Regards

Issa Aimée Ouédraogo (Chorégraphe professionnel Burkinabè)

Le Premier “noir” à dispenser des formations au Conservatoire de Nice

De son vrai nom Issa Ouédraogo, Issa Aimé est originaire de Tougo, une localité située au Nord du Burkina dans la province du Zandoma. C’est à l’âge de 11 ans qu’il sera inoculé par le virus de la danse contemporaine grâce à son mentor aujourd’hui Souleymane Badolo.

Il fait parti de cette poignée de chorégraphes burkinabè qui ont embrassé immédiatement la danse contemporaine sans au préalable débuter par les danses urbaines et traditionnelles. Il intégra le ballet national en 2009 grâce à ses aptitudes poussées en danse contemporaine. C’est durant son passage à cette noble institution, qu’il appréhenda d’autres danses telles que les danses africaines et burkinabè. Durant les deux ans qu’il a passé au ballet National, Issa dégagea d’autres ambitions. Celles de relever d’autres défis et challenges. A cette époque, le Ballet National était dirigé par Yvette Tassembedo, Issa aura illuminé cet ensemble artistique aux côtés des célébrités de nos jours comme Adelaïde Zoma ou encore Ismael, Tecla, Daniel…

«Dans la danse contemporaine, c’est la société qui nous guide. C’est en observant ce qui se passe autour de nous, que nous arrivons à monter nos créations. Raison pour laquelle, nous sommes contemporains car, nous vivons toujours dans le présent » explique Issa Ouédraogo.

Considéré à cette époque de 2009, comme une étoile montante de la danse nouvelle génération, Issa se fera coopté par une icône de la danse, Irène Tassembedo pour l’accompagner dans cette grande aventure artistique qu’est le FESPACO en 2009. Issu de la première promotion de la vague d’honneur de la Centre de Développement Chorégraphique (CDC La Termitière), il a été parmi ceux-là qui auront donné les lettres de noblesse à cette illustre structure dirigée par Salia Ni Seydou aujourd’hui réputé dans le monde. Grâce à son passage au CDC, il se frotta aux chorégraphes internationaux tels que Caroline Carson ou encore Eddy Marlem. C’est dans cette même promotion qu’étaient issus des chorégraphes burkinabè talentueux tels qu’Hamed Sour et bien d’autres…

«Grâce aux différentes représentations que je faisais entre l’Europe et le Burkina dans certaines compagnies, j’ai décidé de m’installer à Cannes pour mieux bâtir ma structure et surtout développer au mieux mes projets à destination de l’Afrique et du Burkina en particulier » renchérit l’artiste. Grâce à sa compagnie Ténè qu’il a créé, il y a plus de 5 ans, Issa possède aujourd’hui à son actif, deux festivals à Cannes. Le Festival de danse et de musique «Les Deux Terres» et le «festival des grillades»

Installé à Cannes depuis 11 ans, Issa développe des initiatives à la fois personnelles et communautaires avec comme point de chute le Burkina Faso. Après son passage exemplaire dans une compagnie à Cannes baptisée « Inghar » le natif du Zandoma a mis sur orbite son premier Solo intitulé «La toile » qui connait jusqu’à ce jour, un succès sans précédent en Europe. Il demeure également le premier noir à avoir dispensé des formations au conservatoire de Nice en France pendant deux ans. Distingué à plusieurs reprises dans la ville de Cannes, il ne rêve que partager de nos jours son expérience auprès de la jeune génération au Faso. Auteur aujourd’hui de six réactions majeures à savoir entre «Le cris du désert», « De nos jours », « la toile » etc.

Aujourd’hui, Issa Aimé Ouédraogo est réputé à Cannes grâce à ce festival annuel «Les deux Terres » né en 2013 qui est à sa 6è édition. Grâce aux autorités de la région et avec l’appui de la MJC de Cannes, ce festival rassemble chaque année les artistes africains et européens pendant trois jours. Très discret voire réservé, il est en train de faire jaillir du côté du Burkina Faso, un centre de formation exclusivement destiné à la danse contemporaine.

Très attendu en Afrique en décembre 2018, Issa transportera dans sa gibecière une création inédite avec comme point d’orgue, la présence des danseurs cooptés au travers de l’ensemble des pays de l’UEMOA. Cette création fera le tour de la sous-région à l’issue de sa résidence.

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