Libre Propos

FESTIVAL BABA VILLAGE

Le live c’est avant tout, du spectacle

Ce n’est vraiment pas donné à tout artiste musicien de faire du live et plus encore ; faire du spectacle. J’ai été désappointé de bons nombres d’artistes qui ont presté hier au BABA VILLAGE. Pourtant, des artistes qui chantent avec dextérité et virtuosité. C’est justement lors des festivals intermédiaires de ce genre, que les artistes doivent jauger leur performance pour pouvoir postuler sur les grands festivals comme les NAK, la SNC ou encore le FESPACO.

Les responsabilités peuvent être partagées entre les programmateurs et les artistes certes, mais  Jouer dans un festival c’est différent de jouer dans une soirée de gala, une émission télé ou dans une synagogue. Le public qui se déplace dans un festival s’attend à bouger, danser et communier avec les artistes. Ce n’est pas par ce qu’on est habile en live, qu’il faut juste monter sur scène et reprendre de façon amorphe, quelques tubes de son répertoire. Le live c’est avant tout un partage, une transmission d’émotion et de sensation. C’est le spectacle ! L’artiste ne monte pas sur scène pour recopier mot pour mot, les textes et les notes de sa chanson. On monte sur scène pour haranguer d’abord  la foule.

Véritable cadre d’expression artistique

 

Vous ne verrez jamais Alpha Blondy, Youssou Ndour, Angélique Kidjo, Salif Keita ou encore Fela, malgré le poids de leur âge, jouer à Burning Man Festival au Nevada ou au Festival d’Edimbourg aux Royaume-Uni, comme dans leur salon. Abdoul Aziz Kabore, Kamsy, Charles Bohena, Fadeen … Donnez du plaisir à votre auditoire ! D’autant plus que vous êtes jeunes et en début de carrière. L’essentiel n’est pas d’égrener les chansons de son répertoire mais plutôt de faire le show !

Peut-être aussi que le BABA VILLAGE ou d’autres festivals similaires, devraient revoir la sélection de leurs artistes ou encore alterner leur passage dans l’organigramme du conducteur.

Le conducteur de la soirée d’hier était quelque peu fantomatique. Rendez-vous compte ; que les organisateurs du BABA VILLAGE ont commencé les prestations live à 23h après avoir aligné pendant 3h durant, une armada de polichinelles en playback. Le public monstrueux et impressionnant qui était présent sur le site confirmait tout le bien que l’on pense à ce festival. Malheureusement, dès que les premiers artistes live sont montés timidement sur scène, le public a commencé progressivement à se vider.

Un artiste qui est programmé dans un tel festival, devrait marquer le public dès son entrée sur scène.  Les gens viennent pour s’amuser et non pour écouter vos chansons nonchalantes ou votre voix posée. Choisissez d’entrée de jeu des tubes déménageurs. Ne soyez pas taciturnes sur scène ! Dansez ou faites danser, communier avec la foule, mettez à contribution vos musiciens (batteur, solistes bassistes, percussionnistes, danseurs). Des artistes comme Ismo Vitalo, Mariah Bissongo, Solo Dja Kabaco, Bil Aka Kora ou même encore Floby : observez bien leur prestation en live et vous comprendrez.

Floby, Maître penseur du BABA VILLAGE

Au besoin, pour les organisateurs, alternez le passage de vos artistes. Si vous avez programmé des artistes au profil anxieux et moins enthousiastes sur scène, faites les alterner avec ceux qui savent mettre le show. Entre Charles Bohena et Kamsy par exemple, mettez Solo Dja Kabaco ou Ismo Vitalo entre les deux. Il ne sert à rien d’aligner d’abord tous les artistes débutants au départ et enchainer avec les plus célèbres vers la fin. Le public finira par se lasser et partir avant même que les super stars et les plus harangueurs ne montent sur scène. C’est malheureusement ce qui s’est passé hier au BABA VILLAGE. Avant même que les artistes Ismo Vitalo, Solo Dja Kabaco ou encore Hima Ado ne montent sur scène, les responsables des maquis commençaient à entasser les chaises pour les ranger. Le public vidait le site. Tout simplement parce que les premiers artistes n’ont pas su captiver le public. Heureusement néanmoins, que Fadeen a fait jazzer le public et surtout Floby, quand il a entonné de façon splendide «Wilgi Mam».

Malgré l’éloquence, la galanterie  verbale de l’imprésario Jacky El Feno (qui s’est réajusté) et la présence estimable à la régie d’Eleizer Oubda, le passage des jeunes prodiges du live ne semble pas avoir appâté l’auditoire. Abdoul Aziz Kabore, dans ces premières notes ne s’entendait pas au micro ni à la guitare. Kamsy a été obligé de revoir son câblage sur la scène pendant un quart d’heure. Charles, comme à l’accoutumé est resté souple tout au long de sa prestation.

Ils n’ont pas su impliquer le public lors de leur passage. Ils n’ont pas encensé les musiciens qui les accompagnaient. Aucun parmi ces débutants ne s’est amusé avec le public. Aucune danse, personne n’a bougé, aucune envolés lyrics. Vaut mieux faire trop faire, que de ne rien faire. C’est une règle absolue quand un artiste est sur scène. Il n’a rien à perdre, bien au contraire, il se donne à fond dès qu’il monte. Dites-vous toujours que le public vient se distraire. Alors distrayez-les en vous donnant au maximum. Si vous chantez votre chanson timidement, le public s’ennuiera. Donnez-leur ce qu’ils attendent : Donnez-leur le show. Vivez vos chansons, ne chantez pas pour vous. Chantez pour partager. Le public ne vous connaît pas. Pour qu’ils réagissent, il faut que vous le mettiez en terrain connu pour créer une connexion.

Floby est une véritable légende vivante

Je voudrais, au besoin, pousser ma réflexion sur le BABA VILLAGE plus loin.

J’ai l’impression que le public ne vient que sur ce site pour voir leur star FLOBY.  Certains pensent qu’au BABA VILLAGE, le double KUNDE D’OR joue tous les soirs sur le site. La seule personne qui les intéresse c’est lui. Hier le public n’attendait que FLOBY sur scène. Dès qu’il est monté saluer «sa» foule, aussitôt, elle s’est mise en transe. Dès qu’il a fini, dix minutes après, certains ont commencé à vider les lieux. Mon voisin a soufflé à sa compagne d’une nuit ceci : «Allons maintenant, tu as vu Floby non…il ne joue pas aujourd’hui » ; le couple a  aussitôt vidé le site.

Floby est une véritable légende vivante. Sa présence fait trépider plus d’un. Le public ne vient que sur ce site pour lui témoigner sa gratitude. Un véritable mythe.

Vivement que les artistes qui ont la chance de jouer en live à ce festival, mettent du caractère et de l’audace dans leur prestation.  Que ce festival emboite également le pas du FEMUA à Anoumabo afin que ce festival ne se limite pas seulement aux cotés folklores. L’aspect social, assistance et actions humanitaires vers les personnes marginalisées doivent également faire partie de ses activités pendant le festival. Notamment, dans la journée, d’autant plus que le promoteur est un artiste très sensible pour ses causes.

LECHAT !

 

 

 

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