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Les “Mercredis de la KFête” avec Achille Ouattara

La qualité du public en dit long

L’institut Français de Ouagadougou a accueilli en grande première le 6 novembre dernier, son concept nouveau «Les mercredis de la Kfête». C’est le virtuose de la guitare Achille Ouattara qui a ouvert le bal devant un public rompus à ce genre de spectacle, qui se raréfie dans la capitale.

En pleine tournée européenne, il fait un escale au Faso

Désormais, tous les mercredis de 19h à 21h, les artistes musiciens défileront sur une modeste scène de la Cafète de l’Institut Français  de Ouagadougou en mode spectacle réduit mais vivant et convivial.  C’est un  judicieux concept  qui s’adresse aux chanteurs et musiciens férus du live toute tendance confondue mais donc le dénominateur commun réside dans le partage, la transmission et la collaboration. En effet, les artistes de tout bord et venant d’horizons divers, qui sont de passage, peuvent faire escale, le temps d’un mercredi à la Kfête pour une jam session.

Pour lancer les hostilités, il ne fallait pas mieux que bassiste émérite Achille Ouattara ! Auteur compositeur et interprète, originaire des Hauts-Bassins, c’est aux côtés de son père musicien, qu’il s’est vite démarqué en jouant à la base et surtout en optant pour une musique gospel à l’église. C’est surtout grâce au regretté batteur Ablo Zon, que ce jeune bassiste se fraya un chemin dans la musique. Des musicologues internationaux à l’instar des bassistes Didier Likeng et Benoît Vanderstraeten ou encore des contrebassistes Alexandre Furnelle et Jean Louis Raasinfosse resteront des personnages clés dans sa formation. Ils lui ont été d’un grand apport dans l’affermissement de sa carrière. Un parcours aujourd’hui jalonné de nombreux spectacles à travers le monde et surtout avec en prime son album «Douahou» sorti en avril 2018.

C’est au détour de sa tournée Européenne et Africaine qui a débuté en mars 2019 et s’achèvera en décembre 2019, que le bassiste a fait escale à l’Institut Français de Ouagadougou. Le temps d’offrir au public très avisé du soir, un spectacle goupillé de toute pièce par l’artiste lui-même et ses collaborateurs ; Moïse Ouattara (batteur), Job (guitariste), Alif Naaba (chanteur) et bien d’autres…

Alif Naaba (à gauche) invité par Achille

C’est un show convivial et participatif où l’hôte de la soirée invitait de temps à autres ses collègues musiciens à le rejoindre sur scène. Ensemble ils surfaient entre le jazz, le swing, le funk, le blues et même du gospel léger sous le regard des caïds des de la musique tels que ; Hassane Dembelé, Sylvain Dando Paré, Awa Melone, Dicko Fils, Makamssa, Alif Naaba, Patrick Kabré, Ibrahim Keita, Freeman Tapily, Charles Bohena ou encore Eliezer Oubda qui assurait la régie technique. «De tel spectacle, je me lance beaucoup plus dans l’improvisation. J’avais certes préparé un set, mais  chaque scène est différente en fonction des personnes qu’on rencontre. Quand les gens causent, ce n’est pas possible d’exécuter certains modules. Parfois j’utilise des voix que j’essaye de mettre en stéréo, mais comme les gens causent, je ne pouvais pas le faire» affirme Achille.

Entre solo et collaboration, Achille Ouattara s’est lancé dans des démonstrations spectaculaires qui n’ont laissé personne indifférent. Le chassé-croisé qu’il faisait entre sa guitare basse et les «Pédales train» ont suscité beaucoup d’admiration de la part du public.  «J’utilise des pédales avec des «loop». C’est-à-dire ; je joue une chanson avec trois accords et dès que j’appuie, il y a eu machine qui enregistre la même chose et refait le tour. Pendant ce temps, je peux jouer autre chose. J’ai la possibilité d’aller dans plusieurs styles et je peux même essayer de sortir des sons de guitare avec ma basse… » Explique l’auteur de «Douahou».

En effet, les pédales overdrive, de réverbération ou loop sont souvent indispensables dans ce genre de spectacle vivant. Car elles améliorent le son et rajoute des effets. C’est un petit dispositif électronique placé devant l’instrumentiste qu’il contrôle avec son pied. Ça lui permet, selon ses caractéristiques, d’appliquer un effet au son branché sur sa basse. Tout son spectacle s’est relativement passé spontanément et sur place. Avec son batteur Moïse Ouattara et grâce à leurs expériences mutuelles, au fur et à mesure qu’ils jouaient,  on n’avait l’impression qu’ils avaient répété la veille. Pourtant rien ! «C’est au feeling qu’on a joué.  Job le guitariste par exemple, a fait une improvisation et nous l’avons directement suivi. Mais c’est moi qui dois souvent diriger pour que cela ne soit pas du désordre.  Honnêtement avec le batteur, on n’a pas répété ! Moise Ouattara et moi, travaillons régulièrement sur des projets ensemble. Donc on se comprend» renchérit Achille Ouattara.

sur scène avec le guitariste Job

Parfois il y a eu des contretemps exécutés à dessein par Moïse lors de ce spectacle. Mais tout a été fait à dessein tout en gardant toujours le tempo en tête. Selon Achille ; Le Jazz dans sa généralité, est une musique très complexe, mais il faut l’aimer pour comprendre.

En jetant un regard panoramique en ce qui concerne la qualité représentative du public présent ce soir-là, l’on pourrait affirmer qu’il a été élitiste. La perception de la musique au Burkina Faso serait-elle clanique ? Seuls les férus de la musique live bien combinée, étaient présents. Les friands des playbacks ne se sont pas aventurés à ce spectacle. Ainsi ; en dehors des créateurs, l’on a pu voir des acteurs culturels à l’instar d’Abdoulaye Diallo (Jazz à Ouaga), Daouda Sané (Wat FM), Dr Ra-Sabla Seydou OUEDRAOGO (Coordonnateur de l’Institut FREE Afrik), Cyrile Yeyé (Afrique Evènementiel), Amandine Ouédraogo (AMANDINE Professionnels), Absiko Koté (Association KAKILLISSO), Konfata Konaté (Graphikulture)…

Sa tournée Européenne baptisée «Faso Funky»  a fait une pause à Ouagadougou. Il reprendra son périple à Paris, Portugal, Belgique… Le batteur Burkinabè Moïse Ouattara et le violoniste  belge Renaud sont les trois acteurs qui participent à ce projet. Un projet qui leur a déjà fait bourlinguer depuis le mars 2019, sur une dizaine de pays. Il s’achève en décembre 2019.

Hervé David HONLA

 

 

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