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VITHRO

Alphonse Tougouma et Samuel Garané  face aux professionnels de la filière

La deuxième édition de la Vitrine Internationale du Tourisme de l’Hôtellerie et de la Restauration de Ouagadougou (VITHRO) qui se tient à son siège du 29 mars au 5 avril 2019, a reçu en son sein, ce jour 3 avril, deux communicateurs : le Conseiller Technique du Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme Samuel GARANE et le Directeur Général du Fonds de Développement Culturel et Touristique (FCDT) Alphonse Tougouma. Ils ont chacun animé une conférence publique.

 

Le premier Samuel Garané, s’est appesanti sur le thème «Tourisme interne : Quelle stratégie de promotion ? » et le second Alphone Tougouma s’est longuement étalé sur : les conditions de demande de financement, le 3è appel à subvention ainsi que l’ouverture permanente des guichets de crédit pour le compte de l’année 2019.

Sur une population d’environ 19.500.000 habitants, seuls 1,14% de la population visite le Burkina Faso. Ce n’est pas une affirmation gratuite : les Burkinabè ne visitent pas leur pays. Le tourisme interne, c’est-à-dire le  tourisme des visiteurs résidents qui voyagent à l’intérieur du territoire économique  du pays, n’est pratiquement pas développé sur le territoire. Pire encore : lors de la période marquée par des crises socio-politiques, le pays a reçu un coup de massue en plein occipital. Toutefois, les attaques perpétrées par des terroristes et surtout les exactions des populations dans certaines zones du pays où le tourisme est prisé, ont entrainé un ralentissement, voir même l’arrêt  de l’activité touristique.

 

 

1 080 sites touristiques sont inventoriés sur l’ensemble du territoire. Ces sites touristiques du Burkina Faso, malheureusement ne disposent d’aucun équipement attractif, aucune activité n’est développée pour d’avantage faire vivre le secteur et surtout les acteurs qui y travaillent.  Le faible niveau d’aménagement, la fréquentation pauvre des touristes résidents et non-résidents. Cependant sur la plupart de ces sites, il n’existe aucun dispositif de collecte de données sur cette fréquentation.

 

 

Ajouté au problème d’absence de routes d’accès, le Tourisme interne bât de l’aile.  Selon le Conseiller technique Samuel Garané, «l’Etat ne peut pas tout faire…l’industrie touristique à elle seule régénère énormément d’argent. Il suffit simplement de bien s’organiser. Et il faudrait que les acteurs privés s’y impliquent aux côtés de l’administration. Le Tourisme est le secteur qui demande beaucoup de moyens financiers et d’investissement. Les autres pays comme le Maroc, la Tunisie et bien d’autres ont su développer des stratégies, qui, aujourd’hui apportent une plus valu à leur pays… ».

Les participants ont répondu massivement présent

Il n’en demeure pas moins que les responsables hôteliers sont montés au créneau à maintes reprises  pour attirer l’attention des autorités concernant  les manques à gagner sur certains secteurs. La question de «frais de mission» qu’on offre aux agents de l’Etat. Selon les responsables hôteliers, ces frais de mission notamment, pour l’hébergement, sont orientés à d’autres fins par ses agents de l’Etat. «Certains prennent cet argent et partent dormir chez des amis ou des maisons d’hôtes. D’autres préfèrent même dormir dans les voitures de mission, pour bouffer »!  Analyse une responsable de structure hôtelière lors des échanges. Beaucoup ont proposé l’option d’un Bon d’hôtellerie à la place des frais d’Hébergement. Compte tenu du fait que l’industrie de cette filière est en crise depuis 2015, certains ont proposé que l’Etat réoriente leurs taxes afin de mieux relancer leur activité. Selon l’Observatoire Nationale du Tourisme ; Le taux d’occupation des hôtels est en baisse depuis 2015 et se situe à 30,59%. Par conséquent, les recettes des différentes branches de l’activité hôtelière sont en chute vertigineuse, tout comme les recettes des restaurants qui ont accusé une sérieuse dégringolade. Les exemples sont légions. Faites un tour sur l’Avenue Kwameh Krumah.

Les deux communicateurs Samuel Garané et Alphonse Tougouma ont tous accordé leur violon en proposant aux différents acteurs de s’unir d’avantage par le biais des fédérations pour porter haut leurs revendications qui sont d’ailleurs pertinentes. «Parce que venant de nous ; si nous les soumettons à nos responsables, ça sera très mal perçu, au regard de notre statut… » Ont-ils indiqués.

Quant au DG du FDCT, il a profité de cette tribune qu’on lui a offerte pour magnifier son institution en exposant avec prestesse et souplesse, les prouesses que ce Fonds a fait en trois ans d’existence seulement.  Avec une modique cagnotte qui est passée de 500 millions de FCFA au lancement en 2016, à 1 Milliard, de FCFA en Avril 2019, période de lancement du 3è appel à subvention, le FDCT peut s’enorgueillir.

Selon Alphonse Tougouma ; développer une dimension économique de la Culture et du Tourisme au Burkina Faso pour créer des emplois et d’accroitre la contribution des deux secteurs au produit intérieur brut, telle est la mission régalienne du FDCT. «Ne pensez pas, par ailleurs que ce fonds est une caisse où l’on vient simplement s’approvisionner. C’est sur la base des analyses et des études faites par des experts que nous accordons des prêts ou des subventions ».

En effet, au-delà des deux principales activités qui suscitent autant d’intérêt aux associations et aux industries culturelles et touristiques que sont : l’octroi de crédits et l’octroi des subventions, le FDCT procède également à la garantie des prêts, à l’appui du renforcement de capacité et au coachage  du projet.  Seules les entreprises culturelles et touristiques, les associations et coopératives culturelles et touristiques et l’administration culturelle et touristique peuvent bénéficier du financement du FDCT.

En développement de fond en comble les modalités de constitution de dossier, le DG du FDCT a attiré l’attention de son auditoire sur la pertinence du  projet : «On ne monte pas un projet pour avoir de l’argent, mais pour développer des initiatives culturelles ou touristiques communes ». Tout en réitérant les différents acteurs des deux secteurs à s’atteler à déposer leur projet. Au besoin d’approcher des différents agents du FDCT, pour être guidé, Alphonse Tougouma est longuement revenu sur les affirmations erronées qui stipulent que : le montage des dossiers du Fonds est trop compliqué…que les documents à fournir sont épicés. «Pourtant, nous n’avons rien inventé, ni ajouté ! C’est ce que les textes et les exigences que l’administration demande que nous aussi nous réclamons. Ce n’est pas nous qui avons exigé ces documents. Même au niveau de l’apport  du postulant, c’est vous-même qui aviez exigés de verser 20%. Nous-même au niveau du FONDS, avons décidé de prendre 15% » affirme-t-il.

Les conditions préalables sont entre autre :

  • La disposition d’un siège au Burkina Faso
  • Etre à jour vis-à-vis de la règlementation en vigueur dans la filière  qu’on exerce
  • Etre à jour vis-à-vis de la règlementation fiscale et sociale.
  • Avoir au moins 1 an d’existence et conduire des activités dans le domaine de la culture ou du tourisme.
  • S’investir dans un nouveau domaine dépourvu de toute concurrence
  • Disposer des ressources humaines et financières nécessaires pour honorer ses promesses vis-à-vis du Fonds.

 

Une double conférence publique, qui  a suscité des interventions pertinentes et parfois intentionnelles des participants.

LECHAT !

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