Tapis Rouge

L’année de la reconquête pour Sofiano

L’albatros veut reprendre son envol

Les voies qui mènent au secteur de la musique sont nombreuses, même si elles nécessitent plus ou moins de talent pour certaines, et qu’elles ne sont pas toutes faciles d’accès. La concurrence y étant rude, il faut mieux être bon dans son domaine si on veut avoir une chance de percer. De plus, le passage par un apprentissage constitue généralement une étape nécessaire. Mais même si le talent est obligatoire, les artistes musiciens sont souvent obligés de l’adapter aux réalités commerciales. C’est le cas de l’artiste Sofiane Balzak Kanazoé  dit Sofiano.

 

Surnommé «l’Albatros de la musique burkinabè», Sofiano a présenté ce jour 27 février 2020 avec son nouveau staff au grand complet, son album «Waouu ». Une occasion pour certains hommes et femmes de médias présents, de remuer un peu le passé. D’où l’idée de la structure HIMALAYA HORS MEDIA, d’organiser cette rencontre à bâtons rompus avec la presse dans le but de présenter sa nouvelle vision.

Réputé pour être quelqu’un d’assez atypique et difficile à appréhender, l’on ne pourrait compter le nombre de frasques qu’il possède à son actif, en sept ans de carrière musicale. C’est également grâce à ses sorties médiatiques tonitruantes qu’il s’est fait une notoriété. Il fait partie de cette poignée d’artistes les plus célèbres et les plus adulés par des millions de burkinabè. Sa nouvelle maison de production HIMALAYA HORS MEDIA en a fait même un atout.

de gauche à droite Jérôme ZOMA (PDG HIMALAYA); Sofiano et Kenzo (Manager)

Apparu sur la scène nationale en avril 2014 avec son opus «Dossé» à la faveur d’une conférence de presse tripartite (Weezy, Rama et Sofiano) au Reemdogo dans l’écurie Merveilles, Sofiano possède de nos jours, une trentaine de tubes sorties tant en single, qu’en album. Une quinzaine de collaborations nationales et internationales. Il doit surtout sa réputation grâce à son talent et son audace. Sa musique est un condensé de folklores puisés dans le Kouritenga, région du Centre-Est du Burkina Faso, badigeonné à la sauce de musique urbaine. Il possède cette particularité de  bien manipuler la langue mooré dans des rythmes afrobeat ou encore coupé-décalé. D’où ces nombreuses collaborations avec des artistes ivoiriens tels que ; Serges Beynaud, Erickson le Zoulou, Ariel Sheney…

Dotée d’une voix sensuelle et d’un look de star, il créé une véritable osmose à chaque fois qu’il se produit en spectacle. Son aura lui colle si bien à la peau, à telle enseigne qu’il n’hésite pas souvent à l’utiliser à d’autres fins. Ce qui lui porte souvent préjudice.

les journalistes n’ont pas voulu se faire conter l’événement

En présentant donc son troisième album «Waouu » composé d’une douzaine de titres, l’objectif selon son staff s’était d’abord de renouer une saine collaboration avec toutes les parties prenantes de l’industrie musicale burkinabè. Pour vendre un produit, il faut que ce produit soit attrayant et que sa date de péremption ne soit pas déjà dépassée. Son manager Maurice Zoungrana dit Kenzo Cash Liguidi en est conscient : «Nous vous présentons Sofiano en guise  de renaissance dans le but de reconquérir ses mélomanes ». A-t-il affirmé. En même temps que «Waouu » sonne comme une reconquête, les ambitions sont aussi maousses. «Le titre de cet album en dit long. Je voudrais que cela fasse effet d’éclat et d’explosion vers une carrière logiquement internationale » précise Sofiano.

Trois arrangeurs ont contribué à la réalisation de cet album (Paterne Bayoro, Pissy et Petit Jeannot).  C’est une œuvre qui, dans la forme, ne souffre d’aucune anomalie technique encore moins vocale.  Pour un artiste musicien qui prétend titiller le rude marché international, il fallait impérativement brandir une œuvre de qualité. Premier pallier franchit ! L’autre point positif, c’est la mosaïque des styles musicaux employés dans cet album.  Conquérir une scène de nos jours, c’est aussi savoir happer ce qui est en vogue dans notre industrie musicale tout en intégrant subtilement son identité. Le seul pallier qui reste à franchir, est celui de l’audience. HIMALAYA HORS MEDIA en est également conscient : «Nous avons commencé à faire du porte-à-porte. Car l’essentiel pour nous c’est d’entretenir une communication de proximité avec toute la chaine musicale de notre pays.  Une cohésion d’esprit entre les animateurs radio. Entre les DJ des discothèques. Entre les Journalistes et enfin entre les acteurs du showbiz burkinabè. Notre showbiz se porte mal à la racine, par conséquent, il faudrait qu’on se serre les coudes et que nous fassions fi des rancunes et des vengeances obsolètes » affirme le producteur de l’artiste Jérôme Zoma.

Loin de vouloir demander à Sofiano de changer son comportement où d’estomper ses sorties médiatiques tumultueuses, bien au contraire…c’est en les canalisant avec des objectifs bien déterminés qu’il réussira à s’envoler plus haut à l’image de ce vaste palmipède de mer qu’il veut ressembler.

Hervé David HONLA  

 

 

 

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