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SNC 2016 : football oblige

snc2016

La 18è édition de la semaine nationale de la culture (SNC) est malgré tout ouverte depuis hier à Bobo-Dioulasso. C’est dans un contexte socio-footballistique précaire qu’il a été lancé au stade Sangoulé Lamizana devant une poignée de spectateurs passionnés de la culture.

La 18è édition de la semaine nationale de la culture (SNC) est malgré tout ouverte depuis hier à Bobo-Dioulasso. C’est dans un contexte socio-footballistique précaire qu’il a été lancé au stade Sangoulé Lamizana devant une poignée de spectateurs passionnés de la culture.

Depuis 33 ans que cette manifestation existe, elle n’aura jamais été aussi d’actualité que maintenant. Pour la simple raison que la cohésion sociale est de plus en plus recherchée par toutes les nations au regard de la recrudescence du terrorisme dans le monde et les tensions sociales.

J’ai assisté par ailleurs à une ouverture de la SNC assez terne. Une cérémonie assez modeste qui n’a véritablement pas reflété refléter l’immense bagage culturel que nous avons. Une cérémonie plus politique que culturelle. Pourtant sur le papier, le conducteur n’était pas des moindres.

Je voudrais juste emprunter les mots du Premier Ministre qui a répondu à la question sur l’absence d’un village des artistes pour justifier quelques manquements dans l’organisation. «Nous venons à peine d’être mis en place et nous constatons malheureusement que tout est prioritaire… ». Effectivement tout est nouveau dans ce gouvernement ! Le protocole est assez jeune et moins expérimenté en témoigne le quiproquo qui s’est passé pendant le gong de lancement de cette 18ème édition. Le protocole a eu du fil à retordre avec les journalistes à telle enseigne que le scénario qui était prévu après les 3 gongs de tambour n’a pas eu lieu. J’aurai appris de sources concordantes que le PM et le MCAT devaient esquisser quelques pas de danse au milieu d’une haie d’honneur. Chose qui n’a pas eu lieu car le protocole et les médias n’ont pas su accorder leur violon. Pendant que la cérémonie bâtait son plein, les premiers responsables étaient four et au moulin et parfois hors du stade pour des ITW. La tribune officielle n’a pas été occupée pendant toute la cérémonie. Tout est jeune dans ce gouvernement raison pour laquelle, certaines failles sont constatées dans tous les secteurs. Certains ministres sont confondus au protocole ou au SG. Ils reflètent certes la nouvelle génération entreprenante mais l’efficacité et le charisme doivent être de mise.

Autre constat, c’est la tenue vestimentaire de la sécurité du PM : Tous sont vêtus d’un smoking bon chic bon genre de couleur beige hautement griffé et taillé sur mesure. Donc fini avec les ensembles (complet) de nos sexagénaires qu’on voyait au temps de B.C muni des grosses mallettes de sécurité.

Côté spectacle, rien à se mettre sous la dent ! Pis encore, la parade équestre a accouché d’une souris. Quand on imagine la légende qui entoure cet animal au Faso, je ne m’attendais pas à ce genre de spectacle. Tout compte fait, les Dozos, les artistes musiciens, les troupes traditionnelles et les masques de la région ont grandement joué leur partition. Je salue au passage l’immense talent d’orateur et de présentateur d’évènement de ce genre au Faso que possède Big Ben. C’est un AS de la présentation et j’en ai encore eu la preuve depuis le début de la SNC. J’aurai l’occasion d’en reparler plus tard.

Côté thématique : «Culture et cohésion sociale» la 18ème édition de la SNC s’annonce conviviale. Une sorte de nouvel élan et de nouvelles perspectives. Je voudrais m’appesantir sur les déclarations du PM concernant le traitement de nos artistes : Il n’y a pas de raison que nous nous réunissons chaque 2 ans à Bobo-Dioulasso pour magnifier nos artistes toutes tendances confondues et ils dorment à la belle étoile dans la cour des salles de classe. Tandis que le comité d’organisation et les invités sont logés dans des hôtels de luxe.

«Nous venons à peine d’être installé et nous constatons malheureusement que tout est prioritaire…c’est un problème que le ministre de la culture des arts et du tourisme a posé et je le regarderai avec beaucoup d’attention. Dans ce pays, comme je le dis, tout est prioritaire ! L’état dans lequel on nous a confié les responsabilités de ce pays, ne nous permettent pas financièrement de tout satisfaire. On essaye de faire ce qui est possible. Mais on tiendra compte de cette doléance et dans les prochains mois ou les échéances prochaines on fera quelque chose. C’est une promesse que je vous fais» foi du Premier Ministre Paul Kaba Thieba.

Pour un budget prévisionnel de 735 millions où la contribution de l’Etat s’élève à 525 millions et l’appui des partenaires et sponsors à 210 millions, on peut s’attendre à une 18è édition mitigée. Une telle somme pour un évènement d’envergure national et patriotique valorisant à juste titre nos valeurs culturelles ?

En termes d’innovations de cette SNC, j’aimerai suivre avec acuité l’impact que le slam apportera à cette édition. Les primes ont été rehaussées pour les compétitions des GPANAL (Grand prix national des arts et des lettres) où 1200 artistes mettront leur talent à contribution.

Pour véritablement conclure, je reste dubitatif quand à cette psychose qui gangrène les promoteurs de spectacle au Burkina Faso. Pourquoi l’idée d’organiser les spectacles dans les stades leurs taraudent l’esprit ? C’est devenu un phénomène de mode. Tout le monde veut organiser une activité au stade pourtant au final, c’est toujours des flops en termes d’affluence et de gain. Ne nous voilons pas la face, les concerts ou autre festivals culturels n’ont pas encore atteint la dimension du stade. Le stade c’est fait pour les sportifs et non les artistes. Construisons ou aménageons des espaces appropriés pour nos évènements et non à chaque fois, aller au stade. L’ouverture ou la clôture du FESPACO de la SNC ou autre manifestations n’ont jamais été attractifs dans les stades. Public réduit, la régie approximative, lourdeur dans la programmation, spectacle excentré… Pourtant, si cela se passait dans des salles huppées ça serait l’idéal. J’en veux pour preuve le MASA à Abidjan ou d’autres cérémonies de distinctions des prix à Paris, à Dakar, à Douala, à Libreville, tout se passe dans des salles bien équipées avec une régie flamboyante.

Les évènements FASO-IVOIRE, MONSTRES SACRES et autres sont des échecs dans les stades admettons-le. Les promoteurs ne s’en sortent jamais.
Surtout n’allons pas défier le football dans son propre terrain. On sortira toujours perdant !

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