Edito

Balafon Productions«C’est la promotion de la culture burkinabè qui nous intéresse» Dixit Karim Jahkasa

Tout est parti de l’idée d’un jeune artiste qui a fait toute sa carrière artistique à Bobo-Dioulasso. Entre les balafons, la Kora, le Ngoni, la flute et l’arc-à-bouche, Karim Jakhasa s’est retrouvé en train collaborer avec plusieurs artistes tant, ceux issus du ballet national, que ceux qui sont aujourd’hui célèbre au Faso.

Tout est parti de l’idée d’un jeune artiste qui a fait toute sa carrière artistique à Bobo-Dioulasso. Entre les balafons, la Kora, le Ngoni, la flute et l’arc-à-bouche, Karim Jakhasa s’est retrouvé en train collaborer avec plusieurs artistes tant, ceux issus du ballet national, que ceux qui sont aujourd’hui célèbre au Faso.

 

Jahkasa s’est fait une opinion personnelle : celle de faire valoir notre patrimoine culturel vers d’autres cieux. C’est ainsi qu’il a fait de la musique vivante, son cheval de bataille. Il se retrouve en Europe (Lyon/France) vers les années 2008/2009 où il poursuit sa passion, celle de ne faire que de la musique.

 

Contrairement aux artistes, qui n’éprouvaient que le rêve de venir en Europe en passant par le biais de l’art, puis arrivés dans ce Vieux continent, ils abandonnent cette musique pour se consacrer aux cuisses des vielles femmes blanches. Lui Jahkassa, a dit : «je veux vivre de ma musique ici et la promouvoir. Et non d’autres choses !»

 

Présent donc dans cette belle ville lyonnaise, il n’oublie pas de faire régulièrement des vas-et-viens entre Bobo-Dioulasso et Lyon tout en suivant quotidiennement l’actualité culturelle de son pays. De temps à autres, il monte au créneau pour dénoncer le copinage qui gangrène le showbiz burkinabè qui ; selon lui propulse certains artistes «médiocres » au devant de la scène, ne maitrisant pas le live au détriment de ceux qui véhiculent la vraie musique puisée de notre terroir. Mal compris par certains pourtant adulé à Lyon et ailleurs (j’en suis témoins) Jakhasa fait parti de nos artiste de la diaspora française (malgré son jeune âge) qui magnifie son pays musicalement. Partout où il se présente en public, il est accueilli et accosté en qualité d’ambassadeur. Il n’hésite pas à afficher à la fois son africanité et surtout son burkindisme dans son environnement. C’est parfois en dioula qu’il parle aux «blancs » malgré qu’ils comprennent que dalle. Très ouvert au public, il propage de la gaieté et de l’ambiance partout où il va.

 

Il lance entre temps la «Nuit du Reggae » à Bobo-Dioulasso, qui est aujourd’hui à sa 3è édition et s’entoure de plusieurs artistes tant burkinabè qu’occidentaux. Il fait surtout plusieurs rencontres sur de nombreuses scènes en Europe où il est programmé soit avec son groupe ou avec Bomboro Kosso. Sa notoriété dans le milieu artistique villeurbannais commence a dépassé le cercle communautaire. Il devient un artiste sans frontière transportant son identité burkinabè.

 

Fin observateur de la chose culturelle de son pays, il entreprend de fonder un projet qui gravite autour de la promotion de nos valeurs culturelles et artistiques hors de nos frontières. Mais avec comme nuance, l’inter culturalité. Au lieu de regrouper uniquement les artistes burkinabè autour d’un gymnase de basket à l’abri des règles de spectacles en vigueur en France, il décide de rester dans les normes. Selon lui «On ne peut promouvoir la culture burkinabè hors du territoire sans inclure celle des autres ». C’est ainsi que la structure Balafon Productions est créée pour soutenir et supporter le projet artistique. Ne sachant faire que de la musique, Jakhasa décide de s’entourer des professionnels de l’administration culturelle. La sublime et disponible Nadya Bonnardel entre donc en jeu. C’est elle qui bâti tout le concept technique, administratif et logistique.

 

La Mega Nuit du Faso voit donc le jour, portée par Balafon Productions et soutenue administrativement par Daspro-Monde. C’est un gigantesque plateau artistique qui sera érigé dans la ville de Lyon plus exactement à 15 Rue Jacques Tati, 69120 Vaulx-en-Velin le 21 octobre prochain de 10h à l’aube. Des artistes de tous les styles musicaux et des pays africains et européens fouleront ce plateau. Je peux vous citer dans la foulée : Tiesco Le Sultan, Joe Pilgrim, Dono Doni Sadoo, Bomboro Kosso, Kass kade, Saly Z, Djabty Jah, Sam’s K Le Jah …

 

En prélude a cette robuste soirée exclusivement dédiée à la commémoration du trentenaire de l’assassinant du Capitaine Thomas Sankara, Des séances de projections seront au menu. Notamment le film «Place de la Révolution» sera diffusé devant plus de 15.000 âmes attendues. Des masters-class, des formations en danse et Djembé et des conférences débats animés par Sam’s K Le Jah étayeront davantage cette MNF.

 

Refusant de tendre la main aux responsables des instances culturelles de son pays, cette jeune équipe voudrait d’abord entreprendre d’elle-même. Les retombées d’une telle action, sont avant tout socioculturelles. «Nous voulons véritablement bâtir une industrie culturelle burkinabè en terre étrangère dans le but de la présenter aux autres. Ainsi nous pallierons à la pénurie de la diffusion de nos musiques hors de nos frontières » affirme Jahkasa.

Jabbar

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