Entretien avec

Jacques Lamissa Tarpaga (Journaliste/Etudiant à l’ISTIC sortant)

«Ce n’est pas l’argent qui m’intéresse!»

Jacques Lamissa Tarpage est un impétrant de la 31è Promotion à l’ISTIC. C’est la deuxième fois qu’il intègre l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication. D’abord de 2007 à 2009, ensuite il est allé sur le terrain. Cinq après, il est revenu faire le cycle supérieur pour trois ans de formation. Il a fini en avril 2019 après 30 mois de formation. Dans les coulisses de la cérémonie de cette sortie, le nouveau le responsable de la radio régionale de Kaya nous a accordé cet entretien exclusif.

 

Concrètement pour jeune étudiant en journalisme qui veut intégrer l’ISTIC, qu’est-ce qu’on lui propose ?

L’ISTIC à la base, est une école de journalisme pur et dure ! Donc beaucoup d’accents sur la pratique. Pour le jeune qui intègre, il vient d’abord avec un baccalauréat quel que soit la filière  après avoir passé un concours. La matière principale à l’ISTIC c’est la rédaction journalistique. La rédaction journalistique embrasse tous les genres. C’est le principe général du journalisme. Au-delà de ça, avec les modules qui sont développés, il peut faire de la radio, il y a des formations en écriture télé, avec des cas pratiques…Il peut aussi faire l’écriture presse écrite avec des cas pratiques. Pour la presse écrite, c’est encore plus poussé car il y a beaucoup de genres : l’enquête, le reportage, le dossier, le documentaire etc.

“J’aime beaucoup ce métier”

Il y a aujourd’hui beaucoup de branches qui se créent au niveau de l’ISTIC. On parle même de «Communication». Quelles sont-elles ?

A partir des médias classiques, l’ISTIC a évolué sur les médias sociaux. C’est à dire qu’on peut être «journaliste citoyen » et ainsi de suite…L’ISTIC a intégré ça depuis un certain nombre d’années. Effectivement, la nouvelle donne, c’est la communication et relation publique dans le but de tenir compte du besoin sur le terrain. Il y a la filière «Communication et relations publiques». Il y aussi le volet technique. Pour l’une des rares écoles, même dans la sous-région ouest-africaine, c’est une école qui forme des techniciens de médias. Ça peut être dans la réalisation, la gestion des consoles en radio, les caméras, etc. avec un petit plus pour la nouvelle donne, le Journaliste reporter d’Image (JRI).

 

En ce qui vous concerne, on vous voit régulièrement sur le terrain depuis plus de dix ans. Et pourquoi vous continuez à vous former ?

C’est vrai que je suis professionnel depuis quinze ans, en passant par le privé jusqu’au public. Mais ce sont les règles de l’administration qui nous oblige à faire cela. J’ai le niveau BAC+2, ensuite je suis obligé de passer au niveau supérieur. C’est-à-dire Licence+ 3, dans le souci de monter en grade dans la fonction publique. Sinon en termes de techniques ça ne change pas grand-chose. Mais au niveau supérieur, ce qui change, c’est qu’on apprend l’art de gérer les médias. L’économie des médias, la gestion des ressources humaines etc. Ce sont les matières-là qui s’ajoutent pour vous donner plus d’aptitude à être un dirigeant compétent…

…mais bien auparavant, vous avez été cadre dans les médias privés…

Oui ! J’ai commencé le journalisme 2001 à la radio Kourita à Koupèla qui avait été créé en 1999. J’étais au lycée en classe de 1ère ensuite j’ai intégré l’Université en 2002, quand j’étais en Droit, j’ai fait Savane FM de 2004 à 2009. J’ai passé le concours par la suite et j’ai intégré l’administration publique. Voilà, j’exerce toujours le même métier journaliste. Mais c’est vrai qu’entre le public et le privé, il y a cette petite différence là, dans ce sens que ; c’est le service public. Les médias publics que cela soit la RTB, SIDWAYA, sont des instruments qui ont été mis en œuvre pour accompagner la politique générale du Gouvernement en matière de communication. Certes, on se bat pour avoir un peu plus de liberté, mais dans le privé, c’est beaucoup plus indépendant. Comme on le sait ; chaque média possède sa politique et sa ligne éditoriale.  Dans chaque média, il y a des limites en fonction des intérêts du patron.

On vous trouve quelque peu assez énigmatique. Votre parcours est tout de même atypique. Est-ce que tous les étudiants empruntent le même parcours que le vôtre ?

Non pas forcément. J’ai aimé le métier depuis longtemps. Ce n’est pas la recherche de l’argent qui m’intéresse. On me l’a d’ailleurs beaucoup reproché en me disant que « tu aimes trop ton travail». Même à la maison ; je profite pour faire un coucou à mon épouse par ce que  mon travail m’absorbe beaucoup plus que les questions existentielles sociales que je devrais gérer. Je vous l’avoue, le journalisme est un domaine que j’ai beaucoup aimé ! Tout le monde ne peut pas faire comme moi. Quand je m’engage pour quelque chose, je le fais du mieux que je peux.

Présentement, où est-ce que l’administration vous a affectée.

Quand j’ai fini l’école après la soutenance de mon mémoire, on m’a proposé d’être le responsable de la radio régionale de Kaya qui couvre le Centre-Nord. J’ai accepté de prendre cette responsabilité, mais pour moi, ce n’est pas un travail de bureau. Je suis toujours journaliste; que le rédacteur en chef me programme comme tout le monde.

Pour cette 31è Promotion de l’ISTIC, votre choix comme parrain a été porté sur S.E.M Alassane Bala Sakande, Président de l’Assemblée National. Pourquoi ce choix ?

Nous sommes 112  étudiants sortants avec le niveau BAC+ 2 et les niveaux supérieurs. Dans l’administration, nous sommes la dernière promotion des trois ans de formation. L’Etat a ramené la formation à deux ans que ce soit à l’ISTIC, à l’ENAM, à l’ENAREF. On a donc cumulé les deux promotions et au total, nous sommes donc 112. Bala Sakande par ce que  nous avons choisi l’Homme pour son engagement et son action. Parce que le journaliste est également un homme d’action et de principe. Un homme de principe respecte son engagement, sa parole et sa sincérité. Il est considéré pour nous, comme notre porte-parole.

Il a été nommé le 3 octobre dernier, Responsable de la radio régionale de Kaya qui couvre le Centre-Nord

Officiellement sur le terrain et fraichement nommé au Centre-Nord, quelles sont vos perspectives ?

Je suis déjà sur le terrain effectivement, c’est de travailler un peu plus. De donner le meilleur de moi-même et maintenant, je suis dans le management. C’est de mettre en pratique ce que j’ai appris avec les conseils des anciens de l’ISTIC.

Entretien réalisé par Hervé David HONLA

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