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FEMULIG : Là où tout devrait commencer

Face donc à cette médiocrité caractérisée qui va de mal en pis, certains férus de la musique live, n’ont pas voulu rester de simples observateurs ou attentiste, laissant cette carence gagner du terrain.

Le concept selon lequel l’essor de la musique playback favorise l’émulation des artistes musiciens est complètement erroné et abject. Depuis une vingtaine d’année au Burkina Faso, le secteur de la musique live a été décrit comme un secteur en déclin. Etant avant tout un art, la musique également est une activité culturelle qui a la possibilité de combiner à la fois le son et le rythme. Certains même vont jusqu’à affirmer que la musique est aujourd’hui considérée comme une forme de poésie moderne.

Par conséquent, la musique utilise certains codes et certaines règles de composition, des plus simples aux plus complexes. Pour contourner ses règles certains «artistes» ont subitement apparu sur la scène à la faveur de l’avènement des nouvelles technologies. Les musiques enregistrées ont fait jaillir des artistes synthétiques que j’appelle désespérément des AGM (Artiste Génétiquement Modifié). Ceux-là  biaisent le live en évitant la pratique des instruments. Ignorant même les techniques fondamentales du solfège et de l’orchestration, ils pataugent aveuglement dans l’univers musical, brassant même des millions de FCFA, sans rien connaître de ce métier.

 

Face donc à cette médiocrité caractérisée qui va de mal en pis, certains férus de la musique live, n’ont pas voulu rester de simples observateurs ou attentiste, laissant cette carence gagner du terrain. Ils ont décidé de monter au créneau, d’abord en se constituant en association, puis en organisant un festival exclusivement destiné à la pratique de la musique live.

Ils sont, non seulement des passionnés de la musique mais également, ils le pratique avec dextérité et professionnalisme.  Ce sont les membres de l’Ensemble Musical Le Levain du Burkina Faso en abrégé EMUL-BF qui ont d’ailleurs créé depuis trois ans déjà, le FEMULIG, entendu par FESTIVAL DE LA MUSIQUE LIVE DE GOUNGHIN.

L’objectif primordial de cette association est de valoriser avant tout, les musiciens instrumentistes, la musique live elle-même et bien sur le chant.  Communément appelé les «gomboistes», les instrumentistes sont les maillons forts de la musique live. Malheureusement, de nos jours, ils sont mis en en retrait voire spoliés par certains artistes chanteurs. Ils sont parfois invités dans les studios pour jouer des petites partitions (basse, solo, piano, flute, Djembé, trompette, batterie…) puis après, ils sont payés en monnaie de singe pour ensuite ne plus jamais figurer dans les représentations.

 

Ces pseudos artistes chanteurs préfèrent se produire en playback. Ces derniers estiment que le live serait cher et que le public ne serait également pas friand de ce genre de représentation. Faux ! Rétorque par exemple, Maximilien Some Kpanyane  d’EMUL-BF et membre du comité d’organisation du FEMULIG. «Le métier de musicien instrumentiste est un corps de métier professionnel dont la reconnaissance et la valorisation contribuera sans doute à la lutte contre le chômage, la pauvreté et cela enrichira davantage ces corps de métiers» précise-t-il. C’est la raison pour laquelle, le FEMULIG est donc né.

 

Depuis donc deux ans, une cinquantaine de musiciens instrumentistes organise chaque année, ce festival sur fonds propre au niveau du quartier Gounghin. L’année dernière, lors de la deuxième édition, c’est l’esplanade de l’INJEPS qui avait accueilli l’évènement sous les parrainages de Sams’K Le Jah et d’Amety Méria. Pour les membres d’EMUL-BF, ce festival, est non seulement une aubaine pour les artistes chanteurs de mieux appréhender l’harmonie musicale de façon générale, mais également de décrypter toutes les formes de la pratique live. C’est également, une sorte de recyclage pour les jeunes adeptes de la musique live et de jeunes instrumentistes.

 

Déplorant malheureusement, le manque d’accompagnement criard des pouvoirs publics d’une telle manifestation, le comité d’organisation n’est pas du genre à jeter l’éponge pour des raisons pécuniaires. Ils sont à pied-œuvre en ce moment pour goupiller la troisième édition qui aura lieu du 30 novembre au 2 décembre 2018 dans la cour de l’INAFAC.

 

Une telle manifestation, pouvait ne pas acquérir l’assentiment du premier responsable en charge de la Culture et des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango qui a bien évident accepté de patronner cette 3è édition qui aura lieu sous le thème : «Rôle et place du musicien instrumentiste dans le rayonnement de la musique au Burkina Faso». Le maire de l’Arrondissement n°2 Pierre YANOGO n’a pas voulu rester indifférent, c’est la raison pour laquelle, il a accepté de parrainer cet évènement. Le PDG de HIMALAYA MEDIA GRTOUPE COMMUNICATION Jérôme Zoma et le PDG de SOBCA parrainent également cette édition.

 

Une troisième édition qui connaîtra la participation d’une trentaine de groupe de musique dans une ambiance à la ludique, féérique et festif. Car, le programme de ces 72h du FEMULIG est assez alléchant : La musique moderne et traditionnelle seront au menu pendant toute cette édition avec en prime : des rencontres professionnelles. Ces rencontres professionnelles intégrées par une conférence débat où prendront part ; les musiciens instrumentistes, les vedettes de la chanson, les journalistes et les promoteurs de spectacles. C’est sans langue de bois que les participants aborderont les débats autour du thème de cette édition. L’autre volet tout aussi important, est les masters class. Instrumentistes et artistes partageront leurs expériences autour justement de l’équilibre scénique, l’harmonie, le dialogue musical sur scène etc. Le très talentueux ingénieur de son Eliezer Oubda sera de la partie dans le volet prestations artistiques. Il apportera sa touche professionnelle dans l’animation technique du festival. L’une des innovations majeure de cette édition, c’est la soirée de distinctions destinée aux meilleurs instrumentistes dans presque toutes les catégories (instruments modernes, traditionnels). Dénommés les «Tam-tam du Faso Awards», une vingtaine de récipiendaires repartiront avec des trophées, attestations et lots des partenaires. Afin de mieux partager leurs expériences, d’abord dans la sous-région, le comité d’organisation a fait appel à l’orchestre Bella Mando de la Côte-D’ivoire en qualité d’invité d’honneur. Tout porte à croire que cette troisième édition du FEMULIG fera certainement des vagues au Burkina Faso et surtout au sein de cette structure faitière qu’est, l’industrie musicale.

 

Une aubaine pour les apprenants et les profanes de la musique, d’apprendre.

LECHAT !

 

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