour prendre la parole et manifester leur mécontentement. «Laissez-nous travailler! Pourquoi d’autres secteurs qui rassemblent plus de 1000 personnes par jour et dans le désordre, travaillent aisément et nous qui rassemblons 10 fois moins que ça et dans des conditions d’hygiène impeccables, on nous empêche de travailler?» s’indigne Sawadogo, promoteur de discothèque.

En montant au créneau hier soir dans la discothèque OUAGA VIP, devant les journalistes, les travailleurs de nuit ont tenu un langage pacifique et civique: «Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre. Le secteur culturel est un secteur laissé pour compte par le gouvernement. Notre intention n’est pas d’affronter les pouvoirs publics, nous ne sommes pas dans cet état d’esprit. C’est pour cette raison qu’au plutôt lundi 1er juin, nous allons déposer un mémorandum au Ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme et au Ministre du Commerce, de L’Industrie et de L’Artisanat.» précise Aziz Abdoul Tiemtore, initiateur de ladite rencontre.

Séance tenante, les travailleurs de nuit ont égrené un chapelet de propositions qui a été inscrit dans le mémorandum. Selon Yaybi Nong Zama : «Toutes les discothèques devront disposer des lave mains au savon, des gels hydro-désinfectants et chaque client recevra des mains des agents de sécurité, des cache nez qu’il portera pendant trois heures. Un autre dispositif sanitaire sera déployé dans la salle. Les fauteuils de 12 personnes seront occupés par 9 personnes et ceux 4 personnes seront occupés par 2. Des gels hydro-désinfectants seront disposés sur toutes les tables…»

La question de la limitation du nombre de personnes à 100 dans une grande discothèque. La désinfection quotidienne des toilettes et les diffusions régulières de messages sur les mesures barrières ont été mentionnées. Dans les espaces de projection cinématographique, un dispositif systématique de plusieurs lave-mains sera mis en place autour des salles. Respecter la distanciation sociale en intercalant les fauteuils des cinéphiles dans la salle. Tous munis d’un cache-nez obligatoire. Multiplier les projections du même film pour respecter le quota du nombre de cinéphiles dans la salle. Ouvrir les salles de spectacles pour les concerts et autres activités en respectant le quota du nombre de personnes. Mise aux normes sanitaires des locaux. Respecter la distanciation sociale. Déployer des lave-mains partout et exiger le port du cache nez. Voilà entre autres les propositions qui ont énoncées dans ce long mémorandum.

Hervé David HONLA

 

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