Edito

La Francophonie : Diversité culturelle et linguistique. Comment l’appréhender de nos jours ?

D’où la création de près de  300 centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) dans 21 pays. Ce programme se veut  être un appui aux politiques nationales de  lecture.

J’ai été convié par L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) via la Direction de la Communication de la Presse Ministérielle (DCPM) du MCAT à une conférence portant les actions de l’OIF en matière de langue française, diversité culturelle et linguistique : Cas du Programme des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC). Animée par Ambassadeur Filippe SAVADOGO, cette conférence a permis aux uns et autres d’appréhender la position que la langue française occupe de nos jours face à ses bouleversements sociopolitiques.

Une occasion pour moi de m’appesantir essentiellement sur les valeurs fondamentales de la Francophonie qui peuvent et doivent être au service de la diversité culturelle. Le conférencier en l’occurrence, Monsieur Eric ADJA, (Représentant du Bureau régional de l’OIF pour l’Afrique de l’Ouest) disait toute à l’heure que « L’OIF ne remplace pas les pays, mais elle est présente pour les accompagner». C’est une évidence ! Mais toujours est-il que ; la francophonie d’une manière générale, œuvre pour un accès au savoir et aux produits culturels en langue française. C’est la raison pour laquelle, au-delà de ses multiples actions que je me garde de vous citer ici, cette organisation veut favoriser un contexte qui privilégie les politiques de lecture publique et la reconnaissance des nouveaux talents des  libraires et éditeurs. D’où la création de près de  300 centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) dans 21 pays. Ce programme se veut  être un appui aux politiques nationales de  lecture. Un premier réseau de 14 CLAC a été implanté en RDC (République Démocratique du Congo). Leurs actions portent sur les modules suivants : Le renforcement des capacités et la formation des partenaires locaux, la consolidation des réseaux existants à travers d’importantes dotations de biens culturels et le suivi administratif, budgétaire et financier.

 

En ce qui concerne les biens culturels ; c’est là où l’on constate de façon tangible, cette diversité culturelle inhérente à la francophonie. Il suffit pour s’en convaincre, de regarder de près l’extraordinaire mosaïque des pays francophones sur les cinq continents. On y trouve, de nombreuses cultures et langues du fait du grand nombre de peuples et d’ethnies qu’elle rassemble. Elle est l’exemple par excellence de la diversité linguistique. De très nombreuses langues sont, en effet, parlées dans les pays francophones, surtout en Afrique. Prenons l’exemple du Cameroun, un pays que je connais peut-être le mieux : Plus de 250 langues en usage ont été recensées ! Mais ça ne veut pas dire que les populations en Afrique subsaharienne et dans le monde arabe en particulier, parlent tous français.

 

Selon certains chiffres que je possède en ma possession, il y a environ 200 millions de francophones et francophones partiels dans le monde pour une population totale de 870 millions d’habitants dans l’espace francophone incluant les 14 pays observateurs. À part la France et Monaco où le français est à la fois la seule langue officielle et la langue d’usage presque exclusive, le français n’est souvent parlé que par une minorité dans les autres pays. Il côtoie les langues nationales, régionales ou locales. Il s’avère donc que les francophones hors de la France sont souvent bilingues, voire polyglottes du fait de l’existence des langues locales en usage. Et à contrario, nos langues locales empruntent de plus en plus les termes francophones dans leur vocabulaire. D’où cette diversité culturelle linguistique teintée d’ambigüité. La question que je serai tenté de me poser : Que deviendront nos langues d’origines ? A partir du moment où ce foisonnement linguistique devient de plus en plus courant dans nos sociétés.

 

Selon Eric ADJA (il a été nommé le 24 mars 2017 au poste de Directeur du Bureau Régional de l’Afrique de l’Ouest (BRAO) de l’OIF) ; ce Diplômé d’un Master en Economie Internationale et Globalisation de l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble, également Docteur en sciences du langage et de la communication, affirme qu’«Il faut que nous travaillions beaucoup sur l’éducation avec la promotion des centres de lecture et d’animation culturelle». C’est la raison pour laquelle, il était présent à Ouagadougou avec une bonne partie de ses collaborateurs. Véritable «lieutenant » de Son Excellence Madame Michaëlle JEAN,  Secrétaire Générale de la Francophonie, à qui, il ne cache pas son attachement et surtout le fait qu’il soit en campagne pour sa réélection dans 6 mois, cet homme de l’ombre est un fin défenseur de la diplomatie et de la médiation. Il veut mettre l’accent sur les TIC car ajoute-t-il : «Ils représentent un vivier très dynamique. Cependant, à l’heure des technologies 4.0, l’apprentissage de la lecture reste prioritaire. Mes seuls objectifs reposent sur le développement de la francophonie et sur la promotion de la vision de la francophonie de Madame Michaëlle Jean, à l’international». Conclut-Il.

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