Regards

BBDA/SACEM face aux membres

Une causerie professionnelle colorée

En prélude de la 4è édition de la rentrée du Droit d’Auteur (RDA) qui aura lieu à Tenkodogo du 24 au 26 octobre 2019, le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur a organisé ce matin 23 octobre, dans la salle de conférence dudit établissement, une causerie professionnelle entre la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique), le BBDA avec ses différents membres, sur les mécanismes de cession de territoire et les conditions d’adhésion à la SACEM. Une causerie qui a été entaché de quelques sauts d’humeurs d’un de ses membres.

SACEM et BBDA autour d’une même table

Grâce à la collaboration étroite qui lient les Directeurs du BBDA, Wahabou Bara et le Directeur Afrique de la SACEM Akotchaye Okio depuis plus décennie, la SACEM est une fois de plus présente (pour la deuxième année consécutive), à la Rentrée du Droit d’Auteur au Burkina Faso. Au-delà de l’invitation officielle, le représentant de la SACEM a bien voulu écorcher son programme pour assister à cette causerie professionnelle initiée par le BBDA. Aux côtés de la Directrice de la documentation générale du BBDA, Célestine Traoré/SOU, ils ont échangé à bâtons rompus avec leurs membres.

L’essentiel des échanges ont porté sur le fonctionnement de la SACEM, ses rapports avec les créateurs africains en général et ceux du Burkina Faso en particulier. La question de l’adhésion et du digital a également été à l’ordre du jour.

les membres du BBDA et certains de la SACEM ont répondu à l’appel

La SACEM c’est : 169.400 membres, 140 millions d’œuvres françaises et étrangères, 167 nationalités représentées, plus 1.9 millions d’œuvres déclarées, 5 205 œuvres déclarées par jour. En sommes c’est le deuxième répertoire export au monde après celui des Anglo-américains.  En effet, la SACEM principalement, collecte l’argent liés aux droits d’auteur en France et les redistribue à ses membres créateurs français et étrangers. A chaque fois qu’il y a diffusion ou reproduction d’une œuvre elle intervient, de plusieurs manières : L’autorisation de diffusion (TV, Radio, discothèque, restaurant) sous la forme de contrat, l’autorisation de reproduction, la perception des droits d’auteurs et la redistribution d’argent aux ayants droits. Elle ne s’occupe que des œuvres issues de la musique, de l’humour, des sketches, des poèmes, de la musique de films, des vidéoclips, des documentaires,  de musique d’œuvres audiovisuelles, des textes de doublages et sous-titrages de films… le répertoire de la SACEM reste le plus vaste au monde. Elle fonctionne selon les principes d’une coopérative qui regroupe les biens de ses sociétaires, les créateurs de musique, afin de négocier la meilleure rémunération possible auprès de l’ensemble des utilisateurs de son répertoire. Son rôle est de négocier, collecter et répartir les droits d’auteur à ses membres.

le Directeur Afrique de la SACEM Akotchaye Okio (milieu) était régulièrement sollicité

Au cours des échanges, un des volets non des moindres a été aussi abordé à la fois par les créateurs et le Directeur Afrique de la SACEM en présence du DG du BBDA présent dans la salle. L’action culturelle à travers le développement et le soutien des initiatives en Afrique fait également partie des prérogatives d’Akotchaye Okio. La SACEM  accompagne le développement des carrières des auteurs-compositeurs, des éditeurs et elle apporte son soutien aux projets de création et de diffusion. Plus de 29 millions d’euro d’aides culturelles ont été octroyés à 2347 projets en 2018. Pour le Directeur Afrique, la SACEM n’est pas venu pour donner de l’appétence aux membres du BBDA afin de venir s’inscrire en France et laisser le BBDA. Mais plutôt d’appréhender à leur guise, le marché international avec l’appui du BBDA en Afrique. Ce qui a suscité quelques échauffourées verbales entre l’artiste Ibrahim Keita, promoteur de SOKO Festival et le Directeur Afrique de la SACEM. L’artiste estimait que «la SACEM est venue au Burkina  en patriarche pour appâter les artistes burkinabè à venir s’inscrire chez eux. Pourtant cette structure ne fait rien pour le développement des artistes burkinabè » ce qu’a réfuté catégoriquement d’Akotchaye Okio ! Ce dernier s’est lancé dans une longue loquacité pour expliquer dans les moindres détails,  le fonctionnement de son département. Ce qui a suscité visiblement des ovations soutenues par d’autres artistes (Alif Naaba, Dez Altino…) qui ont pris la parole plus tard, pour saluer et encourager les initiatives de la SACEM qui, selon eux ;  suscite les échanges de proximité pour mieux informer les acteurs. Le Directeur Général du BBDA a pris également le micro, pour expliciter  les relations qui le lie avec Akotchaye depuis plus d’une décennie. Des actions en cours sont en train d’être mené entre le BBDA et la SACEM conclut-il.

La question fondamentale du numérique a également été abordé par le représentant Afrique de la SACEM. Notamment sur les accords qui régit You Tube, Universal Music  et la SACEM. L’accord conclu début 2013 entre la SACEM, YouTube et Universal Music Publishing International couvre 127 pays à travers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et le sous-continent indien.  Cet accord prend en compte les revenus générés par la plate-forme, les revenus publicitaires ou ceux tirés d’un projet partenariat. Pour chaque contrat, l’objectif est de parvenir à un accord qui protège avant tout leurs membres. Tout en reconnaissant que dans plusieurs pays en Afrique, You Tube est certes présent dans le continent, mais ses revenus ne sont pas substantiels contrairement aux plateformes… «Je suis venu pour vous donner plus de détails concernant les transactions digitales. Rendez-vous à Tenkodogo ! » A-t-il conclut !

Hervé David HONLA

 

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