Edito

Kundé d’Or 2016 : L’évidence pour Dicko Fils

Dicko_fils

On en dénombre environ 45 œuvres qui se lanceront au kundé cette année et 3 sont plébiscités pour le sacre suprême le Kundé d’Or. Il s’agit entre autre de Dicko Fils Floby et Imilo Lechanceux.

On en dénombre environ 45 œuvres qui se lanceront au kundé cette année et 3 sont plébiscités pour le sacre suprême le Kundé d’Or. Il s’agit entre autre de Dicko Fils Floby et Imilo Lechanceux.

Qu’entendent-ils par professionnels de la musique ? Quels sont ceux qui sont approchés pour désigner les nominés ? En tout cas moi je n’ai jamais été contacté.

Je constate malheureusement certaines irrégularités quant au choix des artistes nominés. C’est tout de même utopique que l’ensemble des artistes musiciens est exclusivement répertorié à Ouagadougou. Donc en somme, il faut immigrer vers Ouagadougou pour espérer avoir une place au soleil. Comment des artistes comme Cisby avec son opus de bonne facture n’a même pas été cité au Kundé ? Un expert en matière de live en ce moment comme Abdoulaye Diabaté est régulière mis hors de course. Le célèbre Jesus est dans les oubliettes, n’en parlons pas de Nouss Nabil, ils ont noyé son talent dans les eaux de la Comoé.

L’échantillonnage de la musique Burkinabè ne se résume pas à Ouagadougou. Ce n’est pas parce qu’on réside dans la capitale qu’on est forcément bon chanteur.
Autre point obscure, c’est le caractère rancunier qui nous alimente au quotidien. Je trouve vraiment insensé que ; parce qu’on a eu des bisbilles avec un artiste ou un quelconque individu qu’on doit saper sa carrière, saper son moral partout où le besoin se fera sentir.

Aujourd’hui, on peut être en désaccord sur un sujet et demain se serrer la main sur un autre. Pourquoi tant de rancune et de haine dans notre milieu ? Je fais parti de ceux qui ont été lourdement «attaqué» et qui continu d’ailleurs à être en froid avec certains artistes, mais ça ne m’empêche pas d’échanger ou de boire un verre après la discorde. Savoir passer ou oublier certains sujets fait grandir l’Homme. L’essentiel c’est d’avancer et de poser sa pierre à l’édifice.

Le cas de Sofiano m’écœure énormément. Un artiste aussi talentueux qu’il est, bon nombres d’acteurs culturels l’ont définitivement «enterré». Certains n’hésitent pas à me dire de vive voix, qu’ils ne vont plus jamais le serrer la main ; d’autres m’ont même affirmé qu’ils ont effacé tous ces titres dans leur ordinateur. Soyons sérieux !!! Où allons-nous avec tant de rancœur ?

Je prends un cas pathétique et aussi récent que j’ai vécu à Abidjan : A’Salfo du groupe Magic System a fustigé le MASA devant son Ministre de la culture et de la Francophonie pour ne l’avoir pas invité au MASA ni aux rencontres professionnelles. Mais ça ne l’a pas empêché de l’inviter au FEMUA. Il l’a dit devant les médias et tout s’est passé normalement. Le cas d’Adama Dahico même chose ! Il a déploré le fait qu’on ne l’a pas invité au MASA pourtant la grande innovation de cette édition était la présence de l’humour et Adama Dahico fait partie des grands avocats défenseurs de cet art. Mais malgré tout, il est venu et a participé activement au MASA aux côtés des humoristes. La franchise n’est pas une haine ou une insulte qu’on profère à son prochain. Bien au contraire c’est son succès qu’on implore.

Revenons au Kundé 2016, je remarque également des absences notoires non justifiées cette année : Nulle part, le nom de Greg n’est mentionné sur les supports du Kundé d’Or 2016. Pourtant, ce garçon bourlingue dans les villes et capitales africaines. Le groupe Négroïdes, véritables AS de la scène et précurseur du nouveau Hip hop local n’est même pas connu par le commissariat général des Kundé. Abassagué, musicologue de son état, ne figure même pas dans starting blocks des Kundé. Fleur Ouédraogo, Maatikara pouvaient également jouées bien leur partition en lieu et place de certaines artistes qui n’en valaient pas la peine.

Sur la base de quel critère peut-on désigner un artiste qui chante faux dans tout son opus pour le nominer aux côtés des plus aguerries ?

Note de satisfaction tout de même, c’est la présence des groupes qu’on est enfin en train de prendre au sérieux. Il s’agit en autre du groupe Ibrahim Keita et les Nankama et Faso Djarabi. Ils font la grande fierté de la musique Burkinabè depuis des lustres mais rares sont ceux qui en font échos. Il serait même normal qu’on leur classe parmi les musique «traditionnelle d’inspiration moderne» et non le contraire car il y a nuance.

Kundé d’or 2016, Ya-t-il vraiment débat ?

A mon humble avis NON ! Les dés sont déjà jetés et je pense que les KUNDE viendront enfin trancher de façon objective sur la pléthore des cérémonies de distinctions des prix qui a eu lieu cette année. Imilo Lechanceux et Dicko Fils se sont partagé de nombreux prix.

A mon humble avis et tout en prônant l’esprit d’une musique patriotique puisée dans les tréfonds même de notre tradition pour enfin la promouvoir sur le plan national et international, rien que pour ça, je m’encline devant…

Dicko Fils : Ce garçon est en train de nous conduire vers une identité musicale toute particulière. Véritable baroudeur de la musique live, Dicko Fils a écumé toutes les scènes en live. Il fait une musique enregistrée chez lui, produite chez lui, jouée chez lui, et consommée chez lui. Il est, à mon avis le seul artiste dont tous les feats qu’il a fait avec ses collègues, ont fait tabac. Il incarne la musique burkinabè dans toute sa plénitude. Originalité, look, danse, voix, mélodies, simplicité… J’ai beaucoup déploré son absence au MASA car il pouvait grandement jouer sa partition à cette édition aux côtés des artistes comme Naba TT du Mali, Antoine Flingo de Guinée Conakry ou encore Turbut to Ali Farka Touré du Mali. On ne peut pas être observateur ou jury ou encore que sais-je commissaire des Kundé et faire fi de son talent et refuser de le désigner KUNDE D’OR 2016. C’est que tout simplement ; on n’aime pas notre musique ! Il est au sommet de son art sur le plan local.

Floby : Son talent ne souffre d’aucune contestation. Star burkinabè devant l’éternel, il «écrase» tout sur son passage. La preuve, quand j’étais au MASA, c’est son nom qui sifflait sur toutes les lèvres quand on m’accostait venant du Burkina. Il est en passe de franchir une dimension internationale mais il n’y est pas encore. Son équipe pêche un tout petit par son manque professionnalisme. Il est vraiment temps de voir Floby jouer sur les grandes scènes africaines, dans des festivals comme le FESPAM au Congo Brazza, le Kolatier au Cameroun, Yorouba Drum Festival au Nigéria, le MASA en Côte d’Ivoire, la biennale des Arts à Dakar ou encore pourquoi pas, au Festival de musique Métisse et le festival Les «invites de Villeurbanne» en France. Sa présence au Kundé avec ses nombreuses distinctions devraient le propulser vers des scènes plus huppées. Mais chercher coute que coute à le greffer dans toutes les cérémonies Kundé depuis une douzaine d’année (soit nominé ou artiste invité) ça devient redondant. En tout cas, pour cette année, il ne m’intéresse pas à ce stade de la «compétition ». Pis encore, il extériorise déjà son style qui subit déjà beaucoup de mutations. Il y a Floby, il y a Alif Naaba, il y a Bil Aka Kora, il y a Amety Meria, il y a Solo Dja Kaboco, il y a Hamed Smani, maintenant et désormais, il y a Dicko Fils. Nous devons d’ores et déjà l’admettre.

Imilo Lechanceux; Ne confondons mettre l’ambiance et faire de la musique. La célébrité de cet artiste depuis 4 à 5 ans mérite une distinction au Kundé mais pas le sacre suprême pour le moment. Il a encore beaucoup de travail à accomplir. Notamment sur le plan purement musical. Il a besoin d’écrire, de composer ses chansons et surtout de jouer en live. Un artiste qui ne fait que du live de façon circonstancielle ne mérite pas que je lui accorde ce crédit. Il est adulé par une bonne tranche de la jeunesse mais ce n’est pas de la musique de souche qu’il fait. Imilo Lechanceux n’a pas besoin d’aller en Côte d’Ivoire pour enregistrer ses tubes. Certes il fait du «coupé-décalé» mais cette musique comporte beaucoup de dérivées qui peuvent se localiser c’est-à-dire s’adapter à notre contexte musical. Il se joue aussi en live. Guedjevara et Serges Benaud me l’ont démontré au MASA. Kundé d’Or 2016, à mon avis ce n’est pas pour cette année. Déjà ce que je souhaite, c’est qu’on lui restitue d’abord les kundé qu’il devait avoir il y a 3 ans quand il avait été nominé sur 4 catégories sans avoir rien remporté. Il pourrait juste s’en sortir avec un Kundé intermédiaire pour le moment.
Paroles de Jabbar !

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