Entretien avec

Souleymane Badolo (Professeur de danse vivant aux USA)

«Au Burkina, on donne plus de la valeur aux médiocres qu’aux brillants»

 

Né à Ouagadougou en 1968, Souleymane Badolo a véritablement débuté sa carrière de danseur dans la troupe DAMA (Direction des Arts et des Métiers d’Art) avant de s’initier très vite à la danse contemporaine. Il a participé au spectacle «Figninto» de la Cie Salia ni Seydou qui a connu un succès sans précédent tant au Faso que sur le plan international. Il a fait partie du Ballet National du Burkina avant de travailler avec Mathilde Mounier en 1988. Il a glané de prestigieuse récompense en Europe et aux Etats-Unis où il vit actuellement en tant qu’enseignant et professionnel de la danse contemporaine.
Il s’est livré à cœur ouvert à oxygenemag.info.


Votre dernier séjour au Burkina Faso remonte à quand ?

Je viens deux fois chaque année au Burkina Faso, notamment, les vacances de Noel et les grandes vacances. J’ai ma famille ici. Bref, toute ma vie est ici. C’est vrai que je travaille aux Etats Unis, mais je viens chaque année.

Qu’est-ce que tu fais aux Etats-Unis ?

Je suis chorégraphe, danseur et professeur à Broadway Collège dans l’Etat de New York aux USA. J’enseigne la danse.

Depuis combien d’années es-tu installé là-bas ?

Je faisais des vas et viens entre l’Europe et les Etats-Unis et c’est depuis 2008 que j’ai décidé de m’installer aux Etats-Unis. J’avais décidé de faire mes études en Masters en danse et dans les Arts en général.

Tu fais partie des pionniers de la danse contemporaine au Burkina Faso à l’instar de Sanou Salia, Souleymane S. Boro, Irene Tassembedo. Concrètement, comment est née cette discipline au Burkina Faso ?

Au tout début, dans les 90, ce sont les français qui sont arrivés pour animer des ateliers et stages de danse au Centre Culturel Français de Ouagadougou. C’est comme ça, que nous avons découvert la danse contemporaine. Il y a eu beaucoup de questionnements, car nous étions issus des danses traditionnelles. Pour moi, à cette époque, ce n’était pas de la danse quand je découvrais la chorégraphie. C’est par la suite que j’ai compris. Les pionniers effectivement : il y avait Salia Sanou, Seydou Boro, Blandine Yaméogo, notre doyen Lassane Congo et moi-même. Irène Tassembedo est notre ainée, mais elle était beaucoup installée sur la France. Car, c’est seulement ces dernières années qu’Irène est au Burkina Faso.

Comment la relève s’est faite après ton départ ?

Avant la relève, il y a eu la formation. Avant que je ne commence à travailler avec Salia ni Seydou, j’avais ma compagnie «Kongo» ensuite «Kongo ba Teria” qui ont engendré les pièces «Zalissa» et «Frestancelle». Ces pièces ont beaucoup impacté la danse contemporaine. Nous avons participé aux Grands Prix de la Création Chorégraphique du Burkina Faso, organisé par le Ministère de la Culture. Nous avions, à cette époque été classé troisième. J’étais personnellement frustré des jurys parce qu’ils ne connaissaient pas la danse contemporaine. C’était une autre troupe «Bourgeon» qui avait eu le premier prix et la troupe de danse de Bobo-Dioulasso «Farafina Yelemba» avait été classée deuxième. Mais ce n’était pas de la danse contemporaine qu’ils faisaient. C’était plutôt les ballets africains qu’ils pratiquaient. C’est ce même spectacle que nous avions présenté qui est allé aux Rencontres Chorégraphiques. La formation a commencé quand les Salia venaient pendant les vacances. Ils animaient les ateliers etc. C’est la création majeure de la Compagnie Salia ni Seydou que je nommerais «Figninto», qui s’est véritablement révélée au Burkina Faso. C’est «Figninto» qui a impacté la carrière de Salia ni Seydou au Burkina Faso. Parce que j’étais le troisième danseur de cette création après Seydou et Salia. Il y avait aussi Tim Winsey et Dramane Diabaté qui en faisaient partie. Parallèlement ils animaient des ateliers et moi aussi, quand j’étais sur place, je continuais à former.

Pourquoi ce blackout après cette glorieuse période ? On ne t’a plus vu au-devant de la scène et surtout avec les jeunes.


Quand je suis parti aux Etats-Unis, car nous avions joué dans le film de «Nora» où la première se jouait à New York. J’ai eu des échanges avec d’autres compagnies de danse contemporaine et c’est là que l’intérêt de travailler sur les Etats-Unis m’est venu. Mais, entre-temps, je suis allé aux Etats-Unis plusieurs fois, avant de décider de m’installer. Parce que j’avais envie de continuer mes études. Car au Burkina, les danseurs ne font pas les grandes études en danse. Certains deviennent danseur par contrainte ou accidentellement. Pour moi, je suis devenu danseur parce que je savais où j’allais et ce que je faisais…

…D’où vient ce relâchement avec le pays ?

J’ai donné beaucoup de formations aux jeunes en danse contemporaine. Ce qui m’a déçu, j’ai vu que dans les CV de certains, ils ne mentionnaient pas mon nom. Comme si, je ne suis pas celui qui a été à la base de leur formation avant qu’ils ne puissent rencontrer ceux qu’ils honorent aujourd’hui. C’était une grande déception pour moi ! Je me suis dis, comment être aussi ingrat ?! Je me suis dit ; j’ai fait tout ce travail et c’est comme ça qu’on me récompense ? Même aujourd’hui, quand je pense à cela, ça me rend triste. Je pense qu’entre l’art et l’artiste, celui-ci doit être toujours redevable à son public, à son peuple et à celui qui l’a formé. Je prends un exemple : Une des personnes qui m’a formé ; Dah Léon. Il n’est pas danseur, mais grâce à lui, je suis un excellent danseur ! Et Dah Léon avec Théodore Kafando, ensemble, ils avaient créé une troupe qui ressemblait au Ballet National. Chaque semaine, on nous donnait, 50FCFA ou 100 FCFA pour acheter du savon. Je dois aujourd’hui le succès de ma carrière grâce au Vieux Kafando. Je signe toujours la DAMA : la Direction des Arts et des Métiers d’Arts qui a été la base de ma formation artistique. Malheureusement, beaucoup de jeunes à ce jour refusent cela. Je ne peux pas comprendre ça ! Je leur dispensais des formations gratuitement. Ils prenaient du «carburant» quelque fois et à midi on mangeait ensemble au restaurant. Je me suis investi ! Comment former quelqu’un, le donner à manger, le payer parfois et en retour ; il ne daigne même pas le reconnaître ? Dieu merci, ce sont des jeunes aujourd’hui qui travaillent dans ce métier et nourrissent leur famille. Je suis content et je remercie Dieu pour cela. Ce qui m’a déçu et qui continu de me décevoir, c’est le fait de ne pas reconnaître que «Solo Badolo a participé à ma formation et à mon développement artistique». C’est ce qui fait que, quand je reviens au Burkina, je reste dans mon coin, je finis mes vacances et je repars, c’est comme si, je n’ai jamais existé. Je suis aussi l’un des artistes toute discipline confondue qui a été le plus primé sur le plan international. Avec Salia ni Seydou, nous avons eu les Rencontres Chorégraphiques. Sur le plan national, nous avons eu le Grand Prix National de la Création Chorégraphique. J’ai créé un autre groupe qui s’appelle le «Garage» qui a eu le Premier Prix des Grands Prix de la Création Chorégraphique au Burkina. Aux Etats-Unis, j’ai reçu trois Awards. Je suis le premier Burkinabè à faire un Master en Art. Certes, les autres artistes sont célèbres, chacun à sa célébrité mais, je suis aussi célèbre à ma manière. Je suis très primé à l’extérieur.

Est-ce que le Burkina Faso vous reconnaît comme étant un maillon important ou un élément fondamental dans l’épanouissement de notre culture ?

C’est dommage ! Je le dirai et je vais le répéter ! C’est dommage ! (Ndlr : il reste silencieux et dépité pendant quelques secondes). On donne plus de la valeur aux médiocres, qu’aux brillants. Je n’ai pas peur de le dire et je n’ai pas honte non plus ! Je n’ai jamais été récompensé dans ce pays, comme un artiste qui participe au développement économique, intellectuel, artistique, culturel de ce pays. Il y a beaucoup de personnes qui ont été décorés dans ce pays-là. Mais ils n’ont jamais prouvé à l’international…

…Tu affirmes que n’as jamais été décoré !

Jamais ! Je n’ai jamais été récompensé dans ce pays ! J’ai vu beaucoup de personnes qu’on a appelées devant moi par le Ministère de la Culture des Arts et du Tourisme pour recevoir des médailles. Qu’est ce qu’ils ont apporté au Burkina Faso ? Je suis un artiste international qui a travaillé au nom du Burkina Faso. Je représente le Burkina partout dans le monde. Quand on tape sur Google «Solo Badolo» ; on sait qui est Souleymane Badolo ! Mais pourquoi des gens qui ne sont pas aussi meilleur que Solo Badolo arrivent à avoir des décorations. Et moi Souleymane Badolo, je ne puisse pas en avoir ? Pourquoi ? Qu’est-ce qu’ils ont remporté ? J’ai remporté plusieurs Awards. Sur plan de la formation, éducatif, économique j’apporte. Les jeunes que j’ai formés reviennent avec des devises…

Tu as été tout de même invité au FESPACO…

Je n’ai pas été invité officiellement ! Amadou Bourou, paix à son âme. Bil Aka Kora, Luiz Marquez…Nous avons travaillé sur le projet avec Amadou Bourou pour le spectacle d’ouverture du FESPACO. Tout ce qui a un lien avec la chorégraphie et la danse. Amadou m’avait donné le feu vert de travailler avec les artistes et la musique était destinée à BilAka Kora . Les chevaux étaient à la charge de Luis Marquez. Mais le spectacle appartenait à Amadou Bourou. Ce n’est pas le Ministère de la Culture qui a dit que : «Solo Badolo, nous pensons que tu peux faire quelque chose». J’ai créé aussi un spectacle avec le ballet national avec Toé Emmanuel qui est aussi un chorégraphe. Mais à cause de sa déception, quand bien même, il rentre au Burkina, personne ne le voit. Il a été aussi déçu par des gens qui ont travaillé avec lui. Quand tu es à l’international, tu fais ton travaille, mais quand tu rentres au Burkina Faso chez toi, tu te tais. Parce que tu as été déçu. Beaucoup comme moi, ont été déçu. Ça ne veut pas dire que j’attends quelque chose du Ministère. Je n’attends rien de ce département comme finances ! Je suis une personne qui a toujours su me débrouiller. Car le Ministère n’a même pas d’argent. Comment tu peux demander de l’argent ? Mais c’est la reconnaissance que je demande ! Parce que je fais partie des pionniers de la danse contemporaine au Burkina Faso. Grâce à mon modèle, beaucoup de jeunes sont devenus danseurs. En plus, je suis un fervent croyant. Je suis un musulman. Depuis que je suis dans l’art, je n’ai jamais arrêté, un seul jour, de faire ma prière parce que je suis artiste. Je prie cinq fois par jour, je fais mon jeûne et je monte sur scène. Même si j’ai jeûné, je danse. Je n’ai jamais arrêté, même si je suis dans l’avion. N’importe où je prie ! C’est ce que je veux dire à beaucoup d’artistes. Ils pensent qu’être artistes, c’est quelqu’un qui doit être en marge de la société et des traditions. Etre artiste ne veut pas dire que tu dois avoir un mauvais comportement. J’étais assis à un kiosque dernièrement, un monsieur parlait d’ Amity Méria…J’ai dit que Amity Méria est une Dame que j’aime bien. Parce que la manière qu’elle s’habille décemment et qu’elle se comporte dans la société, c’est un bon exemple pour les artistes. Tout comme Malicka la Slameuse. L’artiste ne veut pas dire dépravation des mœurs. Là ; le monsieur m’a contredit en me disant qu’un artiste doit savoir charmer et séduire dans des tenues et comportements extravagants. Je le lui ai demandé s’il me connaissait en me présentant comme un artiste. Il a refusé catégoriquement de me croire. Car je n’ai pas de boucle d’oreille ou autres accessoires et mon habillement est naturel. Je lui ai invité sur Google en tapant Solo Badolo. Quand il a vérifié séance tenante, pour après me présenter les excuses en me félicitant. Je suis comme tout le monde. C’est une profession et cela ne veut pas dire que cette profession va t’amener à te comporter mal !

Quel regard portes-tu sur la danse contemporaine au Burkina Faso ? Les artistes burkinabè s’illustrent pourtant bien à l’extérieur.

Je prends un exemple sur un jeune chorégraphe du nom de Serge Aimé Coulibaly . Il tourne énormément en ce moment et j’ai beaucoup d’admiration et de respect pour lui. C’est quelqu’un qui sait ce qu’il veut et il porte haut le drapeau et le flambeau national. Quand tu entends parler de Serge Aimé, tu es fier ! C’est quelqu’un qui tourne au moins dix mois dans l’année. C’est énorme ! Et il fait vivre des gens. Je connais beaucoup de jeunes burkinabè danseurs qui travaillent avec lui. Donc ce sont des personnes comme ça, qui apportent beaucoup au Burkina Faso. Il devait avoir une récompense et une reconnaissance. Il possède même son festival à Bobo-Dioulasso. Des personnes comme ça, il faut les encourager. Pas sur le plan financier, parce que ce n’est pas seulement l’argent…quand on parle d’encourager, il y a d’autres manières. Par exemple : sa structure. S’il a besoin d’un espace, on peut lui en donner, à la limite lui donner un terrain. Avec ce terrain, il pourra développer ses activités. Si le Ministère a un peu d’argent, il peut mettre quelque chose à côté pour l’aider pour son électricité ou son eau. C’est quelqu’un qui fait beaucoup pour ce pays. Je prends aussi l’exemple de Bougoubali Sanou, c’est un chorégraphe et entrepreneur culturel qui a aussi son festival «In & Out» à Bobo-Dioulasso, je pense que c’est des gens comme eux, qu’il faut aussi encourager. Je ne parle pas seulement de moi. Ceux-là sont sur terrain au Burkina Faso plus que moi.

Qu’est-ce que concrètement la chorégraphie apporte sur le plan comptable et comment sont gérés les droits en Occident?

La structuration de la chorégraphie en Europe en France par rapport aux USA, est différente. C’est un peu plus difficile aux Etats-Unis qu’en Europe. Honnêtement, pour être danseur ou artiste simplement aux USA, il faut que tu redoubles d’efforts que l’artiste qui vit en Europe ou en Afrique. Beaucoup ont essayé aux Etats-Unis d’être artiste, mais en fin de compte, ils sont obligés d’arrêter et de faire la plonge, le taxi ou autre chose. Il faut impérativement faire des études. Ce n’est pas comme en Europe où n’importe qui peut s’autoproclamer artiste sans faire de grandes études. Aux Etats-Unis, il faut que tu repartes faire des études. Pour sortir en tant qu’artiste, il faut que tu ailles à l’Université avec un diplôme. Vivre de la danse aux USA, ce n’est pas chose facile. Premièrement, tu dois avoir beaucoup de chance et beaucoup de talents. Parce que les artistes américains et les danseurs américains sont très talentueux. Ils savent faire beaucoup de choses et ils ont appris beaucoup. Toi le danseur africain, tu as appris quelques trucs, tu débarques aux states ; le danseur américain travaille trois fois plus que toi. Si tu arrives à sortir du lot, c’est la chance et le travail. Sinon, tu ne pourras pas payer ton loyer. Tu seras obligé de vivoter. De faire du taxi, être vigile, gardien, sécurité ou tu gares les voitures des gens. C’est la pure vérité que je te dis le LECHAT ! Personnellement, je suis rentré par la bonne porte par la grâce de Dieu.

Comment se passe votre quotidien aux USA ?

Ma compagnie s’appelle «Solo Badolo Kongo Bâ » mais je n’utilise pas beaucoup le nom «Kongo bâ». J’utilise plus «Solo Badolo». Je travaille en solo, mais ça dépend des projets. Je fais appel à des danseurs et musiciens qui viennent travailler avec moi. Parce que gérer une compagnie aux USA, ça demande beaucoup de moyens, de personnes et d’énergies. Quand j’ai un projet, j’engage des gens pour bosser dans ce projet. J’enseigne également et c’est l’enseignement qui me permet de vivre beaucoup mieux. Quand par exemple on achète un spectacle, on te donne un budget global. C’est dans ça que tu dois tout payer. Si le spectacle est acheté à 40.000 Dollars, tout y est compris dans ces 40.000 Dollars. C’est-à-dire l’hôtel, les cachets des artistes, les défraiements, les perdîmes, la logistique, le transport etc. on peut tout inclure. Mais, il y a des exceptions quelque fois. On peut parfois ne pas inclure l’hôtel, mais tout le reste y figure. Surtout tu as l’obligation de déclarer tous tes artistes. Tu ne peux pas payer un artiste sans qu’il ne soit déclaré. Parce qu’à la fin de l’année, on va te demander de faire des comptes. «ARS» va te demander ce que tu as fait de cet argent qu’on t’a donné ? Il faut payer les impôts des 40.000 Dollars que tu as bouffés seul, si c’est le cas. Donc, tu ne peux pas bouffer cet argent, il faut que tu déclares tout un chacun, pour que, à la fin de l’année, chacun paie ses impôts. Ça ne doit pas seulement être toi seul qui dois payer les impôts de toute ton équipe. On ne peut pas éviter les impôts aux USA ! Ce n’est même pas possible ! Ce n’est pas comme ici au Burkina Faso, où les artistes ne payent pas les impôts et demandent toujours au BBDA de leur donner l’argent. Comment est-ce que vous pouvez faire vivre le BBDA, l’Etat et le Ministère de la Culture des Arts et du Tourisme quand les artistes ne paient pas les impôts ? Je voulais interpeler mes frères artistes burkinabè : Quand ils disent qu’il n’y a pas d’argent ; le peu que vous gagnez-là, les Etats-Unis aussi c’est pareille. Le peu qu’ils gagnent ils vont payer les impôts, forcé ! Même si tu n’arrives pas à payer ton loyer, la priorité, c’est de payer tes impôts. C’est une obligation et ça prouve que tu es un citoyen qui contribue au développement de ton pays et de ta profession. Si nous avons cette vision, les choses pourront bien évoluer. Malheureusement, nous ne voulons pas contribuer et nous attendons toujours tout de l’Etat. Ce n’est pas normal ! Quand le Ministère paie les artistes au FESPACO, normalement ils devaient reverser quelque chose aussi à l’Etat. Parce qu’ils sont des travailleurs. Ils vont dire, que si nous reversons les gens vont bouffer. Mais le plus important, c’est de reverser d’abord. Ensuite, vous mèneriez d’autres revendications pour le suivi de vos impôts (rires). C’est donc ça mon quotidien. Je suis artistes danseur chorégraphe et professeur et je ne vis que de ça depuis plus de 30 ans. Je n’ai jamais fait un autre métier que celui de danseur. Même à mes débuts, je faisais des animations de danse dans les bars où je faisais circuler mon chapeau et les blancs déposaient des pièces de monnaie. Ma seule passion est la pêche pendant la saison pluvieuse. Mais à part ça, je n’ai jamais su faire autre chose que de danser.

Marié ? Des enfants ?

Oui j’ai quatre enfants et une épouse ici au Burkina Faso à Ouagadougou. Personne ne fait la danse C’est mon fils qui avait voulu faire la danse, après il a abandonné. En vérité ; je ne veux pas que mon fils devienne danseur. C’est un métier qui est très difficile et très ingrat. Quand ça marche bien pour toi, tout le monde est autour de toi. Mais quand ça ne marche pas, ce même monde te rejette. Par contre, c’est un métier noble quand tu travailles et que tu es honnête, tu vivras toujours de ton travail même si c’est difficile. J’en suis une preuve vivante. Soit honnête, travaille dur et le reste, Dieu fera.

Entretien réalisé par Hervé David HONLA

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