interview avec

kundé: interview de charlotte Dipanda

«Je ne connais pas d’artiste burkinabè, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’artiste talentueux au Burkina»

Le journaliste qui affirme qu’il n’est pas inspiré en faisant une interview à cette dame, c’est qu’il est un sacripant.

Non seulement, elle incarne le spectre de la beauté féminine dans toute sa loyauté, mais également elle possède un talent incommensurable. Naturelle, fraiche, spontanée comme une source d’eau claire, Charlotte Dipanda est née le 18 juillet 1985 à Yaoundé, capitale politique du Cameroun, dans une famille ou l’art des sons et de la voix n’ont aucun secret.

Artiste musicienne, chanteuse et auteure-compositrice camerounaise, interprète guitariste. Charlotte détient en ce jour, à ses actifs quatre albums profondément mélodieux les uns que les autres. Avec elle, ses notes musicales prennent vie et les thèmes interpellent et prennent forme. Son aura à travers le monde cristallise l’atmosphère. Sa voix transcende les cultures et les coutumes.

Elle a accordé à oxygenemag.info une interview exclusive où elle revient sur la charpente de sa musique, le rebond de la musique camerounaise, les KUNDE et surtout la polémique sur ses dernières déclarations.

Lisez plutôt !

 

 

Ça fait 24h que t’es au Burkina Faso, quelles sont tes premières impressions ?

 

Il fait très chaud (rires). J’avoue que les burkinabè sont très chaleureux car, chaque fois que je croise quelqu’un dans l’ascenseur, il me dit bonjour. Il y a une certaine hospitalité en eux qui m’impressionne énormément. Je me sens presqu’à domicile.

 

 

Est-ce tu perçois  tout de même cette forte attention des burkinabè sur ta personne ? Beaucoup rêvent te rencontrer et surtout écoutent tes chansons depuis longtemps…

 

Hum ! Je suis honorée. J’avoue que sur ma page Facebook, je reçois beaucoup et beaucoup de messages des burkinabè et chaque fois, ils me demandent quand est-ce que je viens chez eux ? Voilà j’suis là ! Je suis heureuse de savoir que ma musique a pu arriver ici avant moi. Je passerai un bon moment de communion avec le public de Ouaga.

 

Ta musique dit-on, transcende les cultures. Elle serait même intemporelle. Comment arrives-tu à répandre ce style un peu partout ?

 

Je ne pense pas qu’il ait une potion magique ou autre chose. C’est la sincérité de mon propos qui parvient à toucher le maximum de personnes. La vérité que je mets dans les thématiques abordées, ma musique etc. d’autant plus que c’est la même thématique que tout le monde aborde… (Rires) : l’amour, la paix…on veut vivre dans un monde meilleur. C’est ce que je véhicule dans mes chansons. En tant que camerounaise, même à l’intérieur du Cameroun, le fait que je chante dans une langue que tous ne comprennent pas, ils arrivent à se retrouver. C’était déjà une très grande victoire ! Aujourd’hui, je suis heureuse que ma musique traverse les frontières et que les gens écoutent certaines de mes chansons chantées en langue «douala » et autres…

 

Est-ce c’est le fait d’avoir collaboré avec des sommités de la musique telles que Lokua Kanza, Papa Wemba, Manu Dibango, Idrissa Diop, Rokia Traoré ou encore Axelle Red, qui te donne cette aura ?

 

J’avoue que ça aide. Car quand on travaille avec les autres, c’est un peu comme si on allait chercher ces publics là aussi d’une certaine manière. On essaye d’une manière ou d’une autre, de parler à ces gens-là en leur disant : la langue ne devrait pas être une barrière. Nous sommes tous des frères. C’est vrai que moi j’ai beaucoup de chance à collaborer avec ces artistes-là. Aujourd’hui, je fais mon bonhomme de chemin et je continu sur cette lancée.

 

 

Ton album «Massa » sorti en 2015, t’aura hissé au panthéon de la musique africaine. Peut-on affirmer que c’est grâce à cet opus inspiré de musique capverdienne à travers l’icône Césaria Evora, qui aura provoqué ce déclic ?

 

C’est vrai que je possède un parcours assez atypique, car j’ai été choriste pendant longtemps. Le rôle d’une choriste c’est d’être derrière un artiste et dire avec toute la justesse possible en transmettant les émotions que cet artiste voudrait que le public comprenne. C’est ce que je fais avec ma musique aujourd’hui. C’est-à-dire que j’ai envie de créer un pont entre la musique camerounaise et toutes les autres musiques du monde. Et au final ; dire que nous sommes tous frères  quelque part ! J’adore la musique du Cap Vert, j’adore Césaria Evora. J’ai eu la chance de bosser avec Nando, qui a été son arrangeur pendant une dizaine d’année. (NDLR : Nando de son vrai nom Fernando Andrade  est capverdien. Il a longtemps travaillé pour Cesaria Evora).  Quand j’entends cette musique, j’ai l’impression que je suis capverdienne quelque part ! Parce que cette musique me parle. Il y a une sorte d’authenticité musicale qui me rappelle les rivières du Cameroun.

 

 

 

Quelles peuvent être les raisons de ce rebond fulgurant de la musique camerounaise à travers l’Afrique en ce moment ?

Je ne me suis jamais posée la question…mais je pense qu’avant nous, il y avait des grands comme Ben Deca, Dina Bell, Toto Guillaume, Messi martin etc. Je pense que c’est cyclique. Cette musique-là, va passer du Congo, du Gabon, du Cameroun et elle va revenir. Ainsi de suite…Bientôt la musique camerounaise sera peut-être beaucoup saturée et les gens auront besoin d’entendre d’autres choses. Mais je pense qu’aujourd’hui, les artistes camerounais ont compris qu’il fallait se réinventer. Se réinventer ; c’est s’autoriser un peu  d’aller voir ce qui se passe ailleurs sans se renier fondamentalement. C’est ce qui fait aujourd’hui qu’il y a cette sorte de lumière sur la musique camerounaise qui ose ! Par exemple Ténor, il a 19 ans, il est jeune et il écoute autre chose. Il essaye de faire cette musique urbaine qui ne craint rien et qui va se mélanger au bikutsi et continuer dans le hip hop. C’est vraiment une musique qui ose ! Tout simplement parce qu’on est en 2018 et les choses ne se font plus comme il y a 20 ans.

 

 

Les KUNDE, nous y sommes ! Comment t’as été contacté pour y participer ? Est-ce une manifestation que tu découvres ?

 

Non, non…ça fait plusieurs années qu’on m’a invité ici, mais mon calendrier ne m’a pas permis d’honorer les rendez-vous au Burkina. Cette année, ils se sont pris suffisamment tôt et c’est vraiment avec beaucoup de plaisir que j’suis là. Comme je ne suis jamais allé au Burkina, c’était une très belle opportunité d’y venir. Je me suis dit que c’est une bonne occasion de venir partager ma musique avec le peuple burkinabè…

 

…Partager, c’est aussi collaborer avec nos artistes. Est-ce qu’on peut s’attendre à voir charlotte en featuring avec un artiste burkinabè ?

 

Bien sûr ! Absolument. J’aime aller vers les autres et ce rendez-vous de tout bord où les artistes se retrouvent comme un rond-point, c’est fantastique. Nous avons toujours quelque chose à partager entre nous.  C’est avec beaucoup de plaisir que je ferai une collaboration avec les artistes burkinabè.

 

 

 

Tu as accordé un entretien avec un organe de presse de la place en affirmant que tu ne connais aucun artiste burkinabè. Une partie de l’opinion l’aurait très mal perçu. Certains ont même évoqué que tu aurais collaboré avec Amety Méria…

 

…Excuse-moi ; Tu as dit qui ?

…Amety Méria !

 

Je ne la connais pas  (Rires) je suis désolé…

 

Votre réponse a frustré un certain nombre d’internautes …

Ah bon ?!! Je suis désolée, je ne connais pas d’artiste burkinabè mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’artiste talentueux au Burkina. Je suis la première à être surprise qu’on me dise que ma musique est écoutée ici. Vous voyez bien que c’est la première fois que je viens ici. Ça ne peut pas me blesser quand un burkinabè me dis qu’il ne me connaît pas. Parce qu’il y a tellement d’artistes et puis…est ce que la musique burkinabè est diffusée au Cameroun autant que celle du Cameroun au Burkina ? Donc il y a autant de paramètre. Je pense qu’il y a d’énormes talents au Burkina. Et j’ai hâte de les découvrir à travers les KUNDE. Cet évènement sert aussi à ça ! Le fait que les KUNDE déplacent autant d’artistes étrangers, c’est pour faire valoir les talents locaux. Maintenant qu’il y eu la polémique sur ce que j’ai dis, je pense qu’il (rires)… faut que j’aille me cultiver pour mieux connaitre la musique burkinabè. Mais je le ferais avec beaucoup de plaisir.

 

 

Terminons avec ce côté glamour que l’on réserve au KUNDE. Votre passage sur scène sera très attendu. Tenue, bijoux, prestation etc. Quelle forme de plateau allez-vous nous présenter ?

 

(Rires…) on sera en playback  parce que c’est l’organisation qui décide. J’aurai aimé être en live mais bon…voilà ! Les gens qui me connaissent savent que je suis une artiste qui ne fait que du live.

 

Le Chat !

 

 

 

 

 

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