Edito

12 PCA 2020, les retombés de la culture

Au-delà du prestige !

Le 31 Janvier 2020, sonnera les huit ans sans interruption, que la faramineuse cérémonie des 12 Personnalités Culturelles de l’Année (12 PCA) se tienne dans la capitale Burkinabè. En huit éditions, elle a bousculé plusieurs codes tant sur le plan organisationnel que sur le plan participatif. C’est le seul évènement élitiste organisé dans la salle la plus chère du Burkina Faso sans participation financière du public et surtout avec des artistes triés sur le tas qui jouent en live gratuitement.

Les retombés du brassage 

L’identité d’une Nation repose sur sa culture. Si elle est bafouée, c’est toute une génération qui s’évapore dans la nature. Notre vie la plus noble et naturelle, repose sur nos valeurs culturelles. Par conséquent ; nos ancêtres avaient toujours su envieusement les préserver à l’abri des envahisseurs véreux et malicieux. D’où ce plaidoyer sur la préservation des «contenus africains et nationaux » que certaines institutions à l’instar le Bureau Burkinabè de Droit d’Auteur (BBDA) mènent au quotidien.

Au fil du temps, la modernisation aidant, les termes «ouverture», «mondialisation», «fusion» et surtout «métissage» sont venus démystifier ce mystère qui gravitait autour de nos créations. On vilipende, on profane, on marchande, on détruit et on bâillonne notre patrimoine. Le culte de la tradition a perdu sa sève et son énigme. Conséquence ; la jeunesse est en voie de perdre ses repères. Elle se trouve plus que jamais à la croisée des chemins, ou, fondamentalement, elle ne sait plus à quels saints se vouer.  Beaucoup parmi-elle, ne connaissent plus leur origine, ne parlent plus leur langue vernaculaire et surtout n’arrivent plus à faire le distinguo entre leur culture et celle de l’occident.

Le PCA 2019 du meilleur artiste musicien, FLOBY recevant sa distinction du PDG de Seydoni Production

Mais le fatalisme et l’abdication ne sont pas Africains. Tout n’est pas perdu pour autant ! Il existe encore des niches où sont enfouis et conservés nos vestiges culturels.  Ceux qui les entretiennent jalousement sont appelés des «Gardiens du temple». Ils restent attachés à certaines valeurs bien qu’ils soient issus du monde moderne. Ils repartent voir les ancêtres, échangent avec les initiés, écoutent les griots, portent des talismans et magnifient surtout leur origine à travers ; la danse, le conte, le théâtre, la littérature, l’art plastique, la musique, la poterie, l’art vestimentaire etc.

Elles sont de nos jours appelées dans le monde moderne des «Personnalités Culturelles». C’est parce qu’elles sont de plus en plus minoritaires qu’il serait extrêmement important qu’on les valorise. Ce sont des spécimens rares en voie de disparition qui méritent qu’un hommage leur soit rendu régulièrement.

D’où l’institutionnalisation des 12 PCA depuis 2012!

Le DG du BBDA, Walib Bara, invité régulier des 12 PCA

Contre vents et marées les 12 PCA ont tenu la dragée haute tous les derniers vendredi du premier mois de l’année. Composé d’un comité d’organisation très jeune et moins expérimenté depuis huit ans, ils ont  gardé ce bloc uni et solidaire jusqu’à l’aube de 2020. Aujourd’hui,  ils sont suffisamment aguerris.

Créer pour réunir l’ensemble des acteurs culturels toute filière confondue y compris les sympathisants, les 12 PCA c’est avant tout, une présentation de Vœux entre acteurs culturels, ensuite, une modeste cérémonie de distinction des Personnalités Culturelles qui se sont merveilleusement illustrées tout au long de l’année écoulée. Enfin, c’est aussi les prestations des artistes les plus méritants en live.

Au fil des ans, au regard de l’affluence grandissante, le comité d’organisation a jugé mieux d’être encore plus sélectif quant à la qualité du public et des spectacles. Ainsi donc, les 12 PCA ne visent plus la quantité du public (car ce n’est pas une cérémonie populaire mais glorieuse), mais la qualité des spectacles et des convives. De la Salle des Banquets de Ouaga 2000 à plus de 1000 places, la cérémonie des 12 PCA s’est installée à CANAL OLYMPIA YENNENGA OUAGA 2000 avec 450 places.

Afin de mieux rendre cette réjouissance conviviale et luxuriante, le comité d’organisation confectionnera des cartons d’invitations nominatifs. Ceci dans le but d’éviter que les invités ne trouvent pas de places assises.

Le groupe Faso Djarabi en compagnie de la Capoeria à Villaines (FRANCE)

Reconnus pour affronter certains paliers et braver certains obstacles, les 12 PCA sont aujourd’hui un rendez-vous incontournables dans le monde de la culture Burkinabè. Acteur de cinéma, Artiste musicien, Décoratrice, Chorégraphe, Mannequin,  Plasticien, Styliste, Journaliste, Animateur, Réalisateur, Manager, Producteur, Conteur, instrumentiste, Blogueur… tous se retrouvent dans cette salle pour communier et congratuler ceux et celles qui ont marqué l’année. Cet évènement a également le mérite de mettre sur orbite des jeunes talents peu connus mais artistiquement éloquents. A la suite de leur prestation, ils intègrent aisément l’industrie musicale ou culturelle burkinabè. Des exemples sont légions.

L’évènement a commencé à engranger des succès et une crédibilité, à partir du moment où les thématiques faisaient chavirer le cœur de l’auditoire dans la salle. Le thème dédié en 2018 à la «Diaspora», avait sonné comme un déclic. Grâce à l’invitation de l’artiste charismatique  Kandy Guira (résidant à Paris), le contenu et la crédibilité de cet évènement, connaîtront  un boom considérable. Le thème suivant, sur le «Brassage» en 2019, fera venir sur le sol burkinabè pour la première fois, une association française ESPERANCE, composée d’une dizaine de danseurs et de Capoeristes. Cette collaboration avec les artistes musiciens et percussionnistes burkinabè engendra un vaste projet entre le Burkina Faso et La France. Entre la Commune de Vilaines-La-Juhel et le groupe Faso Djarabi, Zidass, Nabalum, Charles Bohena, sous la direction artistique d’Alif Naaba. Des résidences de création se feront çà et là au Burkina Faso à l’Espace Paongo.

Les Personnalités Culturelles repartent avec de nombreux gadgets des partenaires

L’industrie culturelle et créative passe surtout par des échanges et des collaborations. Les 12 PCA, refusant de se recroqueviller dans le moule des manifestations culturelles à caractères mercantiles, où l’on ne se limite qu’à l’aspect financier, a voulu développer en son sein, une mutualisation de compétences axée sur le brassage culturel. Ainsi donc, la présence de   l’ESPERANCE à Ouagadougou, a procréé un projet sur la Villaines-La-Juhel en France qui a permis à ladite association, d’inviter le groupe Faso Djarabi et l’artiste Zidass en France.

Grâce aux 12 PCA une dizaine d’artistes burkinabè (pour la plupart effectuaient le premier voyage outre atlantique) a séjourné tout le mois de mai 2019 en France aux personnes de bonne volonté : Autorités culturelles burkinabè, Maire de la Vilaines la Juhel, famille du promoteur des 12 PCA, directrice artistique de Faso Djarabi… bref, nous avons cassé notre tirelire pour mener à bien ce projet. Ils sont partis et revenus saint et sauf. Un projet qui a engendré d’autres…le groupe repartira en 2020 pour un vaste module de formation et de spectacles. En huit ans, ce que les 12 PCA ont fait, surprend même l’ensemble du Comité d’organisation.

2020 s’annonce reluisante pour le groupe Faso Djarabi

Cette année, les 12 PCA auront lieu le 31 janvier 2020 dans cette somptueuse salle Canal Olympia Ouaga 2000 sur le thème «Transmission». D’énormes surprises attendent les privilégiés qui recevront un carton d’invitation. L’objectif n’est pas de planter les invités debout dans la salle et faire croire qu’on a l’a rempli. Mais d’assurer une soirée BCBG sélective et conviviale sur  2h 30 mn pas plus. La première conférence de presse se tiendra la semaine prochaine au CAPPUCCINO. Les hommes de médias auront la primeur des innovations qui y seront apportées en 2020.

Dieu Bénisse le Burkina et la Culture en particulier.

Le Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim SANGO, recevant la délégation française ESPERANCE

LECHAT !

 

 

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