Edito

FONY : Quel peut être son impact dans le développement socioculturel du pays ?

D’autant plus que cette diaspora américaine est suffisamment nanties et souhaitent d’ailleurs apporter, de façon transparente sa contribution dans l’édification de notre pays.

Le Festival Ouaga-New-York sera à sa 4ème édition en septembre prochain du côté de New-York à la faveur de trois jours de festivités le 1er, 2 et 3 septembre 2018.

C’est un secret de polichinelle, l’objectif de ce festival est de contribuer à la promotion et à la valorisation de la culture burkinabè. Il souhaite également favoriser la découverte et la circulation des produits culturels et des artistes du Burkina Faso aux Etats-Unis dans une démarche professionnelle. Ce qui me paraît encore plus intéressant, c’est surtout ce volet d’offrir des opportunités de rencontres et de promotion aux artistes, diffuseurs internationaux et opérateurs culturels.

C’est juste là qu’Oxygenemag.info déclenche son analyse !

«Au-delà de la musique, on s’est dit que le Burkina Faso est un grand pays de culture avec le FESPACO, la SNC, le SIAO, etc. Il nous fallait regrouper tous les acteurs intervenant dans ces secteurs en un seul festival nommé FONY, qui servira de pont culturel entre les deux villes que sont Ouagadougou et New York» affirme le coordonnateur Gerald Kiswendsida Koala. C’est en somme, comme ça qu’est né ce festival.

Ainsi donc, depuis la première édition, ce projet essaye dans la mesure du possible de remplir au mieux sa mission malgré d’énormes difficultés. Surtout financières selon son coordonnateur. Depuis sa première édition, ce festival est réalisé sur un budget de plus 50 millions de FCFA (pour être plus cohérant en tenant compte des tarifications américaines). Les réalités de location des infrastructures, la salle, la sonorisation, les autorisations, les droits d’assurance etc. sont différents du contexte burkinabè.

Pourtant, le FONY amoncelle d’importantes ressources humaines de notre diaspora qui peuvent être capitalisé sur le plan local. C’est surtout une belle passerelle pour cette diaspora d’associer leur compétence autour de cette manifestation pour soutenir leur patrie sur toutes les formes diverses. Plus de 9.000 personnes soit, environ 80 artistes (diaspora et locaux) toutes tendances confondues ont participé aux trois dernières éditions cumulées. Un flux migratoire d’acteurs culturels, politiques et industriels s’effectue chaque année pendant ce festival.

Ce sont des indices de valeurs très importants qui peuvent davantage susciter beaucoup d’admiration auprès de nos institutions et même du privé. Des actions palpables à l’instar des réalisations au Burkina Faso peuvent être des motifs de satisfaction. Des projets de rénovation d’une salle de spectacle de la Maison du Peuple par exemple ou encore la construction d’une couverture de la salle du Théâtre Populaire de Koudougou, peuvent être des retombés financières d’une telle activité. Pourquoi pas l’équipement scénographique des différents espaces de spectacle régulièrement fréquentés par des artistes. Autant de micros actions culturelles qui peuvent impacter positivement les actions menées par notre diaspora américaine par le biais du FONY. D’autant plus que cette diaspora américaine est suffisamment nanties et souhaitent d’ailleurs apporter, de façon transparente sa contribution dans l’édification de notre pays.

Savez-vous ce que les africains peuvent capitaliser leur présence aux USA en leur faveur ?

Bon nombre de nous Africains se déplacent vers des régions métropolitaines, telles que New York, Los Angeles, Washington DC, pour espérer un jour, servir leur pays d’une manière ou d’une autre. Le contexte d’antan a changé où on allait aux Etats-Unis pour épouser la culture américaine et vivre avec eux. Beaucoup souhaitent aujourd’hui conserver la leur voire même consolider davantage liens conjugaux avec ses proches. Suivez mon regard ! On ne marie plus entre américains et africains, mais entre africains et africains.

Alors qu’il y a toujours eu des Africains aux États-Unis, la croissance spectaculaire de l’immigration provenant de ce continent pendant les vingt dernières années leur ont assuré une place importante dans le paysage américain en général, et plus particulièrement dans la communauté afro-américaine.

Dans le passé, la majorité des Afro-américains (faites la nuance), qui ne considéraient pas la présence des immigrants africains comme étant significative, et qui souvent ne savaient même pas qu’ils étaient là, négligeaient la communauté peu importante d’Africains aux États-Unis. Avec le nombre actuel d’immigrants africains, qui est en hausse aux États-Unis, les Afro-américains et les Africains se rencontrent au quotidien, depuis la ville de New York jusqu’aux régions rurales d’Alabama en passant par les États du Midwest tels que l’Ohio et le Minnesota. C’est donc une très bonne opportunité pour nous et pour le FONY en particulier, de faciliter ces rencontres et cette promotion aux artistes, diffuseurs internationaux et opérateurs culturels.

Chaque année le nombre d’Africains arrivant dans les villes américaines s’accroît. En 2001, plus de 25 000 Africains ont immigré aux États-Unis. En 2012, le nombre d’immigrants africains a doublé, atteignant plus de 53 000. En effet, plus de 75% des immigrants africains aux États-Unis aujourd’hui sont arrivés après 2000. En fait, plusieurs historiens jugent que le nombre d’Africains qui ont immigré aux États-Unis depuis 1980 dépasse ceux qui étaient venus aux États-Unis durant toute la période de la traite transatlantique des Noirs.

Donc par conséquent, il serait opportun pour les acteurs culturels burkinabè de travailler en étroite collaboration avec ceux de la diaspora de façon fréquente, dans le but de transmettre notre culture aux autres. Autant, ils vous invitent aux USA, autant, invitez les aussi dans vos manifestations internationales au Burkina Faso.

Dans de nombreux cas c’est souvent un avantage incertain d’être biculturel, uniquement dans le but de répandre sa culture d’origine à d’autres communautés. D’où, à mon avis l’intérêt du FONY.

Mais, un tel projet, ne peut se reposer sur un seul individu. Surtout qu’il ne doit pas être alimenté par la médisance, la cupidité des compatriotes ou encore le sabotage. Faisons fi des divergences politico socioculturelles enh pensant UN et soyons transparents, car le Burkina Faso est unique et indissociable.

Jabbar!

Pour oxygenemag.info

Les plus lus

To Top