Ladies

Mariam ROVANE, une voix antivirus

 Elle chante comme une fontaine intarissable

Il est parfois plus simple de regarder les autres chanter pour mieux apprendre certaines techniques. Il y n’y a rien de plus logique que de s’approcher auprès des devanciers qui paraient à vos yeux comme des références.

Mariam Rovane est pour beaucoup de mélomanes et artistes musiciens, un exemple de réussite dans la filière chant. Nombreux sont ces artistes en herbe qui rêvent embrasser une carrière à l’image de cette artiste. Mais peu sont ceux et celles, qui, arrivés dans le métier, cherchent à la côtoyer. Ce n’est pas parce qu’on possède un album sur le marché, qu’on doit  se mesurer à son idole.

En prélude de son prochain album, elle présente le 6 mars prochain,”Wend konte”

J’entame mes propos par cette analyse, car embrasser une carrière musicale, sous-entend que l’on doit constamment travailler les compositions de ses chansons. Savoir les formuler, les écrire et les interpréter. Il ne suffit pas seulement d’attraper un micro et dire à l’arrangeur de «balancer un beat» et chanter dessus. Au final, le résultat est lamentable voir piteux.

Il ne suffit pas seulement de faire des phrases trop longues qui vous desserviront plus tard. Rovane illustre parfaitement le bon exemple.

Elle a épuré et nettoyé sa manière de chanter. Elle le fait plus simple et plus propre. On dirait qu’elle parle en chantant. Jamais, vous n’entendrez dans ses chansons qu’elle force sa voix ou qu’elle est arrivée à bout de souffle à la fin des phrases.

Afin de joindre mon article à l’acte, préparez-vous à écouter dans les prochains jours, le tout dernier bijou sonore que Mariam ROVANE a concocté pour nous. Il se nomme tout simplement «Wend Konté ».

C’est d’abord le refrain qui vous cristallise dès la première envolée lyrique de cette dame pétris de talent. Mais il faut surtout vous appesantir sur l’ère de cette mélodie. La rythmique est élégante dépourvue de violence vocale ou instrumentale, où l’on voit souvent un instrument dominé l’autre avec beaucoup de tintamarre. C’est une musique plutôt savamment cadencée et donc l’équilibre des instruments tels que, le piano, la basse et surtout cette guitare solo survole cette mélodie de façon transversale dans un style acoustique qui vous dilate la peau.

Ce qui fera très certainement le succès de ce tube dans quelques jours,  c’est la parfaite harmonie que l’artiste a pu trouver entre cette splendide envolée  de la guitare solo et les différents breaks qui jalonnent ce tube.

N’oubliez surtout pas ce petit balafon qui vient en filigrane au milieu du tube donnant une autre saveur délirante. ROVANE à elle seule, est un véritable délice musical !

Régulièrement, je vous présente certains artistes qui sortent du lot dans notre industrie musicale, beaucoup parmi vous estiment que ce n’est que du griotisme ou des balivernes et pourtant…l’histoire me donne souvent raison. Prenons souvent le soin d’entrer dans l’environnement technique d’une chanson dépourvue de sentimentalisme. Nous finirons par déceler les vrais artistes des autres. Ils sont nombreux qui rôdent autour de nous, mais  malheureusement, nos regards sont orientés chez les voisins ou notre panse.

Ce que ROVANE nous propose en 2020, ne passera pas inaperçue, tout comme les œuvres des artistes précédents qui ont bénéficié de mes analyses. Il y a encore d’autres qui s’annoncent. Mais le plus important, soyons des diffuseurs avisés et dotés d’une critique objective. Cela nous permettra de mettre les meilleurs en lumière pour la crédibilité de notre industrie musicale.

Mais je ne pourrais finir mon analyse sans évoquer la thématique employée par ROVANE dans cette somptueuse mélodie.

«…J’ai tant versé des larmes…j’ai failli maudire mon âme, ma douleur était si grande, je me sentais différente. La douleur de ne pas enfanter, m’a rongé, m’a lessivé…/…Tu m’as laissé à l’abandon comme un déchet, sans te soucier de ma dépression. On aurait dû se soutenir bébé, mais tu as écouté les on-dit, maintenant tu as tout gâché ! »

Un message lourd et émouvant qui donnera du punch aux Femmes marginalisées. Rovane a toujours su employer des mots et des phrases qu’il faut quand il s’agit de lutter pour la cause de la femme. La question de la fécondité est souvent perçue à sens unique dans certains foyers. La stérilité est conjuguée au féminin en Afrique. En effet, la question de l’infertilité, qui englobe la douloureuse situation  de stérilité, reste centrale  du point de vue social et relationnel.  Faiblesse de la nature ou pression familiale du conjoint ? Cette problématique  est un fardeau supplémentaire que la majorité de l’opinion, en Afrique  s’accorde à faire peser sur la femme, alors seule responsable de l’impossibilité de continuer la lignée.

ROVANE le décrit parfaitement dans cette chanson «Wend Konté » avec la complicité d’un excellent clip. Je vous invite humblement à l’écouter dès le 6 mars 2020.

Hervé David HONLA!

 

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