Edito

20è SNC 2020 ; A quoi doit-on s’y attendre ?

Une édition des grands enjeux

La prochaine édition de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) s’annonce en grande pompe à l’horizon. Prévue du 28 mars au 04 avril 2020 à Bobo-Dioulasso, le comité d’organisation sera installé ce vendredi 14 février dans la ville de SYA. Oxygenemag.info revient sur les grands enjeux qui attendent cette édition jubilaire.

Il conviendrait que l’Etat burkinabè, dans son grand ensemble, puisse y mettre du sien

Rappelons d’entrée de jeu que ; la Semaine Nationale de la Culture (SNC) est née il y a 37 ans, à la suite de la première édition du Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL). Institué par l’arrêté n°329/ENAC/DGAC du 29 juillet 1983 portant organisation d’un Grand Prix National des Arts et Lettres (GPNAL), puis ensuite, un autre décret a été adopté un an plus tard, celui du n°84/250/CNR/PRES du 27 Juin 1984 portant organisation de la Semaine Nationale de la Culture qui se déroule jusqu’à nos jours, tous les deux ans, dans la capitale culturelle Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. L’un des objectifs de cette biennale c’est de faire découvrir et de valoriser le patrimoine national, tout en stimulant la création artistique et littéraire.

Au-delà de cet aspect de valorisation,  C’est aussi une plateforme d’échanges entre artistes et Hommes de culture burkinabè d’une part et Hommes de culture d’autres pays d’autre part.

Plus de 1500 artistes attendus

Depuis donc 1983 jusqu’à nos jours, certaines réformes ont été faites tant dans la forme que dans le fond, concernant son organisation. Mais fondamentalement, des insuffisances persistent et l’avènement des nouvelles technologies associé à l’épineux problème de la prise en charge des artistes et l’apport des acteurs privés se pose avec acuité. Ainsi donc ; le paysage politique et culturel a pourtant bel et bien changé depuis 1983, et cela commence à remettre en cause les missions régaliennes de la SNC face au contexte actuel. D’autant plus que la toute dernière édition (la 19è) qui avait eu lieu du 24 au 31mars 2018 à Bobo-Dioulasso sous le thème «Sauvegarde des valeurs culturelles : enjeux et défis », avait suscité de vives critiques et controverses. C’est la raison pour laquelle, le Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme avait, dès sa prise de fonction, concocté des Etats Généraux de la SNC.

Ils se sont tenus les 4 et 5 octobres 2018 à Bobo-Dioulasso. Où avaient pris part, une soixantaine de participants: techniciens de la culture, cadres et DG de la SNC, des professionnels des différentes institutions, des responsables des structures faitières, des professionnels du privé, les journalistes culturels… De la déclaration de Matourkou qui avait eu lieu du 22 au 28 avril 1985 à l’atelier de réflexion sur les orientations et le contenu de la 19è édition de la SNC en juillet 2017, tout avait été passé au peigne fin.

…Le Ministère de la Culture des Arts et du Tourisme, dit avoir sa petite idée…

Après donc les différents échanges et débats, un document en guise de recommandations avait vu le jour. Il s’agissait entre autres :

– Du renforcement de la création artistique de la SNC
– De la dynamisation de la SNC entre deux éditions
– L’adoption d’un slogan de la SNC
– La prise d’une résolution par l’administration de conférer à la culture, sa place dans le processus du développement social et économique du pays
– De la prise d’une résolution d’assurer la promotion et consommation des produits culturels artistiques et culturels dans tous les aspects publics à travers les médias, le système éducatif
– De l’amélioration du cachet substantiel des artistes
– L’amélioration des conditions d’hébergement des artistes lors des éditions
– L’établissement des passerelles entre la SNC et le système éducatif national
– D’une fusion de la SNC avec la Maison de la Culture pour donner aux deux institutions leur dynamisme pour leurs permettre de jouer pleinement leurs rôles
– La réintégration des danses d’expressions traditionnelles dans les compétitions
– D’une plus grande professionnalisation de l’organisation de la biennale.

A l’heure où le comité d’organisation de la 20è édition de la SNC est en train de mettre en place, il conviendrait que l’Etat burkinabè, dans son grand ensemble, puisse y mettre du sien de façon conséquente, afin que ces recommandations puissent  se matérialiser sur le terrain.

Selon Patrice Kouraogo (Conseiller spécial du président du Faso, chargé de la  Culture et du Tourisme), la question sur l’avenir de la SNC se résumerait sur la qualité de nos produits culturels et sur l’innovation. «Par exemple au niveau des expositions ; on peut mieux élargir et surtout amener beaucoup d’innovations. Il faudrait que notre SNC puisse être cette gigantesque plateforme de promotion de la culture burkinabè» avait-t-il affirmé.

Parlant de promotion, il avait été mentionné que les lauréats au GPNAL (Grand Prix National des Arts et de Lettres) devraient être une préoccupation majeure pour la SNC et le Ministère. Notamment, explorer d’autres passerelles à l’image de la Diaspora. Des conventions peuvent être paraphées entre les promoteurs des évènements culturels de la diaspora et la SNC. Tout comme avec les festivals et évènements culturels panafricains qu’on y trouve dans la sous-région.

Quant aux cérémonies d’ouverture et de clôture qui causent souvent débat, le Ministère de la Culture des Arts et du Tourisme, dit avoir sa petite astuce…

Tout compte fait, lors de cette édition, le comité d’organisation  peut s’attendre  à gérer plus de 1500 artistes, plus d’une vingtaine de sociétés de masque, une dizaine de groupes spécifiques sans oublier bien sûr, l’aspect sécuritaire. Et sur ce, pendant une dizaine de jours.

Hervé David HONLA

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