Edito

Marley d’Or 2018 : Le mécénat sur la bonne voie ?

Mais s’il faut disséquer les raisons du succès des Marley d’Or, on pourrait le subdiviser en trois points fondamentaux :

Depuis la clôture de la 5è édition des MARLEY D’Or, les débats vont bons trains. D’édition en édition, cette cérémonie de distinction des artistes d’obédience Reggae, unique au monde, ne cesse de battre les records d’audience.

Les raisons de ce succès ne sont pourtant pas à aller chercher ailleurs. On n’est pas obligé de se remuer les méninges pour trouver un quelconque «bouc émissaire». Les MARLEY D’Or reposent tout d’abord sur le caractère populaire et répandu de cette musique.

 

Mais s’il faut disséquer les raisons du succès des Marley d’Or, on pourrait le subdiviser en trois points fondamentaux :

 

Primo : L’impact du reggae dans la culture est indéniable, à la fois dans la société et dans les loisirs. Les paroles et la musique sont un moyen de communication puissant et expriment une culture qui touche les gens. Ce moyen important reflète l’identité et les relations dans la sphère sociale. Depuis Bob Marley, l’ambassadeur du reggae né en Jamaïque, des centaines de messagers rastafariens ont pris la relève. Même si les créateurs de cette musique ont été marginalisés, ils ne sont pas nécessairement relégués à la périphérie de la société. La marginalisation est devenue une étiquette donnant aux artistes un langage universel.

 

Secundo : le promoteur ! Certes c’est un artiste qui a glané des succès sur le plan musical à travers des tubes langoureux tels que «Célestine», « La plus belle» etc. mais, c’est par le reggae qu’il a toujours juré. Au-delà de son amour démesuré pour cette musique, Mahamadi  Ouédraogo dit Madess puis qu’il s’agit de lui, est doté d’un sens inné de la persuasion. Il possède cette capacité d’approche communicationnelle que beaucoup parmi nous ne possède pas. Son langage à la fois cajoleur et franc, teinté d’éloges dissimulés, hypnotise parfois son interlocuteur qui n’hésite pas un seul instant, à apporter sa collaboration d’une manière ou d’une autre.

 

Tercio : Le mécénat. C’est un pan de notre culture qu’on ne développe pas assez. Pourtant, il pourrait être un contrepoids  ou ce bouclier qui résisterait face  à cette crise du financement de la culture et du disque en particulier ainsi qu’à la piraterie.  Les Marley d’Or, demeurent à mon avis, le seul évènement qui sait fondamentalement utiliser le mécénat pour atteindre ses objectifs. On vous dira que le promoteur a eu beaucoup de sponsors pour réaliser les Marley d’Or ! Pourtant «foye !! » c’est le mécénat.

Sachons que le mécénat n’a pas pour objectif de servir l’intérêt direct de l’exploitation d’une activité culturelle. Car ce n’est pas une opération commerciale où les retombées vont légitimement servir celui ou celle qui finance.  C’est une contribution indirecte, aléatoire et généralement non chiffrables. Parfois certains le confonde à un parrainage, mais ce n’est pas forcément le cas.  Les Marley d’Or s’appuient sur cette forme de soutien qui porte ses fruits et de façon transversale pour le grand bien de l’ensemble du comité d’organisation y compris les aspect techniques et logistiques de l’évènement.

 

Donc cette cinquième édition  des Marley d’or qui aura une fois de plus,  connu un franc succès le 11 mai dernier dans la cour du salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) n’est pas dû au «wack » ou à un quelconque appui substantiel  des sponsors.

 

Saluons au passage, le sacre du reggae maker de Bobo-Dioulasso, Big Desal qui désormais suscitera un intérêt particulier de la part des communicateurs, journalistes et directeurs de spectacles.

 

L’un des points d’orgue de cette cérémonie qui se déroule tous les ans à la même date, est cette palette impressionnante de vedettes internationales qui foulent notre sol.  Hamed Faras,  Solo Jah Gunt, Koko Dembele, Kodjo Antwi, Ismael Isaac pour ne citer que ceux-là, si vous les inviter à Bercy à Paris, vous faites salle comble !

 

Ne minimisons pas ce que nous entreprenons aux forceps voire à la sueur de notre front surtout quand il s’agit de contribuer au développement de notre pays.

 

Jabbar !

 

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